PKP atteint un «degré de bassesse jamais vu»

Pierre Karl Péladeau
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Pierre Karl Péladeau

Note aux lecteurs: ce texte a été publié en mai 2015.

Le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a déconseillé aux membres du Parti québécois d’élire la semaine prochaine Pierre Karl Péladeau — un homme « agressif et colérique » — à la tête du « parti de René Lévesque ». « Est-ce que le Québec a besoin de ce style d’État : un “ État Péladeau d’agression  ? Moi, je dis non ! », a-t-il déclaré lors d’un impromptu de presse mardi après-midi.

Le favori de la course à la direction du PQ, Pierre Karl Péladeau, constitue ni plus ni moins une menace à la démocratie québécoise, selon M. Fournier. « Il attaque ceux qui pensent comme lui. […] La démocratie, ce n’est pas qu’une personne au-dessus de toutes les lois », a-t-il affirmé à la fin du caucus des élus libéraux.

M. Fournier réagissait aux sorties médiatiques des péquistes Pierre Céré et Martine Ouellet qui ont dit avoir été respectivement « intimidé » et « apostrophée » par M. Péladeau.

PKP a reproché à la députée de Vachon, Martine Ouellet de lui avoir demandé s’il était favorable à une modernisation des dispositions antibriseurs de grève à l’occasion du premier débat officiel entre les prétendants à la succession de Pauline Marois, à la mi-mars à Trois-Rivières. « C’était un peu ordinaire comme ton. […] Il n’était pas très content que je lui aie posé des questions sur le Code du travail », a relaté Mme Ouellet mardi midi. « Une course à la chefferie, il l’a découvert avec le temps, c’est aussi l’occasion de poser des questions et de donner des réponses », a-t-elle ajouté.

Les membres du PQ seront appelés à décider la semaine prochaine si M. Péladeau a suffisamment de sang-froid pour être chef du PQ, chef de l’opposition officielle… et éventuellement premier ministre du Québec, a fait valoir Mme Ouellet.

Les membres du PQ doivent « écouter » Pierre Céré et Martine Ouellet, a dit Jean-Marc Fournier. « [M. Péladeau] a dépassé les bornes. Il est incapable de contrôler ses pulsions agressives », a insisté l’élu libéral, d’humeur belliqueuse.

Le député de Saint-Jérôme a aussi témoigné d’un « manque de bienséance frappant » sur le réseau social Facebook, où il a égratigné plus d’un adversaire politique. Il a atteint un « degré de bassesse jamais vu », a poursuivi M. Fournier. D’ailleurs, la présence à l’Assemblée nationale d’une personne animée par une telle « passion qui vise à exclure, à intimider, à agresser » constitue une première, selon lui.

M. Péladeau a reconnu être sujet à des sautes d’humeur lorsqu’il est emporté par la « passion ». « C’est certain que je n’ai pas la langue de bois. […] Je suis un être humain », a-t-il soutenu à la presse. L’ex-homme d’affaires s’est toutefois dit étonné d’être la cible de reproches de Mme Ouellet. « J’ai été très poli », a-t-il dit.

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