Alexandre Cloutier veut fracasser le «plafond de verre»

À quelques jours de la Journée internationale des femmes, le candidat à la direction du Parti québécois Alexandre Cloutier a pris l’engagement de neutraliser les effets de l’austérité libérale sur les femmes s’il se voit confier les rênes du gouvernement du Québec.

« Je veux pérenniser les programmes d’égalité […] entre les hommes et les femmes, notamment en région », a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Montréal jeudi. Il était notamment accompagné de l’ex-ministre péquiste Louise Harel.

« S’il devient chef du Parti québécois, nous pourrons assurément offrir une véritable alternative aux effets catastrophiques de l’austérité pour les femmes et offrir une vision qui met véritablement les femmes au coeur du projet de société québécoise », a fait valoir la députée de Joliette, Véronique Hivon. Elle était aussi présente.

Le député de Lac-Saint-Jean entend aussi augmenter le nombre de femmes à l’Assemblée nationale, « pour fracasser ce fameux “ plafond de verre ” dont Mme Harel a parlé ».

Pour y arriver, M. Cloutier propose de bonifier de 15 % l’allocation versée par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) (actuellement 9 millions de dollars) aux partis politiques qui feront élire au moins 40 % de femmes. « Il s’agirait d’un incitatif de taille, compte tenu des budgets restreints avec lesquels doivent composer les partis politiques », a-t-il soutenu.

Les femmes ont toujours occupé moins du tiers des 125 sièges du Parlement. 34 femmes ont été élues en avril 2014, comparativement à 41 femmes — un record — en septembre 2012.

M. Cloutier s’engage à « tout mettre en oeuvre » afin qu’au moins 50 femmes briguent les suffrages sous la bannière du PQ en 2018. L’élu péquiste a également promis de militer en faveur d’un mode de scrutin proportionnel mixte.

À la tête du gouvernement, M. Cloutier ajouterait des cours d’éducation à la sexualité, à la santé et aux rapports égalitaires — calqués sur ceux déployés en Ontario — dans le cursus scolaire des élèves du primaire. « Il faut sensibiliser nos jeunes à la notion de consentement sexuel, au respect d’autrui, à l’homosexualité, aux transgenres, à la cyberintimidation, à l’hypersexualisation, au rapport à la pornographie, aux infections transmissibles sexuellement… », a-t-il énuméré.

Nouvel appui

La vice-présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ), Stéfanie Tougas, a profité du dévoilement de cette série de propositions en matière d’égalité entre les hommes et les femmes pour annoncer son appui à la candidature de M. Cloutier. L’ex-présidente de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM) emboîte ainsi le pas au président du CNJPQ, Léo Bureau-Blouin. Celui-ci avait affiché ses couleurs dans la controverse une semaine plus tôt.

5 commentaires
  • Gaston Bourdages - Inscrit 6 mars 2015 05 h 10

    Est-il réducteur d'utiliser l'expression...

    ...«il a de la gueule» pour qualifier la personnalité de monsieur Cloutier ? Apolitique, j'avoue aimer sa «gu....» Il arbore mine dégageant la confiance. Il est entouré de gens qui ont «beaucoup d'allure». Il ne «fait» pas «politicailleux». Avec lui, pour le moment, je participerais à une réalisation d'un projet de société.
    Mes respects monsieur Cloutier et meilleurs vouex de francs et nourrissants succès!
    Gaston Bourdages,
    Auteur.

  • Patrick Boulanger - Abonné 6 mars 2015 08 h 21

    " L’élu péquiste a également promis de militer en faveur d’un mode de scrutin proportionnel mixte. " (Le Devoir)

    Quelle bonne idée. Si M. Cloutier remporte l'investiture péquiste, cette idée-là va toutefois probablement être difficile à faire passer au PQ puisque le mode de scrutin actuel sert plutôt bien cette formation politique depuis plus de 30 ans. Quoi qu'il en soit, espérons que M. Cloutier est sincère lorsqu'il affirme cela!

  • Yvon Bureau - Abonné 6 mars 2015 09 h 22

    2 députés, un siège, un vote

    J'ai souvent rêvé, devant l'immense travail tant au Parlement que dans le comté, que chaque comté élisait un parti avec 2 députés, un homme et une femme.

    Seulement un siège seulement un vote.

    Utopie, bien sûr. Possible, aussi.

  • Gilles Gagné - Abonné 6 mars 2015 09 h 56

    Cette intention du candidat est la bienvenue en politique et je souhaite qu'elles seront nombreuses à dire "j'embarque" en regard de la compétence et de la détermination dont font la preuve les femmes.

  • Jean-François Bélanger - Inscrit 6 mars 2015 15 h 11

    Un Québec républicain ou monarchiste?

    Il va falloir s'intéresser à la constitution d'un Québec en tant que pays libre. Bien sur l'aspect identitaire des citoyens du nouveau pays aura beaucoup d'importance et cela ira bien au-delà de la charte des valeurs. Dans un pays ou l'égalité hommes-femmes serait acquise, gardera-t-on une discrimination positive telle que cette subvention au % de femmes qui se présenteraient pour un certain parti politique?
    Et la proportionnelle ne mène-t-elle pas à un fractionnement des représentants avec la difficulté d'une majorité claire et l'immobilisme parlementaire qui en découle? D'un autre coté, je ne crois pas que les Québécois voudront garder ce reliquat de traditions démodées qu'est la monarchie britannique. Alors, nous serons une république avec président et modèle américain ou français? Gouverner c'est choisir: tout dépend alors de l'horizon qu'on se donne. J'espère un beau débat entre Messieurs Cloutier et Péladeau sur ces questions d'intérêt national.