Un Institut maritime France-Québec s’implantera à l’UQAR

Les premiers ministres québécois, Philippe Couillard, et français, Manuel Valls, signent le « relevé de décisions » publié à l’issue de la 18e « rencontre alternée », qui s’est tenue vendredi à Matignon.
Photo: Remy de la Mauvinière Associated Press Les premiers ministres québécois, Philippe Couillard, et français, Manuel Valls, signent le « relevé de décisions » publié à l’issue de la 18e « rencontre alternée », qui s’est tenue vendredi à Matignon.

La France et le Québec viennent de jeter les bases d’une nouvelle coopération autour de leurs stratégies maritimes en annonçant leur intention de créer un réseau de recherche binational sur les océans.

Cette annonce a été faite vendredi à Paris par les premiers ministres québécois et français, Philippe Couillard et Manuel Valls.

Cet « Institut France-Québec pour la recherche et l’innovation maritime » sera logé à l’Université du Québec à Rimouski. Son rôle, indique-t-on, sera de mobiliser les chercheurs français et québécois autour de tous les enjeux maritimes, qu’il s’agisse de gestion des ressources, d’environnement, d’innovation ou des questions économiques ou sociales (comme l’érosion du littoral).

Le projet figure dans le « relevé de décisions » publié à l’issue de la 18e « rencontre alternée » des premiers ministres français et québécois, qui s’est tenue vendredi à Matignon.

Le recteur de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), Jean-Pierre Ouellet, espère que l’institut pourra voir le jour dès le début de 2016, le temps que les deux gouvernements définissent sa mission, son fonctionnement et même ses sources de financement, pour un budget qui pourrait tourner autour de 2 millions de dollars sur trois ans.

La stratégie maritime a été un des sujets centraux du discours de Philippe Couillard pendant sa visite en France.

« J’ai redécouvert à quel point l’horizon maritime économique est important pour la France, tout comme il l’est pour nous. On a énormément de liens de coopération à tisser et de savoir-faire français à recueillir », a déclaré M. Couillard lors de sa conférence de presse conjointe, à Matignon, avec le premier ministre Valls.

Le ministre délégué aux Transports et à l’Implantation de la Stratégie maritime, Jean D’Amour, l’accompagnait. Il indique avoir profité de sa mission pour faire valoir le savoir-faire des chantiers maritimes de la Davie en matière de conversion des moteurs de navires au gaz naturel liquéfié (GNL).

Selon lui, cette conversion systématique, rendue nécessaire par les nouvelles normes françaises, pourrait assurer un niveau d’activité considérable. « Le carnet de commandes peut être illimité. J’ai senti un intérêt très clair. La technologie existe et on peut faire des affaires à brève échéance », a assuré le ministre.

Un rapprochement

Cette perspective illustre, selon Jean D’Amour, tout le potentiel de la coopération franco-québécoise pour les questions maritimes. « Ça ouvre un monde de possibilités intéressantes. On veut aller aussi loin que possible. On va pousser nos échanges. C’est ça, la stratégie maritime », a expliqué le ministre.

Cela amène déjà le Québec à se rapprocher de l’archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon, qui veut profiter de la profondeur de ses eaux pour se doter d’un grand port de transbordement de conteneurs.

« C’est un projet très intéressant pour nous, a souligné le ministre. Tout va reposer sur la logistique, sur la rapidité de circulation des biens et des marchandises. Il y a donc des occasions extraordinaires de développement d’infrastructures. »

« Il est évident que Saint-Pierre-et-Miquelon doit s’inscrire dans la stratégie française tout en étant en lien avec la stratégie québécoise, pour rayonner dans la région », juge pour sa part Annick Girardin, élue de l’archipel et secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie.

Ce rapprochement et la construction du « hub de transbordement » pourraient également se traduire par un développement des croisières, que le nouveau port sera en mesure de recevoir.

« On va pousser nos échanges en matière de croisières aussi, dit encore le ministre D’Amour. C’est une industrie de plus en plus florissante. Nous avons [au Québec] neuf escales. Pourquoi ne pas intégrer Saint-Pierre-et-Miquelon dans un circuit, pour qu’on travaille ensemble au développement touristique et à la promotion de notre culture et de nos produits ? »

1 commentaire
  • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 9 mars 2015 10 h 47

    Recherche binational France-Québec sur les océans


    Tout dernièrement au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, une centaine de postes, dont beaucoup de postes occupés par des scientifiques, ont été coupé parmi lesquels quantités de chercheurs qui travaillaient au rétablissement d’espèces menacés, faune aquatique inclus.

    Rien jusqu'ici ne laissait prévoir que le gouvernement Couillard pouvait s'intéresser, autrement que par la «rentabilité», aux problèmes que rencontrent les spécialistes du Saint-Laurent. On n’a qu’à penser au cafouillage du projet de port pétrolier situé en plein dans l’aire de reproduction des belugas à Cacouna. Il a fallu qu’un rapport produit par le «Comité sur la situation des espèces en péril» (Canada) fasse «état de déclins récents et de cas de mortalité inexpliquée chez de jeunes bélugas», pour faire reculer le gouvernement Couillard.

    Lui aurait-on fait comprendre près de lui, que la «rentabilité» d’un État passe aussi par la sauvegarde des océans?

    Il faut se réjouir, je crois, à ce que M. Couillard se montre maintenant sensible aux enjeux maritimes, qu’il s’agisse de gestion des ressources, d’environnement, d’innovation ou des questions économiques ou sociales, d’érosion du littéral et des dangers que représentent les contaminants (toxicologie marine) dont l’Université de Rimouski est un élément dynamique dans ce domaine.