Céré se désiste et espère un deuxième tour

Pierre Céré n’a pas réussi à amasser un autre montant de 10 000 $.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Pierre Céré n’a pas réussi à amasser un autre montant de 10 000 $.

Pierre Céré déplore que « la barrière de l’argent » le force à abandonner la course à la chefferie du Parti québécois (PQ). Persuadés de la nécessité d’un deuxième tour, son équipe et lui appuient les candidatures de Martine Ouellet et d’Alexandre Cloutier.

« C’est un appui ouvert aux deux candidatures. Un vote pour Martine Ouellet, un vote pour Alexandre Cloutier, c’est un vote pour le changement. Chaque vote pour Alexandre ou Martine, c’est un vote qui va favoriser un deuxième tour que nous espérons », a-t-il dit dimanche, alors qu’il jetait l’éponge.

Le candidat progressiste n’a pas réussi à amasser un deuxième montant de 10 000 $ exigé par le PQ pour que son nom figure sur le bulletin de vote.

« On déplore un peu que cette barrière d’argent, fixée si haut, nous oblige à arrêter cette campagne maintenant », a-t-il dit en présence d’une dizaine de ses militants.

M. Céré appuiera personnellement Martine Ouellet, la candidate la plus à gauche dans cette course après lui. D’autres membres de son équipe se rallient à Alexandre Cloutier, ce pour quoi les deux candidats reçoivent l’appui de l’équipe Céré.

L’un ou l’autre sera en mesure de rallier les militants, d’incarner le changement et de respecter la diversité des idées et des convictions au sein du parti, estime M. Céré.

Ce vote de « non-confiance » à l’égard de Pierre Karl Péladeau, meneur dans la course, n’a « rien de personnel », assure-t-il.

Martine Ouellet et Alexandre Cloutier ont tous deux salué leur ancien adversaire pour sa contribution à la course. En entrevue avec La Presse canadienne, Mme Ouellet a félicité M. Céré pour sa « très belle campagne », le remerciant au passage pour son appui. Sur son compte Twitter, Alexandre Cloutier a tenu à souligner le « précieux apport » de M. Céré sur le « plan des idées et des essentielles remises en question ». Pierre Karl Péladeau n’a formulé aucun commentaire.

Durant la course, M. Céré s’est montré très critique à l’égard de « Citizen Péladeau ». Le député de Saint-Jérôme n’a proposé selon lui aucune solution satisfaisante pour dissiper le malaise que pose son double statut d’homme politique et d’actionnaire de contrôle de Québecor.

« Est-ce que Pierre Karl Péladeau peut diriger le Parti québécois tout en ayant cet apparent conflit d’intérêts avec Québecor ? s’interroge Pierre Céré. Il n’est pas habilité à diriger le Parti québécois présentement. » Il invite M. Péladeau et le PQ à se doter d’un « pare-feu » plus élaboré qu’une simple fiducie sans droit de regard et sans droit de vente des actions, comme le souhaite le baron des médias. « Il ne faut pas que sa vie d’affaires, ni celle de sa conjointe, influence l’espace politique », tranche M. Céré.

Un message qui porte

Malgré ses moyens limités, Pierre Céré estime qu’il a pu faire entendre ses idées et influer sur le cours de la campagne. Il s’attribue une part du mérite pour le changement de ton au PQ sur la question identitaire, après des années de repli. « Notre message a été repris, et on en est très fiers, a-t-il dit. On sent un peu plus d’ouverture, un peu plus de compréhension. »

M. Céré a recueilli des contributions de 20 000 $ auprès de 250 militants. Le don moyen est de 80 $ par personne. Pour atteindre la barre des 10 000 $, il aurait dû dénicher, avant l’échéance de mardi, « 14 donateurs de 500 . « Que voulez-vous ? Ce n’est pas nos réseaux, ça », a-t-il dit.

L’ancien porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses espère qu’il y aura une place pour lui au sein du PQ si Pierre Karl Péladeau est élu.

Il a l’intention de demeurer actif au parti, dans l’espoir que la formation reprendra « le chemin de nos conquêtes sociales ». « Le Parti québécois doit se redéployer dans l’espace public avec les mouvements citoyens, là où il est né, là où partent toujours les grandes idées. On invite le Parti québécois à briser le huis clos dans lequel il s’est enfermé. Le PQ qui parle au PQ, c’est non », a-t-il expliqué.

Il écarte enfin toute possibilité de se joindre à Québec solidaire, une formation éprise des mêmes valeurs de justice sociale que lui. « Je ne me reconnais pas dans Québec solidaire. C’est une mosaïque de diverses gauches, et je reste convaincu d’une chose : on construit un pays avec l’ensemble des forces qui l’animent, gauche, droite, syndicales, patronales », a-t-il expliqué.