Un véritable climat d’affrontement dans le réseau

Depuis son arrivée au pouvoir, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a entrepris une vaste réforme du système de santé avec deux projets de loi qui viennent changer complètement les façons de faire, et ce, sur tous les plans.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Depuis son arrivée au pouvoir, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a entrepris une vaste réforme du système de santé avec deux projets de loi qui viennent changer complètement les façons de faire, et ce, sur tous les plans.
Depuis son arrivée au pouvoir, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a entrepris une vaste réforme du système de santé avec deux projets de loi qui viennent changer complètement les façons de faire, et ce, sur tous les plans. Mais on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs, dit l’adage, et sa façon de bousculer l’ordre établi a créé un véritable climat d’affrontement dans le réseau.

 

En moins d’un an, le ministre a réussi à modifier complètement la structure du réseau de la santé. Le 1er avril 2015 a sonné le glas des agences régionales de santé, de même que des centres de santé et services sociaux (CSSS), qui se voient fusionnés pour devenir d’immenses structures régionales.

Le projet de loi 10, qui modifie l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux, a été présenté à l’automne 2014. L’idée était de simplifier l’accès aux soins pour les patients et de faire des économies en abolissant un palier administratif.

Syndicats, associations patronales, médecins et experts sont venus dénoncer ce projet de loi en commission parlementaire. Si tous se disaient d’accord avec le principe de simplifier l’accès, ils étaient en désaccord avec les moyens. Ils reprochaient notamment au ministre de s’accorder trop de pouvoir en nommant lui-même les p.-d.g. et p.-d.g. adjoints des établissements, de même que les membres du conseil d’administration des établissements de santé.

« Ça va plus loin qu’une simple réforme de structure ; on recule en matière de transparence, d’indépendance du réseau et d’imputabilité », dénonçait récemment l’avocat spécialisé en santé Jean-Pierre Ménard, dans une entrevue au Devoir.

« C’est une trop grande centralisation du pouvoir entre les mains d’un seul homme qui gère 50 % du budget de l’État à lui tout seul »,soutenait pour sa part Diane Lavallée, directrice de l’Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), association patronale qui a dû se saborder, faute de financement, au 1er avril.

Pour ajouter à l’injure, le ministre a choisi de faire adopter le projet de loi sous le bâillon, recevant une nouvelle salve de critiques de toutes parts.

Phase 2

Cette adoption rapide a néanmoins permis au ministre de passer à la deuxième phase de son plan. Avec le projet de loi 20 sur l’accès aux soins de santé, présentement à l’étude, c’est tout le corps médical qui s’est braqué contre lui. Le ministre souhaite imposer aux médecins un quota minimal de patients à voir, sans quoi ils seront pénalisés.

Les fédérations de médecins et autres associations médicales se livrent à une guerre de chiffres avec le ministre, qui les accuse de ne pas assez travailler. Ces derniers répliquent que le ministre encourage une « déshumanisation des soins de santé » en favorisant la quantité au détriment de la qualité. On parle même d’un « projet de loi soviétique ». Le projet de loi 20 met également un terme à la gratuité pour tous de la fécondation in vitro.

Depuis son arrivée au pouvoir, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a entrepris une vaste réforme du système de santé avec deux projets de loi qui viennent changer complètement les façons de faire, et ce, sur tous les plans.
1 commentaire
  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 4 avril 2015 11 h 26

    Barrette n'a pas lu son Pagnol...

    Voici un résumé de Jean de Florette, que je suggère à tous comme lecture estivale, particulièrement au Dr. Barrette.

    Hugolinnet son oncle rusé César Soubeyran veulent racheter la bonne terre de la défunte voisine afin d'y cultiver les œillets.
    Or, Jean, son fils, un créancier citadin bossu optimiste et déterminé en diable, imbu de confiance envers son Projet, décide d'habiter son héritage avec sa famille et se faire riche paysan.
    Pour s'assurer la terre de leur rêve, les Soubeyran bouchent la source de la terre, forçant le bossu à marcher 2 km en montagne pour puiser l'eau.
    Mais rien ne le décourage! Tout est calculé: la multiplication de ses lapins, la croissance de ses plantes, son quota de voyages à la source, tout est basé sur la Science. Les chiffres ne mentent pas! Avec la foi et les maths, on se dirige droit à la Réussite!

    Puis, le cas de Jean ne fait que péricliter. Il est brûlé par le soleil, maigre, ivrogne, perd ses épis dans la sécheresse, ses plantes apres la mousson, ses lapins s'enfuient et la famille est ruinée.

    César, lui, rigole du touriste qui pense réinventer l'agriculture avec des maths, en ignorant les caprices du climat de Provence.

    Jean ne se redressera pas, malgré l'élaboration si "scientifique" de son Projet, il meurt d'un éclat de roche en dynamitant sa terre à la recherche d'eau.

    Je gâche le punch, mais s'il y a qqn aussi envouté par cette saga que moi, il y a tjs la suite: Manon des sources.

    Barrette à dit tout fierot aux Journalistes: " Regardez, la, c'est Mathématique! Mathématique, vous entendez! On ne peut se tromper!", et bien qu'il lise donc au PC ce Chef d'Oeuvre d'une Grande Sagesse, car si on continue dans cette voie, le champ de la Santé sera ravagé, ses récoltes pourries, et la jeune relève de médecins se feront la malle ailleurs au Canada.

    Les libéraux accompliront ainsi enfin leur Grand Souhait Profond, concluant que si les " Maths" ont échoué, seule la Privatisation du Système peut fonctionner...Grr.