Le PQ dénonce la «rente princière» offerte à Thierry Vandal

Même s’il est parti avant la fin de son contrat, Thierry Vandal a eu droit à son régime de retraite. Il a aussi obtenu une indemnité de départ de 565 000 $.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Même s’il est parti avant la fin de son contrat, Thierry Vandal a eu droit à son régime de retraite. Il a aussi obtenu une indemnité de départ de 565 000 $.

Le Parti québécois a qualifié lundi de « rente princière » les indemnités de départ offertes à l’ex-président-directeur général d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, tout en soulignant que ce sont les libéraux qui ont rendu possible l’octroi de centaines de milliers de dollars de fonds publics au dirigeant démissionnaire.

Au moment de l’embauche de M. Vandal à la tête de la société d’État, en 2005, le décret ministériel adopté « ne prévoyait pas qu’il reçoive une indemnité de départ s’il décidait de quitter », a rappelé le député Bernard Drainville, dans le cadre de l’étude des crédits budgétaires du ministère de l’Énergie et des Ressourcesnaturelles, volet Hydro-Québec.

Au moment de renouveler le contrat de M. Vandal, à l’automne 2007, le nouveau décret prévoit pourtant une « indemnité de départ » si ce dernier quitte la direction d’Hydro-Québec. Cette clause a d’ailleurs été renouvelée dans le décret qui permettait de reconduire Thierry Vandal dans ses fonctions, en 2012.

M. Vandal a officiellement quitté ses fonctions le 1er mai, après avoir annoncé sa démission en janvier. Même s’il est parti avant la fin de son contrat, il a eu droit à son régime de retraite, soit un montant de plus de 450 000 $ par année, montant qui sera d’ailleurs indexé. Il a aussi obtenu une indemnité de départ de 565 000 $, a rappelé M. Drainville. Cela fait un montant de plus d’un million de dollars uniquement pour la première année de son départ.

Selon le député péquiste, il s’agit tout simplement d’une
« rente princière ». Qui plus est, celle-ci est accordée « dans un contexte d’austérité » budgétaire imposée par le gouvernement Couillard.

M. Drainville s’est par ailleurs dit « extrêmement surpris » et « assez fâché » de l’absence de M. Vandal dans le cadre de l’étude des crédits lundi. « Thierry Vandal a été à la tête d’Hydro-Québec pendant 10 ans. Sa présence à l’étude des crédits était nécessaire. Plusieurs questions se posent au sujet de son indemnité de départ et des enquêtes qui sont menées actuellement chez Hydro-Québec, notamment. Les Québécois méritent des réponses à ces questions. Ils ont le droit de savoir. »

Selon lui, le gouvernement a manqué de « transparence » en convoquant l’étude des crédits quelques jours à peine après le départ officiel de M. Vandal.

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a pour sa part défendu l’octroi de centaines de milliers de dollars au dirigeant de la société d’État. « C’est normal que le p.-d.g. puisse avoir des conditions très bonnes, parce qu’elles sont lereflet des conditions du marché », a-t-il répété lundi.

2 commentaires
  • Gilles Delisle - Abonné 5 mai 2015 07 h 20

    Les rentes princières qui se succèdent

    Comment se fait -il que ces rentes aux dirigeants des sociétés publiques et para-publiques, des ministres, des députés et tout ceux qui gravitent près du pouvoir, ne sont révélées qu'au départ de ces employés de haut niveau? Est-ce que ces rentes sont discutées, bonifiées ou améliorées selon les saisons, sur le coin d'une table d'un grand restaurant de Québec? Il y aurait lieu de mettre un peu d'ordre dans les conditions d'embauche de ces personnes qui bénéficient de conditions princières depuis les lunes.

  • François Dugal - Inscrit 5 mai 2015 08 h 14

    Austérité

    L'austérité n'est pas pour tout le monde, faut-il croire. Le sérail des gens importants vole au dessus de la mêlée.