Barrette amendera le projet de loi 20

Le projet de loi 20 sera amendé de manière à contrecarrer toute tentative des médecins d’imposer des frais aux patients cherchant à obtenir une consultation sans délai dans une clinique publique.

C’est du moins l’assurance fournie mardi par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui a rappelé en point de presse qu’il était illégal pour un médecin affilié au régime public de tarifer ses services, par quelque moyen que ce soit.

Le projet de loi 20, qui revoit notamment la pratique des omnipraticiens en leur imposant des quotas de patients à respecter sous peine de perdre une partie de leur rémunération, n’a pas encore franchi l’étape de l’adoption de principe.

Le ministre, qui tient à ce que sa loi controversée soit adoptée avant l’ajournement du 12 juin, devra par la suite déposer ses amendements. Suivra l’étude article par article, avant l’adoption, qui pourrait bien, selon toute vraisemblance, nécessiter un bâillon car le temps commence à manquer.

Le ministre Barrette n’a pas encore précisé la nature des amendements qu’il déposera ni leur nombre.

Mardi il s’est cependant dit prêt à verrouiller à double tour le caractère gratuit du système de santé.

Il profitera donc de l’étude projet de loi 20 pour inclure une disposition en ce sens.

En point de presse, il a réaffirmé que le fait d’imposer des frais pour ouvrir un dossier dans une clinique et offrir un accès privilégié à un médecin était un geste « illégal, inapproprié, amoral et injustifié ».

Il a dénoncé « l’appât du gain » de certains médecins.

« Si les règles ne sont pas assez sévères, on va les rendre plus sévères », a-t-il ajouté, laissant entendre que les contrevenants devaient s’attendre à devoir payer des amendes salées.

« Je vais l’écrire, l’amendement, pour que ce soit clair qu’on ne puisse pas passer à côté », a promis le ministre, qui réagissait à un article du quotidien La Presse affirmant qu’une clinique de Longueuil, le Club CAMU Santé, donnait accès plus rapidement à un médecin moyennant une contribution annuelle de 1000 $. L’abonnement donne droit notamment à un bilan de santé. Un des dirigeants de la clinique CAMU, le Dr Bruno Lussier, a nié, lors d’une entrevue radiophonique, que l’abonnement soit une façon d’obtenir un passe-droit pour voir un médecin. Quoi qu’il en soit, le ministre Barrette a dit qu’il allait faire des vérifications, dans ce cas précis.