L'atteinte du déficit zéro ne suffit pas

L’atteinte de l’équilibre budgétaire, que fera miroiter le ministre des Finances, Carlos Leitão dans son budget jeudi, laisse les partis d’opposition sur leur faim et ce n’est pas une possible abolition graduelle de la taxe santé qui saura les satisfaire.

Le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire ont tous fait part, mardi, de leurs attentes à l’égard du deuxième budget Leitão.

Tout en rappelant que le gouvernement Couillard, depuis son arrivée au pouvoir, avait alourdi le fardeau fiscal des contribuables et des entreprises de 800 millions, le porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, Nicolas Marceau, l’a accusé d’avoir « enlaidi » le portrait des finances publiques afin de « justifier ses politiques d’austérité ». Surtout, il estime que le gouvernement libéral, en l’absence d’une politique de stimulation économique, a ralenti l’économie québécoise.

Avec une croissance des dépenses qui ne devrait pas dépasser 0,7 % en 2015-2016, d’importantes compressions toucheront les secteurs de la santé et de l’éducation. « Ce qu’on a vécu jusqu’à maintenant, ce n’est rien à comparer à ce qu’on va vivre dans l’année qui vient », a prédit Nicolas Marceau.

Le chef de la CAQ, François Legault, flanqué de son critique en matière de finances, François Bonnardel, juge que le gouvernement Couillard atteindra l’équilibre budgétaire « sur le dos de la classe moyenne en reniant des promesses concernant les augmentations de taxes municipales, taxe scolaire, et tarifs d’électricité ».

L’abolition de la taxe santé — 400 $ par famille — est loin de combler les ponctions s’élevant à 1300 $ par famille, a fait remarquer le chef caquiste.

Écart à combler

François Legault a fait valoir que l’économie du Québec fait piètre figure : elle serait au 57e rang des économies des 60 États et provinces en Amérique du Nord. Depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir, le fossé entre l’Ontario et le Québec s’est creusé : l’écart entre les salaires moyens québécois et ontarien était de 4200 $ en avril, et il est maintenant de 5800 $, a soutenu François Legault.

« C’est le temps de mettre le paquet [sur] le secteur manufacturier », estime-t-il, alors que le dollar canadien, qui était à parité avec le dollar américain, ne vaut plus que 80 ¢US. « Je m’attends à ce que le budget de jeudi soit le budget de la création d’emplois de qualité, que ça soit le budget de la relance du secteur manufacturier. C’est ça qu’on doit regarder en premier dans le budget », a-t-il dit.

La députée de Gouin, Françoise David, et la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé, ont plaidé pour la réduction des inégalités sociales. « Le rapport Godbout n’en parle pas, M. Leitão n’en parle jamais, le gouvernement n’en parle jamais, M. Coiteux n’en parle jamais, et pourtant les inégalités sociales, quoique moins importantes au Québec que dans beaucoup de pays au monde, sont là, demeurent, s’agrandissent », a affirmé Françoise David.

QS propose de rétablir la taxe sur le capital des institutions financières, ce qui procurerait à l’État des revenus de 800 millions. Il faut que le gouvernement négocie à la baisse le prix des médicaments pour une économie de 1,5 milliard. Enfin, les pensions alimentaires pour enfants ne devraient pas venir réduire les prestations du parent à l’aide sociale. « Ces 45, 50 millions qui sont, année après année, pris dans les […] poches des personnes les plus pauvres nous apparaissent, à Québec solidaire, complètement indécents », a signalé Manon Massé.

Quant au débat que le budget ouvrira sur la réforme proposée par la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise, tant François Legault que Nicolas Marceau s’opposent à une de ses principales recommandations : la hausse de la taxe de vente du Québec. Nicolas Marceau a souligné l’existence d’une « érosion » des recettes de la TVQ, à laquelle s’ajoute la croissance des achats en ligne, dont les trois quarts sont effectués à l’extérieur du Québec.

2 commentaires
  • Donald Bordeleau - Abonné 25 mars 2015 13 h 22

    Investir dans le savoir.

    La dette est un faux problème. Présentement il faut investir en éducation et à la formation des travailleurs car un investissement de 1$ en éducation rapporte 8$.

    Il faut aussi investir massivement en recherche et développement, robotisation des industries comme les Américains et les Japonais le font depuis quelques années.

    Le plus triste de la situation actuelle, c'est la perte de 98,000 emplois à temps plein en 2014, on peut se féliciter de la création de 26,000 emplois à temps partiel. Il faut 3 emplois à temps partiel pour remplacer 1 emploi à temps plein.

    La part des industries de fabrication dans le PIB du Québec est passée de 22,9 % en 2000 à 14,1 % en 2012, l’emploi dans le secteur manufacturier suivait une courbe presque semblable.

    Ce secteur fournissait 18,5 % des emplois de la main-d’œuvre québécoise en 2000, contre 12,5 % en 2012. Les fermetures récentes du secteur manufacturier démontrent cette tendance pour plusieurs années.

  • Donald Bordeleau - Abonné 25 mars 2015 19 h 53

    Prévision correct pour le déficit 2014-2015 de moins de 1 milliard.

    La prévision de Monsieur Marceau était le bonne pour un déficit de 880 millions en 2014-2015. Cependant les coupures et le mise à jour en juin 2014 on permit au gouvernement de reduire le déficit de 400 millions.



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