Leitão n’écarte pas une hausse de la TVQ

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, est déterminé à réduire l’impôt sur le revenu de façon importante en compensant le manque à gagner par des ponctions d’une autre nature.

« Je suis très en faveur de réduire l’impôt sur le revenu des particuliers et de le réduire de façon substantielle », a-t-il déclaré dans une mêlée de presse. L’impôt sur le revenu des particuliers est « le moyen le plus dommageable, le plus inefficace pour un gouvernement de récolter des revenus », juge le ministre des Finances.

Ce constat, c’est sa « principale motivation » pour trouver des façons de financer une baisse majeure de l’impôt sur le revenu, a-t-il poursuivi. Carlos Leitão n’a pas nié qu’une augmentation de la taxe de vente (TVQ) faisait partie des moyens envisagés pour remplacer les revenus dont se priverait l’État. « Il y a différents moyens de faire ça », a-t-il avancé, sans les préciser.

La Commission d’examen sur la fiscalité québécoise, que préside l’économiste et fiscaliste Luc Godbout et dont le rapport sera dévoilé jeudi, proposera notamment de réduire l’impôt sur le revenu des particuliers et de hausser la taxe de vente, une thèse que Luc Godbout défend depuis des années.

« Dans l’OCDE, le Québec est [l’un des États] qui misent le plus sur l’impôt sur le revenu. Et donc, à notre avis, ce n’est pas une façon optimale de taxer », a souligné Carlos Leitão.

« Il y a 71 recommandations. Alors, ça ne peut pas être juste la TVQ. Il y a beaucoup de choses dans ce rapport », a dit le ministre. Dans son prochain budget, qu’il présentera la semaine prochaine, certaines de ces recommandations seront appliquées. Mais la réforme de la fiscalité attendra.

La publication du rapport lancera le débat sur cette réforme. « Est-ce qu’on peut au Québec avoir la chance de discuter de choses sérieuses, de changements structurels majeurs de notre fiscalité ? »,a-t-il plaidé. Ce débat, engageant dans les prochains mois la population, les partis d’opposition et les groupes intéressés, permettra de déterminer « si nous pouvons trouver un consensus pour mettre en oeuvre la majorité de ce que contient le rapport », a affirmé Carlos Leitão.

À l’Assemblée nationale, le premier ministre Philippe Couillard a réitéré que son gouvernement avait l’intention d’alléger le fardeau fiscal des Québécois, non pas de l’alourdir. Mais il y a lieu de revoir la fiscalité. « Ça ne s’est pas fait depuis les années 60. Est-ce qu’on pourrait au moins avoir une discussion de société là-dessus ? Est-ce qu’on croit véritablement que notre fiscalité incite à l’effort, au travail, à l’investissement et à la création d’emplois ? », a-t-il déclaré.

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont réclamé que le gouvernement s’engage à ne pas hausser la TVQ. Pour la CAQ, une telle augmentation risquerait de nuire au commerce de détail au Québec.

11 commentaires
  • Cyr Guillaume - Inscrit 19 mars 2015 00 h 25

    Je suis mort de rire

    Je croyais que ce gouvernement devait baiser les impôts, et non pas les augmenter ! Une autre promesse de rompue!

    • Robert Beauchamp - Abonné 19 mars 2015 09 h 32

      Réflexe d'extrême droite: baisser les impôts qui favorisera les mieux nantis qui pourront se payer une hausse de TVQ, tandis que les démunis vont voir leur pouvoir d'achat encore diminuer.

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 19 mars 2015 13 h 58

      Parle, parle - jase, jase...

      La "première chose" qui importe, que ce soit pour un simple citoyen ou que ce soit pour un organisme aussi complexe qu'un gouvernement ; c'est de balancer son budget - point à la ligne.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 19 mars 2015 09 h 01

    Évidemment

    Évidemment, baisser les impôts des particuliers et monter la TVQ est financièrement valable car... des impôts, ce n'est pas tout le monde qui en paye, mais la TVQ, ça couvre tout le monde qui achète. Et personne n'achète pas.

    D'un autre côté, tu vas payer plus de TVQ sur une Maserati que sur un rouleau de papier de toilette. Et les acheteurs de Maserati s’organisent pour payer le moins d’impôt possible. Dois-je ajouter que riche ou pauvre «tout le monde a besoin de papier de toilette».

