Pas de loi 101 pour les entreprises de compétence fédérale

Le gouvernement Couillard s’oppose à l’application de la loi 101 aux organismes et entreprises de compétence fédérale au Québec — une proposition formulée par le NPD à Ottawa — de crainte d’entraîner des répercussions néfastes pour les francophones dans le reste du Canada.

C’est ce qu’a indiqué lundi le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier, lors de l’étude des crédits. « Le geste posé par Québec qui viserait à restreindre l’offre — on parle de l’application des lois fédérales — risque de créer un contrecoup », a expliqué le ministre au Devoir.

« C’est évident que la diplomatie de la Francophonie dont je parle et qu’on doit rendre encore plus active que celle qu’on a se trouverait contrecarrée par des gestes comme ceux-là », estime Jean-Marc Fournier.

En 2011, le NPD avait présenté un projet de loi pour assujettir les organismes et entreprises de compétence fédérale à la Charte de la langue française, ce qui les aurait obligés à faire du français leur langue de travail. Parmi les organismes et sociétés visés, on relève les ports de Montréal et de Québec, les banques ainsi que les entreprises de télécommunications et de transport interprovincial. Le projet de loi fut défait l’année suivante. Le NPD défend toujours cette position, a-t-on confirmé lundi.

C’est « une question théorique », croit Jean-Marc Fournier. « C’est le bilinguisme [qui s’applique] ; le français est disponible », a-t-il fait valoir. Forcer les entreprises de compétence fédérale à faire que leur seule langue de travail soit le français pousserait certaines provinces à réduire les services qu’elles offrent à la minorité francophone, craint-il. « À la lecture de la problématique du français au Québec en ce moment où il n’y a pas d’état de crise, est-ce qu’on devrait courir ce risque ? »

Un rapport sur Radio-Canada

Poursuivant ses efforts pour préserver le mandat de Radio-Canada, Jean-Marc Fournier, la ministre Madeleine Meilleur, de l’Ontario, et la ministre du Nouveau-Brunswick Francine Landry présenteront, ce printemps, un rapport décrivant les conséquences des compressions à Radio-Canada et apportant « des pistes de solution ». Selon le ministre, le gouvernement conservateur, avec les dernières coupes, ne permet plus au diffuseur public de remplir son mandat, ce qui contrevient à sa loi constitutive.

Avec Marie Vastel

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8 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 5 mai 2015 03 h 22

    Fermeture du cercueil...

    Processus de fermeture du cerceuil de la langue française au Québec :
    -étape une, affaiblir les défenseur de la langue française en les faisant passer pour d'illuminés extrémistes. C'est fait depuis longtemps.
    -étape deux : installer dans l'esprit de tous que la loi 101 ne doit pas y être universelle, ou si vous préférez, qu'elle ne doit pas s'appliquer à tous. C'est fait depuis plusieurs années maintenant.
    - étape trois : élargir à qui le veut, le privillège de ne pas se voir appliquer à soi la loi 101. Voilà où nous en sommes rendus et la chose est en bonne voie d'être accomplie.
    Et pendant ce temps-là, faire dormir tout le monde au gaz en convainquant les uns et les autres que "le plus meilleur pays du monde" est bel bien à sa place de maître au Québec.
    Au fond, nous ne méritons collectivement qu'un grand coup de pied au cul.
    Peut-être cela nous réveillera-t-il ?
    Espérant qu'il n'arrive toutefois pas trop tard...

    Vive le Québec debout et libre !

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 5 mai 2015 06 h 07

    Défense

    Jean-Marc Fournier à la défense du gouvernement fédéral unilingue contre le NPD fédéral afin de «protéger» les francos des autres provinces de l'invasion du français sur leurs territoires à cause de notre position privilégiée où nous possédons la loi 101. Il craint les réactions. Mais faut vraiment être «avocat» pour penser croche de même !
    La meilleure ? : — on parle de l’application des lois fédérales — WOW ! Autant s’attaquer aux 10 lois de la Bible reçues par Moïse.

    Je m'excuse, mais je n'ai pas le cerveau assez tordu pour réussir à comprendre logiquement sa position. D'où ça vient : « Forcer les entreprises de compétence fédérale à faire que leur seule langue de travail soit le français» ? Quand ce qui leur est demandé est de le faire dans les «deux» langues ? « C’est le bilinguisme [qui s’applique] ; le français est disponible » «Disponible» n’est peut-être pas suffisant, il le faudrait «accessible» en automatisme et non par revendication. Le «bilinguisme» en une seule langue ? Ça devient de «l'Unilinguisme» si l'autre n'est que «disponible».

    Je me suis acheté un rasoir électrique l’autre jour et dans le paquet, y avait un manuel d’instruction en 5 langues pour m’explique son mode d’emploi, dont j’ai pu me servir de deux d’entre-elles pour le comprendre. Dois-je comprendre que Remington a plus de pouvoir de traduction que mon plus beau grand pays du monde ? Ou qu’elle a plus à cœur de «rejoindre» le plus de gens possibles ?

    La position de M, Fournier me semblerait plus plausible si elle était proposée par un parlementaire qui sonne «Cling Clang» ou «Thomson» ou «Mc something»
    Que «Fournier Jean-Marc» nous dit de ne pas pousser trop fort sur la francisation.
    C’est PET qui doit se revire dans sa tombe, lui qui voulait l’étendre d’une mer à l’autre !
    Attentions aux lieutenants «jésuites» qui transforment le sens des mots et qui nous dit : «Chut... Ne bougeons pas.» Fournier est encore plus séparatiste que PKP, mais par en dedans.

  • Patrick Boulanger - Abonné 5 mai 2015 07 h 36

    " Forcer les entreprises de compétence fédérale à faire que leur seule langue de travail soit le français pousserait certaines provinces à réduire les services qu’elles offrent à la minorité francophone, craint-il. "?

    J'ai l'impression que le PLQ se cherche des excuses bidons pour ne pas agir par rapport à cela tout en essayant de ne pas paraître indifférent en ce qui a trait à la défense de la langue française.

  • Sylvain Auclair - Abonné 5 mai 2015 07 h 42

    Voyons donc!

    Qu'on me prouve d'abord que les francophones du RoC peuvent travailler entièrement en français, à tous les niveaux hiérarchiques, dans la fonction publique fédérale et dans les entreprises soumises à la loi.

  • Jacques Boulanger - Inscrit 5 mai 2015 08 h 26

    Belle parade !

    Voilà que le parti libéral se porte à la défense des minorités francophones. Wouah ! Belle trouvaille. Mais faut vraiment être retors jusqu’à la moelle pour sortir une pareille sottise. Sauf qu’il oublie ou veut bien oublier que les Québécois francophones dont il fait partie, en principe, constitue également une minorité francophone au Canada et à ce titre mériterait tout autant sa pusillanime protection.

    Mais restons fidèle à soi-même et à son parti avant la patrie.