À l’ère de la génération «réaliste»

«La nouvelle génération pose un regard pessimiste, on peut même dire réaliste, sur la société», estime Michel Venne, directeur général de l’INM.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir «La nouvelle génération pose un regard pessimiste, on peut même dire réaliste, sur la société», estime Michel Venne, directeur général de l’INM.

Ils veulent bien changer le monde, mais un pas à la fois. La révolution, c’est pour les autres. La grève aussi. La génération des 18-34 ans se considère comme « réaliste » et ne compte plus sur l’État, les entreprises ou les syndicats pour améliorer la société.

Un nouveau sondage explique les hauts et les bas du mouvement de contestation étudiante : les jeunes sont aussi sages, prudents et pragmatiques que leurs aînés. Ils occupent le centre du spectre politique et craignent de laisser un héritage négatif aux générations futures.

Ils se distinguent de l’ensemble de la population en étant écologistes; ils sont plus divisés que le reste des Québécois au sujet de l’exploitation du pétrole. Les jeunes se montrent aussi davantage entrepreneurs que leurs prédécesseurs, révèle un sondage Léger mené pour l’Institut du Nouveau Monde (INM).

« Les jeunes disent qu’il y a des problèmes sociaux et qu’ils voudraient contribuer à les résoudre, mais ils ne sont pas sûrs qu’on va réussir à renverser l’ordre des choses », dit Michel Venne, directeur général de l’INM.

« Ça explique le contexte social actuel. La grève étudiante ne lève pas. Les jeunes qui veulent changer le monde sont minoritaires. Ils se heurtent à la résistance des plus vieux et de leur propre génération. Certains des jeunes qui militent pour un changement social se sont radicalisés », explique-t-il.

« La nouvelle génération pose un regard pessimiste, on peut même dire réaliste, sur la société », ajoute Michel Venne. Ce sondage fait partie de L’état du Québec, une publication de l’Institut du Nouveau Monde qui fait le point sur 20 enjeux chauds et qui sera lancée cette semaine.

Oui au pétrole

Ce vaste sondage a été mené entre le 23 et le 27 février 2015 auprès de 1062 répondants âgés de 18 ans et plus. Les enquêtes d’opinion menées par Internet sont non probabilistes et ne comportent pas de marge d’erreur. Les données finales du sondage ont été pondérées à l’aide des données du recensement de 2011 selon l’âge, le sexe, la langue maternelle, la région et le niveau de scolarité de façon à garantir un échantillon représentatif de la population, selon la firme Léger.

Plus de six électeurs sur dix (63 %) sont favorables à l’exploitation du pétrole au Québec, révèle le sondage. Les 18-34 ans sont toutefois moins convaincus que le reste de la population : 48 % disent oui au pétrole québécois et 41 % sont en désaccord.

Curieusement, même s’ils approuvent l’exploitation du pétrole, 72 % des répondants (et 78 % des 18-34 ans) affirment que la protection de l’environnement doit passer avant tout. Toutes les générations sont sceptiques par rapport à l’élimination des hydrocarbures : un électeur sur cinq (21 %) croit que le Québec sera sans pétrole d’ici 25 ans. Une majorité claire de 64 % des citoyens croit tout de même que la voiture électrique est une voie d’avenir pour le Québec.

Les jeunes comptent d’abord sur eux-mêmes pour assurer leur avenir. Plus de la moitié des 18-34 ans (53 %) ont déjà songé sérieusement à fonder une entreprise et à devenir leur propre patron. C’est davantage que les 35-54 ans (49 %) et beaucoup plus que les 55 ans et plus, qui ont pu compter sur des emplois stables et permanents. À peine 29 % des baby-boomers ont déjà pensé à se lancer en affaires.

Une société divisée

La population en général, y compris les jeunes, paraît divisée sur la pertinence des compressions budgétaires imposées par le gouvernement Couillard ; 45 % des répondants trouvent que les réformes vont trop vite et qu’il faut les ralentir. Une proportion comparable trouve plutôt que la révision des programmes se fait à la bonne vitesse (21 %) ou qu’elle va trop lentement (22 %).

