Les écologistes et le milieu des affaires trouvent leur compte

Les groupes de pression et les partis d’opposition demandent au premier ministre Couillard de traduire ses promesses en retombées concrètes.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les groupes de pression et les partis d’opposition demandent au premier ministre Couillard de traduire ses promesses en retombées concrètes.

La version amincie du Plan Nord dévoilée mercredi par le gouvernement Couillard a été somme toute bien reçue par le milieu des affaires et par des groupes environnementalistes, mais les réactions ont été bien différentes du côté des partis d’opposition.

Associées au dévoilement du nouveau Plan Nord, la SNAP Québec et Nature Québec ont salué les objectifs de conservation qu’il contient et qui sont les mêmes que ceux du gouvernement Charest, soit la création de 20 % d’aires protégées et la préservation de 50 % du territoire nordique de l’activité industrielle. L’atteinte de ces objectifs permettrait de remplir les exigences internationales de la Convention sur la diversité biologique, ont souligné les deux organismes. Les fonds consacrés au ministère de l’Environnement « devront suivre les bonnes intentions », préviennent-ils cependant.

Pour le milieu des affaires, le contexte d’investissement sera désormais plus stable pour les entreprises. « C’est un signal pour dire aux investisseurs “nous allons vous accompagner”  », a dit la président-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand.

En dépit du prix de certains métaux qui a touché un creux en cinq ans, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc, croit que Québec fait bien d’investir. « Les économistes diront que les grands investissements devraient toujours avoir lieu dans la phase où le cycle est bas de façon à être prêt lorsque tout ça va repartir », a-t-il fait observer.

De son côté, l’Association minière du Québec s’est montrée préoccupée par l’engagement de soustraire 50 % du territoire à toutes activités industrielles. Selon elle, un travail de caractérisation de ce qui se trouve dans le sol est « essentiel » avant de procéder à « quelque protection que ce soit ».

Les Premières Nations sur leurs gardes

L’engagement visant à investir dans les infrastructures, comme les routes et les écoles, a également reçu un accueil favorable de la part de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador. S’il salue la volonté du gouvernement Couillard de voir les communautés autochtones jouer un rôle plus important dans le développement du Nord, le chef de l’Association, Ghislain Picard, a prévenu qu’il restait encore beaucoup à faire. « Le test s’en vient, a-t-il prévenu. Il y a des obligations pour tous les gouvernements en matière de consultation. Comment cela se fait ? C’est une grande question qui se pose partout, pas seulement au Québec. »

Les trois partis d’opposition ont pour leur part critiqué cette nouvelle mouture du Plan Nord. Pour le porte-parole de l’opposition officielle, Bernard Drainville, ce nouveau plan manque singulièrement d’assises. Ainsi, dans le dernier budget Leitão, aucune somme n’apparaît sous la rubrique « Développement » du Plan Nord, et ce, pour les cinq prochaines années. « S’il y croyait tant que ça, le gouvernement investirait et concrétiserait l’engagement réel de l’État québécois », a déclaré le député péquiste.

Selon André Lamontagne, de la Coalition avenir Québec, la nouvelle version du Plan Nord « ne présente que peu de moyens concrets pour réaliser les objectifs de retombées de 22 milliards en 20 ans ».

Pour Amir Khadir, de Québec solidaire, ce plan, « c’est du copié-collé du plan de Jean Charest, qui n’a pourtant jamais décollé » parce que le gouvernement n’a aucune prise sur la conjoncture mondiale et le prix des métaux. « L’extractivisme a des limites, juge le député de Mercier. Est-ce que les libéraux ont compris que la population en a assez de subventionner des multinationales qui lèvent les feutres dès que la situation économique se détériore ? »

4 commentaires
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 9 avril 2015 07 h 53

