Marois revient à l’Assemblée nationale «sans amertume»

Pauline Marois était au nombre des 16 personnalités ayant été décorées de l’Ordre de La Pléiade.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Pauline Marois était au nombre des 16 personnalités ayant été décorées de l’Ordre de La Pléiade.

Québec — Non sans émotion, l’ex-première ministre Pauline Marois a franchi pour la première fois les portes de l’Assemblée nationale, mercredi, depuis la défaite de son parti en avril 2014, et elle dit l’avoir fait en toute sérénité, sans amertume.

Dans le décor familier du Salon rouge du parlement, où elle a vécu tant d’étapes de sa longue carrière politique, Mme Marois était au nombre des 16 personnalités, 11 hommes et cinq femmes, ayant été décorées de l’Ordre de La Pléiade, un ordre de la Francophonie visant à récompenser ceux et celles qui se sont distingués en faisant rayonner la langue française.

Elle a reçu la plus haute distinction, soit le Grade de Grand Croix. L’ordre compte cinq grades.

Au cours d’un bref point de presse en marge de la cérémonie, Mme Marois a indiqué qu’elle préférait rester loin des feux de la rampe depuis la fin abrupte de sa carrière politique il y a bientôt un an, tout en demeurant active en prêtant son nom et sa notoriété à des causes qui lui tiennent à coeur, nommément l’égalité entre hommes et femmes et la promotion de l’égalité des chances pour tous, au Québec et à l’étranger.

« Je me retrouve comme un peu chez moi. C’est assez particulier comme impression. Il y a de l’émotion, mais c’est normal que je me retrouve ici : après 35 ans, c’est ma maison ! », a commenté Mme Marois, élue pour la première fois à l’Assemblée nationale en 1981.

Elle était accompagnée notamment de son mari, Claude Blanchet. Le couple s’envole jeudi pour des vacances à Paris.

« Je suis une femme qui regarde devant. Je ne suis pas une femme d’amertume », a déclaré l’ex-première ministre, chassée du pouvoir après un court règne de 18 mois.

Depuis, on l’a vue s’impliquer dans les cérémonies marquant le 25e anniversaire de la tragédie de Polytechnique.

Elle est aussi ambassadrice pour l’organisme international CECI (Centre d’étude et de coopération internationale), et vient en appui à un groupe de femmes entrepreneures du Burkina Faso.

Plusieurs autres personnalités liées au monde politique ont également été décorées de l’Ordre de la Pléiade : le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, les députés Carole Poirier et Sylvie Roy, qui ont oeuvre au sein de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, de même que deux anciens ministres, Bertrand St-Arnaud et Jacques Côté.

Les autres récipiendaires sont : le fondateur du Théâtre des Variétés, Gilles Latulippe (à titre posthume), l’astronome Pierre Chastenay, le physicien Pierre Demers, André Dorval, de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs, Bernard Dupriez, fondateur des cours autodidactes de français écrit (CAFÉ), l’historien Jacques Lacoursière, Germain Lafrenière, fondateur de TED sans frontières, Diane Lapierre, directrice de la troupe V’là l’bon vent, et l’auteur-compositeur Stéphane Venne.