Les Québécois sont aussi partagés sur la place des gouvernements pour assurer le bon fonctionnement de la vie en société (économie, emplois, services, environnement, etc.) ; 36 % des répondants trouvent que l’État n’est pas assez présent ; 26 % affirment qu’il est trop présent et 27 %, qu’il est juste assez présent. Les 18-34 ans sont du même avis dans des proportions comparables.

Par contre, les inégalités entre les riches et les pauvres préoccupent 56 % des Québécois. Les inégalités entre pays riches et pays pauvres sont jugées moins importantes : 24 % des répondants s’en préoccupent.

Le sondage confirme aussi que les 18-34 ans accordent moins d’importance à la souveraineté du Québec qu’il y a 20 ans : au référendum de 1995, ils appuyaient le Oui à 60 %. Ils ne sont plus que 39 % à prôner la souveraineté (contre 37 % de la population).

Au fond, la génération montante a les mêmes rêves que les plus vieux, indique le sondage : fonder une famille et bien gagner sa vie.

Non aux accommodements

Plus d’un an après la tempête causée par le projet de charte de la laïcité, les Québécois continuent d’appuyer l’encadrement des pratiques religieuses. Et les jeunes pensent de la même façon que les générations précédentes. Près de quatre Québécois sur dix (39 %) sont défavorables au « droit pour tous de pratiquer sa religion, en toute liberté ». Pour Michel Venne, ça veut dire que les électeurs souhaitent encadrer le port de signes religieux dans l’espace public. Sans surprise, une majorité sans équivoque de 79 % des répondants croit qu’il faut mieux encadrer les accommodements raisonnables. De même, 89 % des Québécois affirment que « l’extrémisme religieux fait peur ».
56 %
C’est la proportion des Québécois qui sont pour le vote obligatoire aux élections.

Comme la majorité des jeunes est plutôt réaliste, prudente, pragmatique et centriste, elle n’a pas suivi l’appel à la grève

34 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 13 avril 2015 00 h 47

    Un univers que nous ne connaissons pas encore

    Apres l'ère gauche droite peut etre sommes nous en train de passer a autre chose, a l'intérieure de la gauche ca fait longtemps qu'il ya un débat pour savoir si elle doit être radical ou pondérée , je ne metterai pas des noms sur ces mouvements car ils ne font que souligner certaines problématiques, il est évident que la gauche ca ne sera pas un grand soir, car le monde est trop complexe pour ca, peut etre me direz-vous que sera-t-il alors, j'ai envie de vous repondre un univers que nous ne connaissons pas encore

    • Chantale Desjardins - Abonnée 13 avril 2015 09 h 17

      Gauche ou droite, ces mots sont à la mode mais ne veulent rien dire. Il faut toujours classer les gens comme on trie les catégories des oeufs. Cela me fait rire...

    • Jean Richard - Abonné 13 avril 2015 10 h 12

      @Chantale Desjardins – Vous pouvez toujours les remplacer si ça vous enchante, mais les notions de gauche et de droite sont encore d'actualité car ils sont à la base de bien des orientations politiques, sociales, économiques, environnementales...

      En gros, la gauche accorde la primauté à la collectivité alors que la droite proclame celle de l'individu. Une grande partie de la législation actuelle a été gouvernée par cette ambivalence. Par exemple, la loi 101 sur la langue a eu à sa base une valeur collective, la langue, même si ça devait brimer certaines libertés individuelles, comme le choix de la langue d'enseignement des enfants. En matière d'environnement, il y a d'un côté cette valeur collective qu'est l'environnement et de l'autre, la liberté individuelle refoulée quand elle menace le bien collectif.

      En éducation, la gauche soutiendra que le savoir est une valeur collective qui doit être accessible à tous. La droite soutiendra (à la limite bien sûr) que l'école n'est qu'une industrie comme les autres et qu"elle doit être soumise aux mêmes lois que l'industrie ou qu'elle doit être gérée comme un commerce, le savoir étant une marchandise comme les autres.