    Ce que j'ai retenu de tous les "papiers" sur le même sujet

    écrits aujourd'hui dans le Devoir, c'est le dernier paragraphe de l'article ci-haut: "...C'est du copié-collé....l'extractivisme a des limites...Est-ce que les libéraux ont compris que la population en a assez de subventionner des multinationales qui lèvent les feutres dès que la situation économique se détériore." dixit le député de Mercier.
    Et j'ajouterais :... J'ai lu que ces mêmes multinationales les lèvent aussi (les feutres), lorsqu'elles quittent... sans un coup de balai sur le dépotoir qu'elles ont laissé derrière elles...1,5 milliards $$$ prévus en nettoyage.... J'ai lu également (ailleurs dans le Devoir d'aujourd'hui) que seulement 23 millions$$$ on été versés dans les coffres du gouvernement l'an dernier...(d'où viennent ces chiffres?) sur des revenus en milliards de $$$ empochés par ces mêmes multinationales et qui sont disparus ...pouf! comme par magie...vers des paradis fiscaux, érigés en CDMI... cathédrales dogmatiques monétaires internationales.
    Et que, n'étant pas un État-Pays, le Québec n'a aucune prise sur la conjoncture mondiale et le prix des métaux. À quand un pays... avec des lois et des mesures protégeant la population et son territoire !

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 9 avril 2015 16 h 17

      OUI ! A quand un Pays.....Faudrait commencer par le commencement,n est-ce pas? Logiquement. J-P.Grise

  • Donald Bordeleau - Abonné 9 avril 2015 09 h 30

    Mais pas nos enfants.

    Investir en éducation et changement de paradigme du gouvernement. Mais hélas on va dans l'inconnue selon Tania Longpré.

    près un début avec 300 millions pour produire du lithium. Investissement Québec est partenaire pour près de 100 millions. Les annonces du nouveau Plan Nord semble un coup d’épée dans l’eau alors que plusieurs sites miniers sont en difficultés après la perte de 20% des emplois miniers soit 1400 emplois.

    Pas facile pour le gouvernement de repartir cette industrie dans le cycle baissier actuel du secteur minier

    Le secteur minier ne représente que moins de 1% des revenus du gouvernement malgré les milliards investis.

    Le gouvernement doit investir massivement en éducation, en recherche, développement de la robotique.

    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/436555/le

    http://ici.radio-canada.ca/regions/abitibi/2014/07

    http://ici.radio-canada.ca/regions/abitibi/2014/04
    e-quebec-lithium.shtml

    http://ici.radio-canada.ca/regions/abitibi/2015/04

  • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 9 avril 2015 10 h 16

    Terres rares: quel sera l’impact environnemental ?


    M. Couillard se trompe, et conséquemment nous trompe, en affirmant que le Québec est riche en terres rares.

    Contrairement à ce que l’on cherche à nous faire croire, les terres rares sont uniformément réparties dans la croûte terrestre, les éléments des terres rares sont présents sur tous les continents et si, si peu de pays les extraient - la majorité de la production mondiale nous vient de la Chine, peu du Brésil et de l’Inde - c’est que l’extraction des terres rares est un des procédés des plus couteux et surtout des plus polluants de la planète!

    Mais voilà, la rareté d’un produit engendre immanquablement de la spéculation et la soif des «bonnes affaires»! D’où la résurgence de cette idée d’exploitation des terres rares du Québec.

    Cependant, les effets écotoxicologiques et toxicologiques sur les organes vivants commencent à être sérieusement étudier en laboratoire (notamment par Françoise Elbaz-Poulichet, du laboratoire HydroSciences de Montpellier). C’est d’autant plus risqué que ces résidus toxiques vont demeurer longtemps dans le sol avec des effets catastrophiques dans les rivières, les eaux souterraines et les nappes phréatiques et conséquemment sur toute la chaîne animale. C’est un pensez-y bien, surtout en ce qui concerne les populations autochtones que M. Couillard tente d’amadouer avec le miroitement de redevances…