Pas de grève imminente dans le secteur public

« Ce n’est pas simple d’aller chercher des mandats de grève quand on représente 400 000 travailleurs », signale le président de la FTQ, Daniel Boyer.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir « Ce n’est pas simple d’aller chercher des mandats de grève quand on représente 400 000 travailleurs », signale le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Beaucoup d’eau coulera sous les ponts avant que le Front commun, qui regroupe 400 000 syndiqués du secteur public, menace de faire la grève, si d’aventure il en est ainsi décidé.

« Ce n’est pas simple d’aller chercher des mandats de grève quand on représente 400 000 travailleurs », a signalé mardi le président de la FTQ, Daniel Boyer, dans une conférence de presse tenue alors que 2500 délégués syndicaux étaient réunis afin de réfléchir aux moyens à prendre pour bâtir un rapport de force en vue des négociations qui s’amorcent. Les conventions collectives des employés de l’État ont pris fin le 31 mars.

« On a bien beau dire que les conventions collectives se terminent aujourd’hui [mardi], mais ce n’est pas vrai qu’on peut déclencher une grève demain matin », a dit le chef syndical qui était accompagné de la porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), Carolle Dubé, et de la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque.

« Ce qu’on veut avant toute chose, c’est de négocier de bonne foi », a fait valoir Daniel Boyer. Il est « à peu près impossible » de déclencher une grève ou d’exercer d’autres moyens de pression avant l’automne en raison des différentes étapes qu’il faut franchir : médiation préalable, détermination des services essentiels et obtention des mandats de grève, a-t-il signalé. Un report « jusqu’à l’automne ou jusqu’à l’année prochaine si on continue à négocier de bonne foi, moi, je n’ai aucun problème [avec ça] », a-t-il ajouté.

Les propositions patronales ont soulevé « l’indignation » des syndiqués, selon Francine Lévesque. « C’est clair que les gens qu’on représente ont été littéralement insultés par la proposition salariale », a-t-elle souligné, soit le gel des salaires pour les deux premières années des conventions collectives et une hausse de 1 % pour chacune des trois années subséquentes.

En dépit de cette indignation, les syndiqués répugnent à faire la grève, tellement qu’il faut faire leur éducation. « Il n’y a pas une grande culture de grève dans le secteur public, a mentionné Carolle Dubé. C’est certain qu’on a un travail d’éducation [à faire]. »

La dernière fois que les syndiqués du secteur public ont fait la grève, c’est en novembre et en décembre 2005 : une grève rotative de quatre jours, impliquant un total de 200 000 salariés. À la mi-décembre, la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, avait fait adopter une loi spéciale imposant les conditions de travail aux employés de l’État.

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2 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 1 avril 2015 05 h 41

    Question...

    Serions-nous tous devenus la bande de "pea soup", ou de pissous, que nos amis désirent si chèrement et depuis tant d'années, que nous soyons ?
    Plus rapidement prêt à dire "mais, on est pas capable" que de dire "quoi qu'il en soit, on va se battre pour vous" ?
    Quand j'entends les atermoiements circonstanciés de certains politiciens ou chefs syndicalistes actuels, je m'en pose sérieusement la question...
    Vive le Québec libre !

  • Bernard Terreault - Abonné 1 avril 2015 09 h 25

    Viellissement

    La fonction publique du Québec a pas mal vieilli depuis 40 ans. En pleine expansion dans les années 70-80 et donc formée de jeunes qui avaient peu à perdre, elle compte maintenant surtout des gens proches de la retraite peu portés à perdre des journées de salaire pour un gain hypothétique. Le gouvernement Couillard compte sans doute sur cette fatigue et cette résignation du mouvement syndical. Pendant ce temps le 0,1% de super-riches peut dormir en paix, l'austérité, ils ne connaissent pas (voir Spéphanie Grammont dans La Presse d'aujourd'hui).