      Certes, peu de gens sont réellement complètement à gauche et d'autres complètement à droite. Ça ne dépouille pas pour autant ces mots de tout fondement. Il ne s'agit pas de classer des œufs, mais il s'agit de comprendre ce qui est à la base des politiques sociales et économiques qui nous gouvernent.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 avril 2015 13 h 51



      À Chantale Desjardins,

      «Gauche ou droite, ces mots sont à la mode mais ne veulent rien dire.» -Chantale Desjardins

      Le jour ou vous tomberez malade et sans argent, dans un système ou seuls ceux qui en ont les moyens pourront se faire soigner, je suis pas mal convaincu que le sens du mot gauche va commencer à rentrer.

      Et ça vaut autant pour l'éducation que le filet social.

      Il existe sans doute une catégorie de gens qui ont besoin de perdre leur emplois pour comprendre que l'assurance chômage est nécessaire et a été mise sur pied par des gens de gauche.

      -Cm

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 13 avril 2015 04 h 49

    Enfin comprise et non jugée!

    Brillante conclusion!

    Je fais la suggestion au baby boomers de relire ce passage et pousser sur le sujet une Profonde réflexion:

    "Les jeunes comptent d’abord sur eux-mêmes pour assurer leur avenir. Plus de la moitié des 18-34 ans (53 %) ont déjà songé sérieusement à fonder une entreprise et à devenir leur propre patron. C’est davantage que les 35-54 ans (49 %) et beaucoup plus que les 55 ans et plus, qui ont pu compter sur des emplois stables et permanents. À peine 29 % des baby-boomers ont déjà pensé à se lancer en affaires."

    Quand les baby-boomers nous demandent de les remercier pour la " lutte" qu'ils ont conduit pour "notre" liberté!

    Vous avez "lutté" car vous avez lu des textes de Lise Payette?..woouuu...Éreintant!

    Ils se sont enrichi bp + que besoin, bouffent comme des rois, ds des grosses cabanes, avec des gros chars et des retraites dans le Sud après avoir payé des études et casé leurs deux enfants... En étant Fonctionnaire!!! Méchante lutte! Sans commentaire... Je ne veux pas me faire insulter et traiter de fan de Radio X, je me garde mes "post-jugés".

    Mais nous, si on veut espérer + qu'un 3 et demi, il faut être un " Dragon"!

    Et on risque bp + la faillite que la retraite en Floride.

    Et qu'est-ce qu'on fait qd ds les tests d'orientation nous sommes 0 % entrepreneurs?

    Et que nos parents qui en ont les moyens ne veulent pas nous payer des études?

    Pas de prets pour ces " bébés gâtés-la"! Même à 30 ans!

    Je parie que s'il y en a, ils " luttent" encore bien plus fort que les hippies, au Qc.

    Et aussi: "Le sondage confirme aussi que les 18-34 ans accordent moins d’importance à la souveraineté du Québec qu’il y a 20 ans : au référendum de 1995, ils appuyaient le Oui à 60 %. Ils ne sont plus que 39 % à prôner la souveraineté (contre 37 % de la population)."

    Bon! Si c'est léger et léger et M. Fortier qui le disent je me ferai peut-être pas trop humilier! Trouvons-nous de nouveaux projets, la Scission ne galvanise pas la Relève!

    • Alain Lavallée - Abonné 13 avril 2015 07 h 52

      Notez que la dernière phrase de l'article est

      ""Au fond, la génération montante a les mêmes rêves que les plus vieux, indique le sondage : fonder une famille et bien gagner sa vie.""

      et si vous vérifiez dans le sondage : les 18-34 ans sont en faveur de la souveraineté du Québec dans une proportion de 39 % , et les 55 ans et plus dans une proportion de 39 %.

      quand à votre usage du terme "scission" il s'adresse davantage à mon avis à la "physique", ou encore à des querelles religieuses , qu'au débat "réaliste" que la jeune génération de 18-34 semble vouloir privilégier, débats politiques réalistes

    • Stephane Lessard - Inscrit 13 avril 2015 08 h 38

      Ça fait pas mal le tour de la question. 100% en accord avec vous. J'ajouterais que, e.g. voir des profs d'université jouer au Che, bien vissés dans leurs conventions collectives tout en haranguant les moins bon éléments de la jeunesse, ajoute à l'indigestibilité de leur lègue.

