Un loyer à 8000 $ pour Charest

Jean Charest a établi ses quartiers au 42e étage du 1000 de la Gauchetière, le plus haut gratte-ciel de Montréal.
Photo: Jonathan Gross / iStock Jean Charest a établi ses quartiers au 42e étage du 1000 de la Gauchetière, le plus haut gratte-ciel de Montréal.

L’ancien premier ministre Jean Charest a visé haut. Il a établi ses quartiers au 42e étage du plus haut gratte-ciel de Montréal, le 1000 de la Gauchetière. M. Charest a aménagé un bureau dans une « adresse de prestige »« le succès [est] écrit dans le ciel » aux frais de l’État. Il a la ville à ses pieds, moyennant le versement de quelque 8000 $ par mois par le ministère du Conseil exécutif (MCE).

Sa successeure, Pauline Marois, a quant à elle élu domicile dans un bâtiment patrimonial du Vieux-Montréal communément appelé le « siège social de la Banque Royale ». Le loyer y est de 4000 $ par mois.

Le chef caquiste, François Legault, a demandé jeudi aux ex-premiers ministres de préparer leurs boîtes. « Ils devraient occuper des locaux qui appartiennent au gouvernement ou des réseaux du gouvernement. On n’a pas à leur laisser choisir des loyers dans des édifices luxueux », a-t-il affirmé. Plus de 65 000 mètres carrés du parc immobilier de la Société québécoise des infrastructures sont inoccupés. « Je pense qu’il y a quelque chose d’un peu odieux là-dedans. Il faudrait revoir ça », a ajouté la solidaire Manon Massé.

En plus de leur loyer respectif, M. Charest et Mme Marois ont demandé le remboursement de factures de « fournitures » : 31 525,92 $ pour M. Charest (avril 2013–mars 2015) et 3604,72 $ pour Mme Marois (juin 2014–mars 2015). Le MCE n’était pas en mesure de donner le détail de ses dépenses, invitant Le Devoir à se tourner vers la loi sur l’accès à l’information.

11 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 22 mai 2015 06 h 01

    Austérité?

    Jean Charest, Pauline Marois: austérité, connais pas! Il ne leur est pas demandé de vivre comme des moines ou moniales, mais tout de même! Le service rendu à la patrie a ses limites!

    Michel Lebel

    • Jacques Boulanger - Inscrit 22 mai 2015 10 h 15

      Dans la même foulée, vous seriez d'accord pour l'abolition du sénat et des charges de gouverneurs ? Et tant qu'à y être, vous en sauriez un bout sur le sort des anciens premiers ministres fédéraux ?

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 22 mai 2015 06 h 10

    Un silence gênant pour les anciens députés gouvernementaux !

    Quoi que nos anciens premiers ministres aient voulu faire après avoir, rappelons-le, quitté leurs fonctions, il y avait certainement encore de beaux bureaux dans les édifices appartenant au gouvernement ou loués par celui-ci à des prix beaucoup moindres. Il s'y faisait et s'y fait encore du beau travail. Leur influence leur aurait sans doute permis de disposer d'un très beau bureau dans l'un de nos édifices gouvernementaux. Qu'ils se permettent, et que leurs successeurs agréent, de choisir le bureau voulu dans l'endroit voulu manifeste que les dirigeants de notre classe politique aiment penser que tout leur est dû. Selon moi, la classe politique, et nous tous accessoirement, nous disqualifions moralement et politiquement en permettant à nos dirigeants d'ainsi abuser de leurs fonctions. Le fait que les États-Unis soient encore plus généreux pour leurs anciens présidents m'importe peu.

  • Jacques Morissette - Abonné 22 mai 2015 08 h 25

    Un théâtre qui se joue autant en coulisse, au besoin, que sur la grande scène.

    Tout ceci voté par des partis politiques au pouvoir, à la fois juge et parti, et souvent à l'insu de la population. Et instillé avec l'argent public.

  • Pierre M de Ruelle - Inscrit 22 mai 2015 08 h 52

    Écoeurant

    Je répète écoeurant! Pourrait on leur demander de rembourser? Voila qui n'aide pas la confiance envers les élus, ne doit on pas leader par l'exemple?

    • Gilles Théberge - Abonné 22 mai 2015 11 h 53

      Je trouve qu'il y a ici un certain nombre de réactions primaires. Parfois cela en dit plus sur ceux qui parlent que sur ceux dont on parle.

      Peut-être qu'une partie du problème si problème il y a, est dans les règles de gestion de ces fonds plus que dans leur existence.

      Toutes les démocraties tiennent compte de la réalité de leurs anciens dirigeants pendant un certain temps après qu'ils aient quitté le pouvoir. Comme toujours la " vertu est dans l'équilibre".

      Vilipender sans limites les politiciens ex dirigeants, verser sur eux des discours haineux comme par exemple le fait le journaliste (?!) Jean-Jacques Samson dans les pages du journal de Québec ce matin, je ne pense pas que cela contribue à élever le débat. Allez voir ce qu'il écrit cela va vous édifier...

      Pour ma part je n'aime pas beaucoup Jean Charest, mais je reconnais qu'en tant qu'eux premier ministre, il conserve certaines obligations sinon légales mais morales, et qu'à cet effet, le soutenir dans des activités de représentations ne me semble pas exagéré. Idem pour madame Marois.

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 mai 2015 12 h 36

      Je m'excuse, mais c'est un programme tout à fait légal.

    • Francois Cossette - Inscrit 22 mai 2015 13 h 09

      Ce qui est ecoeurant ce n'est pas ce que l'on sait mais toutes les autres magouilles qu'on ne connait pas. Comme dirait l'autre, l'austérité ca commence toujours par en bas sans jamais y sortir... jamais par le haut.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 22 mai 2015 14 h 41

      Précisions:
      Oui je ne remet pas en question toutes les dispositions concernant les ententes de départ de ces politiciens mais la ou le bat blesse c'est lorsque je lis qu'il y aurait plus de 65,000 pieds carres d'espaces libre ( inoccupés) dans le Parc Immobilier du gouvernement du Québec... Quand aux postes j'imagine qu'ils peuvent etre justififiés, mais avec plus de circonspections...??
      Genre étude des stations de radio de Québec??? pourquoi, pourqui?

  • Colette Pagé - Inscrite 22 mai 2015 11 h 40

    S'inspirer des meilleures pratiques en la matière !

    Avec tant d'espaces de bureau gouvernementaux inoccopés comment expliquer que la Société immobilière du Québec n'ait pas suggéré aux ex-PM de les utiliser ce qui aurait contribué à réduire les dépenses de l'État. Se pourrait-il que les ex PM aient oublié que ses argents provenaient de l'argent des contribuables ? Une mentalité de riches dans un État qui se réduit comme peau de chagrin. En regard du traitement dévolu aux ex PM, sans devenir mesquin , le Québec doit s'inspirer des meilleures pratiques en la matière

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 mai 2015 12 h 36

      Monsieur, si vous voulez qu'on ait des hommes et de femmes d'État d'envergure, il faut les traiter comme tels.