Des syndicalistes se rangent derrière PKP

Il y a quelques jours, lors d'un débat des candidats à la direction du PQ, l’ex-patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a fermé la porte à une révision du Code du travail.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Il y a quelques jours, lors d'un débat des candidats à la direction du PQ, l’ex-patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a fermé la porte à une révision du Code du travail.

Un groupe de syndicalistes a choisi mardi d’offrir son soutien à Pierre Karl Péladeau dans la course à la chefferie du Parti québécois, faisantfi du passé et des prises de position récentes du député de Saint-Jérôme.

Dans une lettre dont Le Devoir a obtenu copie, une quinzaine de syndicalistes à la retraite provenant de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) font valoir que l’aspirant-chef est le mieux placé pour « affronter les fédéralistes les plus acharnés » et faire du Québec un pays.

« Les relations de Pierre Karl Péladeau avec les syndicats n’ont pas toujours été harmonieuses, nous le savons, écrivent-ils. Cependant, ce dont il est question maintenant, ce n’est pas de la négociation d’une convention collective, c’est de l’accession du Québec à son indépendance. »

Cet appui survient deux jours après un débat des candidats à la direction du PQ dans lequel l’ex-patron de Québecor a fermé la porte à une révision du Code du travail. Le lockout au Journal de Montréal a incité plusieurs syndicats à réclamer une modernisation du Code pour adapter les dispositions antibriseurs de grève aux nouvelles technologies.

« La souveraineté, c’est beaucoup plus que quelques articles du Code du travail, explique en entrevue Hélène Gilbert, l’une des signataires de la lettre. On ne regarde pas tant le passé de l’homme, mais plutôt où il veut aller et où il veut nous emmener. »

Pour ce qui est des politiques que défendrait un PKP premier ministre, les syndicalistes ne s’inquiètent pas trop. Ils affirment que le candidat n’a pas besoin de dévoiler ses intentions dans les « moindres détails » pour obtenir leurappui. De toute façon, les militants et les instances du parti seront toujours là pour s’assurer que le nouveau chef du PQ défendra des politiques progressistes, jugent-ils.

Offrir les meilleures garanties

«[...] Nous croyons que Pierre Karl Péladeau est celui qui nous offre les meilleures garanties de conduire le Québec à son indépendance. Il nous semble être le plus apte à affronter les fédéralistes les plus acharnés et à aider les Québécoises et Québécois à surmonter leurs craintes, généralement de nature économique, pour se donner un pays.» 

Extrait  tiré de la lettre d'un groupe de syndicalistes appuyant la candidature de Pierre Karl Péladeau

12 commentaires
  • François Séguin - Abonné 15 avril 2015 09 h 03

    Pas si bête le PKP (2)

    Hier, dans un commentaire à un article de Michel David, j'écrivais que PKP était conscient que la plupart des progressistes québécois l'appuieraient - malgré ses prises de positions. Dès le lendemain...

    François Séguin
    Knowlton

  • Gilles Théberge - Abonné 15 avril 2015 09 h 37

    Voilà

    C'est ce qu'on appelle miser sur l'avenir. C'est le bon sens même qui s'exprime. Cela fait du bien après le gallon de vinaigre que Dubuc a versé récemment, pétard mouillé au demeurant sur la candidature de PKP.

  • Paul de Bellefeuille - Abonné 15 avril 2015 11 h 26

    Syndicalistes actifs ou ex-syndicalistes

    Je crois comprendre que les signataires de cette lettre d'appui à PKP est le fait d'ex-syndicalistes. C'est le cas, à tout le moins pour Danielle-Maude Gosselin, anciennement présidente du SFPQ et de Jean Laporte ancien adjoint à la présidence du SFPQ sous la présidence de Jean-Louis Harguindeguy. Est-ce le cas des autres signataires? Fort probable. Ces personnes parlent donc en leur nom et non pas au nom des organisations syndicales identifiées.

    • Hélène Gilbert - Abonnée 15 avril 2015 19 h 24

      Comme indiqué dans la première phrase de notre message, nous AVONS MILITÉ ET TRAVAILLÉ dans le mouvement syndical. Les sigles indiquent les organisations au sein desquelles nous avons oeuvré durant de nombreuses années. Nous sommes encore solidaires des syndicats dans leurs luttes notamment pour l'amélioration des conditions de travail. Notre appui à M. Péladeau, à titre individuel, est un appui au candidat qui nous semble le plus apte à conduire le Québec à son indépendance. H. G.

    • Paul de Bellefeuille - Abonné 16 avril 2015 09 h 53

      Bonjour Mme Gilbert,

      Je tiens tout de même à vous préciser que rien dans la première version de l'article du Devoir ne vous identifiait comme retraité. Le premier texte indiquait ceci:

      Dans une lettre dont Le Devoir a obtenu copie, une quinzaine de syndicalistes provenant de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) font valoir que l’aspirant-chef est le mieux placé pour « affronter les fédéralistes les plus acharnés » et faire du Québec un pays.

      Le second texte dit ceci:

      Dans une lettre dont Le Devoir a obtenu copie, une quinzaine de syndicalistes à la retraite provenant de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) font valoir que l’aspirant-chef est le mieux placé pour « affronter les fédéralistes les plus acharnés » et faire du Québec un pays.

      Toutefois, il est exact que votre lettre parle de votre travail syndical et de votre militance syndicale au passé.

  • Martin Richard Mouvement Action Chômage Montréal - Abonné 15 avril 2015 11 h 28

    Profond dégoût

    Honte à eux.

  • Pierre Desautels - Abonné 15 avril 2015 12 h 31

    Bonne chance...


    Certains syndicalistes laissent temporairement de côté leurs convictions dans l'espoir que PKP les mènera vers la souveraineté. S'il devient chef et que les appuis à la souveraineté ne se matérialisent pas, ils verront un PKP en parler de moins en moins et même reporter l'option à plus tard, surtout à l'approche de la prochaine élection. Pour le moment, il consolide sa base et c'est de bonne guerre. Mais son objectif principal, c'est le pouvoir et il sera prêt à tout pour y parvenir, même oublier l'article 1 de son propre parti...

    • Gilles Théberge - Abonné 15 avril 2015 16 h 47

      C'est de l'optimisme ça monsieur.

      L'appui à la Souveraineté, il commence déjà à se faire sentir justement.

      Meilleure chance la prochaine fois...

    • Pierre Desautels - Abonné 15 avril 2015 21 h 03

      @Gilles Théberge J'ai contribué à la fondation de ce parti. Mais, à part Jacques Parizeau, tous les autres leaders depuis lui ont utilisé le hochet de la souveraineté quand ça faisait leur affaire. Tant mieux si PKP vous fait rêver, mais ce mauvais film, beaucoup de québécois n'ont pas le goût de le revoir...

      P.S. Bonne chance à vous, vous en aurez besoin...