    • Jean Richard - Abonné 13 avril 2015 08 h 50

      Je ne vous insulterai pas, mais payez-vous une trève de Radio-X et réfléchissez à la question suivante : se pourrait-il que le désir plus élevé qu'avant d'être son propre patron ait quelque chose à voir avec le fait que la population croissante des enfants-rois devenus adultes ne puisse imaginer faire face à ce qu'elle n'a souvent jamais connu : l'autorité ?

      Quand à 30 ans on n'a jamais eu à obéir à qui que ce soit, il est possible que l'idée d'apprendre à le faire à un âge aussi avancé sème la panique et pousse à devenir son propre patron.

      Les baby-boomers ont, au contraire, majoritairement été élevés à une époque où le sens de la hiérarchie et des rapports verticaux qu'elle implique était la norme. Avoir un patron au travail était la suite logique d'avoir des parents et des professeurs qui faisaient usage de l'autorité.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 13 avril 2015 09 h 33

      Bravo Madame, je vous soutiens a 100%, les Baby boomers devraient se souvenir de la citation de Mr JFK. Ne vous demandez pas ce que le gouvernement peut faire pour vous mais qu'est ce que vous pouvez faire pour votre gouvernement. En clair aidez vous et le ciel vous aidera.!
      On ne peut pas tous etre Fonctionnaires... l'ancienne Europe de l'est et son model économique en a démontré le non sens et surtout sa faillite complete..

    • Hélène Paulette - Abonnée 13 avril 2015 09 h 55

      Madame Bouchard, du calme, vous faites tellement d'affirmation à l'emporte-pièce dans ce commentaire qu'il me faudrait trop de temps pour les relever. Un exemple:''Et que nos parents qui en ont les moyens ne veulent pas nous payer des études?'' Vraiment? C'est un roman que vous écrivez? J'ai hâte de le lire...

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 13 avril 2015 18 h 35

      M. Richard. Je travaille depuis mes 15 ans.
      J'ai toujours été un sbire.
      Car je disais tjs oui, jamais non, mes patrons m'ont tous purgée comme un citron.

      J'ai manqué pour la 1 ère fois de Respect envers un Prof à 26 ans, et elle l'avait drôlement mérité! Et je l'ai payé TRÈS cher, vraiment TRÈS cher!

      Alors avec votre grande théorie sur la peur de l'autorité à 30 ans, dans mon cas, vous êtes, mais carrément dans le champ!

      Il n'y a pas plus blanche brebis zélée que moi au travail!

      Mais avec le bel héritage social que les générations précédentes nous ont légué, comment rêver de famille et de réer avec 3 $ de - que le salaire min, car tu fais un peu de tip sur lequel tu paies de l'impot qui sert à financer les carrières avantageuses et superfétatoires des baby boomers, qui sont une méchante gang? Même ds le plus beau resto de la Haute-Ville de notre Capitale Nationale?

      Comment recevoir un salaire nous rendant assez responsable enfin pour mettre au Monde un enfant à qui on voudrait payer le secondaire au privé, car le public est devenu pourri et les libéraux enfoncent chaque jour le clou de leur cercueil, des camps de vacances l'été, des immersions en Ontario pour qu'ils maîtrisent l'anglais, des broches pour qu'ils n'aient pas des dents croches toute leur vie?

      Savez vous que les jeunes qui rentre à l'ALCAN pour les jobs les plus exigeants et risqués sont payés 16 $ de l'h. alors que les rares baby boomers qui n'ont pas encore pris leur retraite sont payés, et depuis leur entrée, 45$ de l'h. pour les même tâches?

      Comment rêver de famille avec les médicaments à payer, le dentiste et bientôt le médecin?

      On essaie d'inventer un cossin et convaincre tout le Monde qui s'en est tjs passé qu'il ne peut plus vivre sans et que sa vie sera tellement plus agréable avec!

      C'est le seul moyen pour nous d'offrir à nos enfants le luxe que nous avons recu et que nous voudrions partager.

      Et ici, c'est une insulte, en passant, de lier untel à Radio X!

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 13 avril 2015 23 h 32

      Mme Paulette, j'ai publié une Succulente Comédie. Mais je crois qu'il est inapproprié d'en faire ici la promotion.

      Zut! Et dire que j'aurais peut-être trouvé une nouvelle lectrice!

      Mais vous auriez sans doute été déçue, je ne relate pas la saga de mon Acné!

