Le premier ministre Couillard rejette tout dialogue avec les étudiants

Les enseignants ont souligné à leur manière le premier anniversaire du gouvernement Couillard, en gribouillant à la craie liquide des « souhaits » de fête sur les fenêtres du quartier général du PLQ, à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les enseignants ont souligné à leur manière le premier anniversaire du gouvernement Couillard, en gribouillant à la craie liquide des « souhaits » de fête sur les fenêtres du quartier général du PLQ, à Montréal.

Philippe Couillard n’a aucune intention d’engager un dialogue avec les étudiants qui contestent les restrictions budgétaires imposées par son gouvernement.

« Discuter de quoi ? » a lancé le premier ministre à une journaliste qui lui demandait, mardi, s’il pourrait entamer des discussions avec les étudiants en grève. « Si l’objectif pour nous est d’abandonner l’équilibre budgétaire, c’est non. Si l’objectif pour nous est de cesser de gérer les finances publiques de façon rigoureuse, c’est non. Si l’objectif pour nous est de cesser de tenir compte de la dette, c’est non. »

Un an jour pour jour après l’élection du gouvernement libéral, Philippe Couillard a tenu une conférence de presse qui a débuté par une allocution dans laquelle il s’adressait aux Québécois « qui ont choisi le courage plutôt que l’irresponsabilité ».

Prévenant que la présente année ne sera pas facile, il a promis que dès l’an prochain, les missions de l’éducation et de la santé retrouveront « des moyens plus proches de ceux que nous prévoyons leur donner ». La véritable austérité, c’était celle du gouvernement Bouchard, qui a réduit les budgets de l’État entre 1996 et 1998. « Ce qu’on fait actuellement, c’est de faire une pause : on maintient les enveloppes, on les augmente légèrement, très légèrement, c’est vrai. Ça nous permet de repartir sur un meilleur pied après », a-t-il dit.

Une majorité de Québécois appuie le plan de redressement des finances publiques de son gouvernement même si les compressions, ce que Philippe Couillard appelle « le changement », ne peuvent faire l’unanimité, a-t-il reconnu. « Je pense qu’il y a une partie substantielle de l’opinion qui reconnaît qu’on est rendu là. »

Philippe Couillard a soutenu qu’il ne fallait pas « changer de système », comme l’a évoqué le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, la semaine dernière. « Le modèle québécois, il faut le rendre viable », a-t-il plutôt déclaré. Les choix que les Québécois ont faits en matière de services publics sont « légitimes », encore faut-il qu’ils soient soutenus par des moyens appropriés. « Un discours de solidarité qui ne s’appuie pas sur des finances publiques équilibrées et une dette contrôlée, c’est le discours de l’illusion », a-t-il fait valoir.

Philippe Couillard trouve « drôle » qu’on le désigne comme le plus conservateur des chefs libéraux qu’a connus le Québec. S’il se définit comme « plutôt prudent et rigoureux » sur le plan fiscal, il dit souhaiter maintenir les mesures de solidaritéet même les améliorer. « Je crois profondément à la justice sociale. Je crois profondément à la lutte contre les inégalités », a-t-il affirmé.

Un an après la victoire libérale, Philippe Couillard est forcé de reconnaître que son gouvernement a rompu plusieurs promesses électorales. Mais il a affirmé ne pas regretter la décision de moduler les tarifs des services de garde en fonction des revenus des parents. « C’est plus équitable », juge-t-il, signalant que les social-démocraties européennes procédaient de la sorte.

Par ailleurs, une manifestation « interdite » aux hommes s’est déroulée mardi soir à Montréal, à l’invitation d’une organisation féministe, pour s’opposer aux mesures d’austérité du gouvernement Couillard. Quelques centaines de femmes se sont rassemblées à la place Norman-Bethune, près du campus Sir-George-Williams de l’Université Concordia, au centre-ville. Un fort cordon policier surveillait le cortège des deux côtés.

Depuis le début des manifestations contre l’austérité, plusieurs groupes féministes sont sortis sur la place publique pour dénoncer les décisions du gouvernement et les répercussions qu’elles auraient plus particulièrement sur les femmes.

Avec La Presse canadienne

Carbone : des provinces se rallieront au Québec

Plusieurs provinces emboîteront le pas au Québec en s’engageant à prendre des moyens pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), estime Philippe Couillard. « Je m’attends à ce que mes collègues aillent de l’avant et se joignent à nous à leur façon », a-t-il indiqué mardi.

Les provinces et les territoires se réunissent le 14 avril lors du Sommet de Québec sur les changements climatiques. Le premier ministre s’est dit en complet accord avec le rapport de la Commission de l’écofiscalité du Canada qui conclut que les provincesont le pouvoir de tarifer le carbone et qu’elles auraient intérêt à le faire rapidement.

Les provinces peuvent agir de leur propre chef, sans l’imprimatur d’Ottawa. Le Canada n’est pas un État unitaire, a rappelé M. Couillard. « Les faits nous disent que la majorité de la population canadienne accepterait une forme de tarification du carbone », a-t-il avancé.
57 commentaires
  • Cyr Guillaume - Inscrit 8 avril 2015 06 h 13

    P-M isoler

    Il vit complètement sur sa propre petite planète Z. Comment peut-il être encore aussi déconnecté de la réalité après les manifestations des deux dernières semaines. Son narcissisme ne finira jamais de me surprends (dans le mauvais sens du therme)!

