Routes, ponts et écoles en piteux état

Québec a investi une somme record de 10,1 milliards dans les infrastructures en 2014-2015.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Québec a investi une somme record de 10,1 milliards dans les infrastructures en 2014-2015.

Des ponts qui menacent de s’écrouler, des chaussées pleines de crevasses, des écoles à reconstruire ou à rénover : les infrastructures publiques se trouvent dans un état lamentable, révèlent des données tirées des documents budgétaires du Québec.

Pour la première fois, les ministères et organismes ont rendu public l’état détaillé des infrastructures sous leur responsabilité. Les nouvelles sont mauvaises. Les routes, ponts, écoles et hôpitaux continuent de se dégrader, mais le gouvernement Couillard affirme être forcé de ralentir le rythme de croissance des dépenses d’entretien et de renouvellement des infrastructures.

Québec a investi une somme record de 10,1 milliards dans les infrastructures en 2014-2015. L’entretien des ponts et chaussées est devenu une priorité nationale après l’effondrement du viaduc de la Concorde à Laval en 2006, mais l’État québécois n’a plus les moyens de maintenir des investissements de cette ampleur, a fait valoir le ministre des Finances, Carlos Leitão.

Les sommes moyennes investies dans les infrastructures au cours des cinq prochaines années s’élèveront à 9,1 milliards, puis à 8,6 milliards les cinq années suivantes, selon le budget. Pendant ce temps, les infrastructures vieillissantes, construites pour la plupart entre les années 60 et 80, se détériorent sans cesse.

Patience sur les routes

Par exemple, pas moins de 21 % des 30 633 kilomètres de routes nationales du Québec se trouvent dans un « très mauvais » état, ce qui leur vaut la pire cote attribuable à une infrastructure, un E (sur une échelle de A à E). Pour établir cette note, le ministère combine une série d’indices qui mesurent le confort de roulement, la « rugosité » du revêtement, la présence d’ornières et de fissures, et la susceptibilité au gel.

L’état des 4253 ponts municipaux est encore plus préoccupant : 36 % de ces infrastructures obtiennent la cote E. Pour les 5412 ponts et ponts à étagement du réseau national, c’est 18 % qui se trouvent dans un « très mauvais » état.

Le ministère des Transports calcule que le « déficit d’entretien » des infrastructures routières s’élève à 11,8 milliards. Le MTQ doit se concentrer sur les urgences pour éviter une répétition de la tragédie du viaduc de la Concorde : le ministère a investi plus de 920 millions en 2014-2015 pour l’entretien de l’échangeur Turcot (qui sera prochainement démoli), l’autoroute Métropolitaine, l’échangeur Saint-Pierre et le pont Mercier, notamment.

L’état des écoles est tout aussi préoccupant, selon les données du budget : 13 % des écoles primaires se trouvent dans un « très mauvais » état. Pas étonnant, quand on sait qu’elles ont été construites en moyenne il y a 56 ans. Entre le tiers et le quart des écoles primaires ou secondaires construites il y a plus de 70 ans obtiennent un E, la pire note possible pour une infrastructure, indique le budget.

 

Des fonds pour le Palais des congrès

Le gouvernement Couillard devance des projets d’infrastructures d’une valeur de 1,4 milliard, ce qui permettra notamment de financer des travaux d’envergure à Montréal et à Québec. Les travaux préalables à l’agrandissement du Palais des congrès à Montréal pourront commencer. À Québec, un projet cher au maire Régis Labeaume, l’élargissement de l’autoroute Henri-IV, ira de l’avant.

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6 commentaires
  • Ronald Houde - Abonné 27 mars 2015 05 h 25

    Du n'importe quoi

    Un déficit d'infrastructure de près de 12 milliards... nous ne sommes pas capables d'entretenir ce que nous avons construit... mais on continue à en rajouter, comme le prolongement de l'autoroute 19, qui a réapparu au PQI 2015-2025. Ce gouvernement continue à chaque jour de nous prouver son incohérence et incompétence.

    • François Dugal - Inscrit 27 mars 2015 09 h 15

      Peut-être que si tout tombe en ruine, monsieur Houde, c'est que c'était mal construit au départ.
      Qu'en pense l'ordre des ingénieurs?

    • Daniel Bérubé - Abonné 27 mars 2015 13 h 08

      @ Mr. Dugal: Et si ont allait prendre exemple sur ce que les Romains ont construit il y a quelques milliers d'années, et qui sont toujours debout ? Mais il faut avouer que ceci serait très négatif... pour les marchés...

      Tant que les décisions seront prisent pour les marchés et non pour le peuple, les changements se feront attendre.

  • Denis-Émile Giasson - Abonné 27 mars 2015 08 h 20

    «Si ce n'est pas brisé...

    ... n'entretient pas» . Faut-il se surprendre de l'état des lieux gérés à courte vue par nos édiles municipaux et provinciaux?

  • Gilles Théberge - Abonné 27 mars 2015 08 h 38

    Les routes

    Les routes ça c'est la priorité.

    Les ponts et viaducs ? Tant que ça tient. On remontera ceux qui sont tombés le cas échéant

    Les écoles? Personne ne va mourir dans ça. Même s'il n'y en avait pas.

    Je sais bien, je n'ai aucun avenir comme politicien ou comme humoriste. Mais quand les discours seront fini et que toutes les chemises auront été déchirées sur la place publique, surveillez attentivement ce qui va se passer.

  • Sylvain Auclair - Abonné 27 mars 2015 13 h 05

    Et on essaie de nous faire accroire...

    ...que les automobilistes paient plus que leur part en taxes?