      Non, je Dénonçais un cas probable très Inique contre lequel nul ne proteste, et qui doit IMMINAMMENT être Corrigé.

      Vous trouvez ça Bien, une société ou le coût de la vie est vertigineux, les métiers n'exigeant pas d'études si Hautement Dévalorisés, ou le salaire min est minable ou on coupe toutes les jobs baba-cools de la Fonction Publique des 80, ou être prof au public exige désormais une Abnégation que l'humain ordinaire ne possède pas, ou tu te fais dire de faire des trêves de Radio X quand tu penses différemment des Universitaires, ou l'infirmiere diplômée à 10 fois plus de Pouvoir, de Crédibilité, et de Respect que la simple infirmière, ou ce sont des Dr qui tirent nos ficelles etc. Etc. Etc.

      Comment expliquer que ds ce Superbe État providence ou tu comptes pour un demi-citoyen sans diplôme universitaire et ou les baby-boomers se targuent en tout temps d'avoir permis d'etre Qqn même aux pauvres, en leur octroyant à tous des prêts et en abaissant le Niveau Académique; meme si on est autonome depuis nos 17 ans, on est à 30 ans encore considérés par l'État comme à charge de nos parents, OBLIGÉS PAR LA LOI de payer des études à leur progéniture s'ils en ont les moyens?

      Que fait un enfant de bourgeois si ses parents ne veulent pas s'impliquer financièrement ds ses études? Il traîne papa ou maman en cour?

      Qd on est autonome, majoritaire et pauvre, on devrait se fier aux finances de l'étudiant, et non celles de ses parents. Je comprends que les gosses de baby boomers sont des " enfants-roi" , ils n'ont rien et resteront rien à moins de dépendre de leurs parents jusqu'a leurs 26 ans!

      Un Gros Merci pour nous avoir " libérés"!!!

      Pour le reste, je lave mon linge sale en famille, navrée!

  • Pierre Samuel - Abonné 13 avril 2015 06 h 33

    Citoyens d'un monde planétaire...

    Si selon ce sondage Léger-Institut du Nouveau Monde, qui ne peuvent certes être considérés à la solde du pouvoir financier, < Les 18-34 ans tournent le dos à la révolution sociale >, ayant finalement < les mêmes rêves que les plus vieux: fonder une famille et bien gagner sa vie >, le demi-siècle et plus qui nous éloigne de la < révolution tranquille > de 1960 et des <années folles > de 1970 est définitivement bel et bien rangé sagement sur les tablettes de l'Histoire...

    Si, en plus, eux qui représentent l'avenir ne prônent la souveraineté qu'à 39%, l'affirmation de plusieurs à l'effet que ce ne fut que le projet des <baby boomers > semble se profiler du même souffle...

    Ces jeunes issus de la < révolution technologique > démontrent donc de plus en plus clairement que leurs préoccupations sociales sont aussi conformistes qu'elles peuvent être diversifiées, mais que la situation politique du Québec ne représente guère pour la grande majorité d'entre eux le même intérêt passionné qui a animé leurs aînés.

    Force donc est de constater que le Québec de plus en plus éclaté socio-économiquement que nous connaissons est bel et bien affirmé par cette vague d'un monde globalisé à laquelle désormais nul ne semble pouvoir et/ou vouloir échapper...

  • Gilles Delisle - Abonné 13 avril 2015 06 h 47

    Un peuple condamné à être éternellement divisé

    Ce sondage nous montre que les Québécois, jeunes ou vieux, ont toujours été divisés sur les enjeux de leur société. Que ce soit l'avenir de leur pays ou sur l'élimination des hydrocarbures, ils ne se démarquent pas d'aucune facon des plus vieux. Curieux peuple, rarement réuni sur les enjeux sociaux importants, sauf bien sûr, les séries de la coupe Stanley!

  • Pierre Hélie - Inscrit 13 avril 2015 07 h 10

    Une génération résignée

    Ce que je vois, c'est une génération de gens résignés, que plus rien ne branche sauf leurs navrantes "i-bébelles". La génération des baby boomers (dont je suis) aura réussi ce qu'aucune génération avant elle n'aura réussi: éteindre l'espoir des plus jeunes générations. Terrible constat d'échec.