Dialogue de sourds entre Couillard et les syndicats

Le dialogue social évoqué par Philippe Couillard dans son discours d’ouverture l’an dernier s’est mué en dialogue de sourds à l’issue de la rencontre annuelle entre le premier ministre et les présidents des quatre grandes centrales syndicales (CSD, CSN, CSQ et FTQ).

Au sortir du déjeuner qui s’est déroulé jeudi, la veille la fête des Travailleurs du 1er mai, le président de la CSN, Jacques Létourneau, a dénoncé l’approche « très dogmatique » du gouvernement Couillard. « Depuis l’automne dernier, on n’est pas dans une dynamique de dialogue, on n’est pas dans une dynamique d’ouverture, on est dans une dynamique d’affrontement », a-t-il déclaré dans un point de presse aux côtés des trois autres leaders syndicaux Daniel Boyer, de la FTQ, Louise Chabot, de la CSQ, et François Vaudreuil, de la CSD après la rencontre qui a duré environ une heure.

« C’est sûr que les mobilisations vont se poursuivre », a prédit le président de la CSN. Louise Chabot a ajouté que le premier ministre sait très bien « c’est quoi l’agenda syndical ».

Pour Philippe Couillard, il est normal que les leaders syndicaux brandissent des menaces de grève ou de moyens de pression. « C’est leur rôle de dire ça. Personne n’est surpris qu’ils disent ça. De mon côté, je souhaite […] qu’on ait une entente négociée. M. Coiteux également est dans cet objectif-là. »

Inflexible

Le premier ministre jure qu’il n’est pas en guerre avec les syndicats. « Je n’en fais pas une question de confrontation et de victoire militaire sur le mouvement syndical. Moi, je n’ai rien contre le mouvement syndical comme tel. Je pense que c’est une force importante de notre société. Mais le Québec doit vivre selon ses moyens, avec l’argent qu’il a. »

Dans les négociations qui ont débuté avec les employés de l’État, le gouvernement Couillard n’entend pas jeter du lest au chapitre des offres salariales qui se caractérisent par un gel pour les deux premières années des conventions collectives, suivi de hausses de 1 % par an pour les trois années subséquentes. Par contre, si les employés faisaient des concessions dans leurs conditions de travail conduisant à des économies, cela pourrait se traduire par des augmentations de salaire, a laissé entendre le premier ministre. « On peut certainement faire beaucoup sur d’autres sujets que strictement les clauses salariales. »

Il n’y a pas de dialogue social qui pourrait infléchir le gouvernement. « Si on veut par le dialogue nous amener à dévier de notre intention d’équilibrer les finances publiques, de réduire la dette et le fardeau fiscal, il n’y aura pas de résultat. On n’arrivera à rien », a tranché le premier ministre.

Je n’ai rien contre le mouvement syndical comme tel. […] Mais le Québec doit vivre selon ses moyens.

15 commentaires
  • David Sanschagrin - Inscrit 1 mai 2015 04 h 57

    Flexibilité rhétorique

    Le gouvernement fait en effet preuve de flexibilité rhétorique... tant qu'en bout de ligne tous les groupes de la société civile lui donnent raison et agissent comme de sages petits écoliers qui reçoivent les bienfaits de l'État comme autant de "dons".

  • Yves Côté - Abonné 1 mai 2015 05 h 44

    C'est bien connu...

    "Mais le Québec doit vivre selon ses moyens, avec l’argent qu’il a", déclame Monsieur Couillard.
    Oui, c'est bien connu : le Québec est un pays pauvre.
    Et le peu de richesse qu'il a, qu'il crée, qu'il génère, qu'il recèle, qu'il développe, qu'il montre aux siens et aux autres, qu'il présente au monde entier, eh bien, de cette misère de revenu, de développement économique, d'ingénérie, de ressources naturelles, de paysages, de personalité collective, de créativité, un maximum doit être concentré vers les poches de cette pauvre élite financière qui nous la donne si généreusement.
    Enfin, qui nous en donne selon ce que nous méritons pour peu que nous ayons l'idée vaillante de travailler...
    Heureusement que l'équipe Couillard nous fait comprendre que si les Québécois sont trop ambitieux avec les services publics qu'ils se paient, c'est normal, il faudra serrer la ceinture de celles et ceux qui sont chez eux les travailleurs ! Normal, puisque les efforts gigantesques de notre bon gouvernement à calmer les folles ardeurs de qui veut une bonne éducation pour ses enfants et de bons soins de santé pour tout le monde ne semblent pas suffire. Tellement nous sommes justement collectivement gâtés et gras durs.
    Gâtés et gras durs, alors que tous partis confondus, d'autres, misérables plus que miséreux selon moi, en sont réduits à tricher, mentir, tromper la loi, détourner des sommes publiques astronomiques, pour se donner le minimum de confort vital qu'ils méritent...
    Oui Raymond, "quand on a du foin ça va ben, quand on en n'a pas ça va pas"...
    Tourlou !

  • Patrick Boulanger - Abonné 1 mai 2015 07 h 47

    « Si on veut par le dialogue nous amener à dévier de notre intention d’équilibrer les finances publiques, de réduire la dette et le fardeau fiscal, il n’y aura pas de résultat. On n’arrivera à rien », a tranché le premier ministre.

    Bref, le PLQ veut offrir aux employés de l'État une augmentation de 3% en 5 ans pour équilibrer les finances publiques, réduire la dette et... réduire les impôts.

    Pour ceux que cela intéresse, il va y avoir à Montréal une grande manifestation qui va débuter à 18 h 30 au square Philipps.

  • François Séguin - Abonné 1 mai 2015 07 h 57

    Inflexibles !

    MM. Couillard et Coiteux sont inflexibles avec les employés des secteurs publics, municipaux et provinciaux, inflexibles avec les syndicats, les assistés sociaux, les garderies, etc. Mais très flexibles avec les plus fortunés et les grandes corporations.

    François Séguin
    Knowlton

  • Guy Lafortune - Inscrit 1 mai 2015 08 h 31

    Les Syndicats cossa donne?

    Ça donne 250 milliards de dette publique.
    Le seule bataille d'une élection à l'autre est la suivante: est-ce que se sont encore les syndicats qui vont continuer à mener le gouvernement ou le contraire, c'est la seule bataille et quand c'est le PQ, ce sont les syndicats qui mènent, pas cette fois-ci, mais seulement en partie.
    Aller demander aux Grecs qui les ont menés à une dette collective de 400 milliards d'Euro? Ils le savent la réponse, mais ils sont aveugle, leurs créanciers veulent des réformes cohérentes.
    Même si leur nouveau PM(Tipras) est un socialiste notoire, ils vont devoir se plier aux exigences du FME si non, ils n'auront plus d'argent d'ici à peine 1 mois pour payer leurs comptes, ici à 250 milliards nous ne sommes pas si loin, nous et la Grèce, même combat, pour ceux qui sont en arrière, ceux qui vont avoir à payer pour tous ces avantages sooociauuxxxxx, il fallait bien un jour que quelqu'un se lève, des dettes comme la nôtre, il va falloir la payer, ça ne se fera pas par osmose...

    • Patrick Boulanger - Abonné 1 mai 2015 11 h 31

      M. Lafortune, tout comme vous je suis pour le remboursement de la dette du Québec. Toutefois, je ne suis pas certain que que le PLQ souhaite réellement rembourser notre dette nationale quand on sait qu'il désire baisser les impôts. Qu'en pensez-vous?