    Maintenant, ceux qui se payent des Maserati vont-ils déménager ailleurs afin de garder leurs avantages fiscaux et taxables ? Là est la question. Seuls ceux qui sont accrochés aux mamelles de l'État (riches ou pauvres) pour survivre demeureront.

    Et le dilemme persiste.

    PL

  • Jean Richard - Abonné 19 mars 2015 09 h 49

    Baisser les impôts pour augmenter la TVQ ?

    Baisser les impôts pour augmenter la TVQ, ce n'est probablement pas l'idée du siècle. Certes, il est vrai que dans certains pays, des pays européens entre autres, les taxes à la consommation sont sensiblement plus élevées qu'ici et les impôts sur le revenu plus bas. Mais l'environnement n'est pas le même.

    Une augmentation de la TVQ va inciter de plus en plus de gens à avoir recours au travail au noir. On vous dira qu'il en est de même pour l'impôt, mais l'effet est probablement moindre.

    Outre le travail au noir, il y a l'achat de biens à l'étranger. Les achats en ligne se multiplient et si, en théorie, tout achat à l'étranger est soumis à la TVQ, la réalité est toute autre. Contourner le système pour ne pas avoir à payer la taxe de vente est on ne peut plus facile – surtout quand les fournisseurs se trouvent dans des provinces avec peu ou pas de taxes provinciales. Plusieurs fournisseurs albertains profitent largement des failles du semblant de système de perception des taxes provinciales.

    Et puis, en dehors des achats en ligne, il y a aussi les gens qui traversent les frontières. Il y a des gens qui feraient 100 kilomètres pour économiser 1,00 $. Or, traverser en Ontario est plus que facile.

    Il y a des centaines de millions $ qui échappent au fisc, dans les paradis fiscaux, dans le travail au noir et dans les achats outre-frontières non déclarés. Les gouvernements qui se sont succédés à Québec n'ont jamais été pressés de s'attaquer à ce problème. Ils ont préféré aller au plus facile.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 19 mars 2015 10 h 05

    C'est que 15%, après impôts et taxes incontournalbles, c'est déjà beaucoup !

    Si vous remontez la chaine du revenu disponible qui sert à le payer ce 15%, apr`s avoir paué impôts et taxes incontournables (taxes municipales, santé, ect) vous avez de bonnes chances de devoir générer un revenu salarial 25-30% de la dépense qui entraine ce 15% de taxe à la consommation.

    Faut-il en rajouter encore plus?

    Et pire, a toutes recherches d'une hausse des revenus des gouvernements qui entraîneraient une augmentation de l'inflation, vous vous trouver à creuser encore plus les inégalités sociales entre les emplois des mieux nantis (ceux de nos trois paliers d'État, en premiers) qui ont toutes les chances de voir combler par leur employeur cette augmentation de l'inflation. Dès lors l'augmentation des revenus d'États provoque lui-même un nouveau besoin d'augmentation de revenu d'État pour combler la protection de ses employés contre l'inflation...

    Conclusion: la job à faire et sur lequel il faut se concentrer est du côté des dépenses !

    • Sylvain Auclair - Abonné 19 mars 2015 12 h 11

      Tout n'est pas taxé. La nourriture ne l'est pas, ni les loyers...

    • Jean-Yves Arès - Abonné 19 mars 2015 13 h 02

      «ni les loyers»

      Misère... Les loyers pas taxés ????

      De quel ciel tombe donc les milliards$ qui aboutissent dans les coffres des villes, et des MRC, et des commissions scolaire ?

  • - Inscrit 19 mars 2015 14 h 14

    Une fiscalité régressive

    Tous les fiscalistes sont d'accord sur ce point. Les réductions d'impôts, sauf si elle sont limitées aux classes les plus pauvres, sont des mesures régressives.

    Le ministre parle d'efficacité fiscale. Il faut savoir que dans la bouche du banquier qu'est M. Leitao, ça veut dire taxer là où c'est plus facile, soit la consommation du plus grand nombre. C'est ce que nous préparent les libéraux-caquistes.

    Ils nous feront acroire qu'il s'agit d'une mesure pour stimuler l'éconimie, alors que c'est exactement le contraire.