    Et oui, c'est bien étrange cette manifestation de féministes. On condamne rapidement le sexisme, mais n'est-ce-pas ce qu'elles ont faient elles même? Deux poids, deux mesures?

    • Chantale Desjardins - Abonnée 8 avril 2015 10 h 34

      Votre dernier paragraphe indique que vous ne savez pas encore ce qu'est le sexisme. Est-ce que l'Eglise est sexiste en refusant l'ordination des femmes?

    • Nicolas Bouchard - Abonné 8 avril 2015 14 h 40

      @Chantale Desjardins,

      Absolument. Tout comme cette marche des femmes interdite aux hommes.

      Tout comme ces anciennes tavernes interdites aux femmes et donc par la même logique, aux clubs de gym interdits aux hommes.

      Nicolas B.

  • Josée Duplessis - Abonnée 8 avril 2015 06 h 41

    justice sociale?

    Est-ce encore la façon de faire des libéraux?
    Comme le disait une journaliste, les libéraux prônent haut et fort une vérité et son contraire de façon à ce que les gens ne sachent plus reconnaître le vrai du faux.
    M. Couillard et la justice sociale?
    Vraiment, ça passe?

    • Jean-Yves Arès - Abonné 8 avril 2015 09 h 27

      Il faudrait nous expliquer votre définition de la justice sociale Mme. Duplessis pour qu'on puisse comprendre votre indignation.

  • Gilles Théberge - Abonné 8 avril 2015 06 h 50

    Oups!

    De Couillard il n'y a pas grand chose à dire, il est tellement prévisible. Il aime la tarte aux pommes comme tout le monde. Il pratique la vertu à l'extrême dans tout ce qu'il entreprend. C'est de la sagesse. Bref il est gris sans aucune nuance. Il est gris, rien que gris.

    Alors si les étudiants s'attendent à quelque chose, il leur faudra être patients. Très patients.

    Mais dans l'article une chose frappe mon esprit. Il y aurait eu une manifestation ségréguée à Montréal? Hommes interdits.

    Est-ce que bientôt on remplacera le GOLF par LOGF ?

  • Patrick Boulanger - Abonné 8 avril 2015 06 h 58

    « Discuter de quoi ? » a lancé le premier ministre à une journaliste qui lui demandait, mardi, s’il pourrait entamer des discussions avec les étudiants en grève. « Si l’objectif pour nous est d’abandonner l’équilibre budgétaire, c’est non. Si l’objectif pour nous est de cesser de gérer les finances publiques de façon rigoureuse, c’est non. Si l’objectif pour nous est de cesser de tenir compte de la dette, c’est non. »

    M. Couillard parle comme si la façon du PLQ de redresser les finances publiques était l'unique façon de faire. S'il le voulait, le PLQ pourrait plutôt choisir d'augmenter les revenus du gouvernement au lieu de couper un peu partout (ex.: environnement, etc.). D'ailleurs, si le Si Québec n’avait rien changé depuis 1997 à ses impôts sur le revenu des particuliers ni à sa taxe à la consommation, ses recettes fiscales pour cette année auraient été environ supérieures de 4-5 milliards. M. Coulllard a donc les moyens d'aller discuter avec les étudiants...

    Voir : http://www.ledevoir.com/economie/actualites-econom

    • Jean-Yves Arès - Abonné 8 avril 2015 14 h 48

      Le titre de l'article dont vous nous donnez le lien est:

      «Québec serait plus riche de plusieurs milliards, mais moins équitable, s’il avait conservé son régime fiscal de 1997»

      Autrement dit l'action des gouvernements successifs a entre eu entre autre comme résultat d'être plus équitable. Faudrait voir les détails de cette étude, mais le titre suggère que plus d'impôt aurait été moins équitable, ce n'est pas rien !

      Reste tout de même qu'il est plus qu'hasardeux que de faire des projections de ponctions supplémentaires 5G$ dans une économie comme la nôtre en croyant que 15 ans plus tard ces ponctions n'auraient fait aucune différence et que son niveau de développement serait le même.

      Et pour le «discuter de quoi» le PM aurait pu aussi demander «discuter avec qui», parce que pour ceux qui sont dans la rue je ne suis pas sûr que grand monde soit impatient d'avoir leurs opinions, s'ils en ont.

      https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Szu42poLA0A

    • Jean-Yves Arès - Abonné 8 avril 2015 14 h 50

      Le lien de la vidéo, attention de ne pas tomber a terre.... !

      http://tinyurl.com/og9h2aw

  • Denis Marseille - Inscrit 8 avril 2015 07 h 01

    mensonge, hypocrisie et réthorique

    « qui ont choisi le courage plutôt que l’irresponsabilité ».

    Démontrez-nous que vos mesures d'austérité faisaient parti de votre programme et je vous croirai?

    A défaut de le faire vous resterez à mes yeux qu'un vulgaire menteur.