La course à la direction du PQ divise l’aile jeunesse

Des sympathisants de Bernard Drainville estiment être sous le coup de représailles pour avoir publiquement reproché au président du Comité national des jeunes du PQ (CNJPQ), Léo Bureau-Blouin, d’avoir affiché ses couleurs dans la course à la direction du Parti québécois.

Quelques dizaines de jeunes militants au PQ ont sourcillé en voyant M. Bureau-Blouin annoncer son «appui personnel» à Alexandre Cloutier à l’occasion d’une conférence de presse jeudi dernier. D’ailleurs, 150 d’entre eux ont exprimé leur mécontentement dans une lettre ouverte publiée sur le site Web du Devoir le lendemain. Le président régional jeune de l’Abitibi-Témiscamingue, Joël Morneau, se trouvait dans le lot de signataires.

Ainsi, plusieurs militants au PQ ne s’étonnaient pas de voir ce partisan de Bernard Drainville mis sur la sellette lundi.

M. Morneau a cherché à rallier les membres de l’aile jeunesse du PQ à un projet d’«alliance des jeunes francophones souverainistes» avec le Front national (FN), a révélé La Presse lundi, après avoir consulté les échanges de leaders du CNJPQ sur ce sujet sur le réseau social Facebook. Le porte-parole des jeunes péquistes de l’Estrie, Charles Picard-Duquette (un pro-Péladeau), appuyait la démarche de son confrère. Mais, Léo Bureau-Blouin a tué dans l’oeuf tout projet d’association avec le FN.

«Ce n’est pas des libéraux ou des caquistes qui ont sorti ça!», lance-t-on dans le camp PKP.

Il s’agissait d’une façon de forcer l’ex-ministre responsable de la charte de la laïcité Bernard Drainville de se défendre d’avoir des accointances avec le parti d’extrême droite française dirigée par Marine Le Pen. «Ils ont collé le Front national au PQ pour marquer des points contre Bernard Drainville. Au final, c’est le PQ qui subit les dommages», déplore-t-on dans le camp Drainville.

Joël Morneau «était bien “crinqué”» à trouver des appuis à l’initiative du FN, souligne une autre source au sein du PQ dans un entretien avec Le Devoir. «Il ne comprenait pas que les frontistes et les péquistes ne partagent pas le même combat. Ils ont une conception différente de la souveraineté», fait-elle remarquer.

7 commentaires
  • Cyr Guillaume - Inscrit 3 mars 2015 01 h 11

    C'est bien maladroit

    Je trouve cette tentative de rapprochement bien maladroite de la part de ce M.Morneau, le FN milite pour ''Une France aux Français'' et compte tenu des débats chauds et des débordements qu'ils ont en ce moment là-bas je les comprends...mais c'est un tout autre sujet.

    On peut ce qu'on veut de B.Drainville et du projet de charte, mais l'associer à cela, c'est vraiment complètement ridicule et démagogique en mon sens personnel.

    Pour ce qui est du reste, c'est bien normal qu'on se divise et qu'il y est des débats un peu plus houleux/intense et accrimonieux lors d'une course au PQ, surtout quand il s'agit non seulement de choisir le prochain chef du parti en question, mais de la prochaine vision indépendantiste du dit parti.

    Bonne journée à tous en ce début de printemps.

    G.Cyr

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 3 mars 2015 05 h 28

    … à sourciller !

    « Quelques dizaines de jeunes militants au PQ ont sourcillé en voyant » (Marco Bélair-Cirino, Le Devoir)

    En effet, il est comme important que cette jeunesse, dynamique, lucide ou militante, sourcille … pendant cette – et aussi toute - course à la chefferie, notamment depuis que « sa » présidence, ou son représentant ?, a annoncé et exercé, volontairement et personnellement, un appui-de-candidature ; un appui public déconcertant mais également essentiel à l’évolution démocratique dudit parti qui, dorénavant, sera invité à se doter d’outils susceptibles d’éliminer tout imbroglio en matière de représentativité d’office !

    Du même souffle, et du côté sympathisant-critique, cet appui, qui aurait pu se dérouler privément, a été qualifié de « dégueulasse » en ce sens qu’il, nonobstant le libre choix public ou privé d’affiliation de candidature de l’intimé, engage le parti à se positionner à toute une révolution idéo-structurelle tant du fonctionnement que du vivre-ensemble démocratiques et citoyens dudit parti ; une révolution inopportune …

    … à sourciller ! - 3 mars 2015 -

  • Gilles Gagné - Abonné 3 mars 2015 09 h 11

    C'est quoi le problème?

    On est au pq en pleine course à la chefferie et quoi de plus normal que chacun des membres prennent parti en fonction d'idées à laquelles ils ou elles adhèrent, c'est un premier consensus autour d'un candidat. Le prochain devra se faire autour d'un chef, en attendant qu'on permette les saines discussions, je ne connais pas d'autres moyens pour le pq d'évoluer.

    Laissez au plq ceux qui doivent fondre dans la pensée unique et le message, les Drapeau au pq ont droit de parole.

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 3 mars 2015 13 h 42

      Le problème..., "les saines discussions !"

      Quand les seules idées, qui émergent à l'occasion, militent en faveur du machiavélisme : "La fin justifieraient les moyens ?" - Il faut commencer à réfléchir sur le type de société dans laquelle je veux continuer à vivre.

  • Pierre Samuel - Abonné 3 mars 2015 10 h 43

    < C'est pas nous, c'est eux ! >

    La tradition se poursuit: péquistes jeunes ou vieux se transmettent, tel un flambeau éteint, l'art consommé depuis des lustres de se tirer dans le pied...

    Que l'un ose bouger différemment, un autre trouvera argutie pour s'y opposer.

    Le sempiternel questionnement de l'influence des queues de poissons sur l'ondulation des vagues...

    Et, c'est ainsi que depuis un demi-siècle de sursauts en plongées, le parti batifole sans boussole au gré de leurs conflits et rivalités internes, accentuées lors de leurs courses à la chefferie, et conséquemment incapables, par la suite, de faire cause commune vers leur présumé objectif de manière claire et précise pour tous.

    Evidemment, la majorité des Québécois, tels des béotiens, de générations en générations n'y ont encore < rien compris > et
    on se doit constamment de recommencer à zéro < leur éducation >
    sur les bienfaits de < l'indépendance-souveraineté-association >: appellation variant au gré des sondages et/ou circonstances favorables ou non...

    Pendant ce temps, le Québec de plus en plus < éclaté >, qu'on le veuille ou non, se transforme et se désintéresse de plus en plus de ces < militants irréductibles > dispersés en divers partis et factions où chacun défend bec et ongles son intransigeante spécificité au détriment d'une < Cause > de plus en plus évanescente...

    • Cyr Guillaume - Inscrit 4 mars 2015 01 h 00

      C'est quoi votre foutu problème? Prenez votre carte de membre, si les débats qu'on les péquistes à l'interne, vous asticotte tant que ça! Parce qu'on est péquiste, on n'a pas le droit de débattre dans une course qui se veut justement une course pour avoir le ou la prochain(e) chef(e)?!

    • Pierre Samuel - Abonné 4 mars 2015 10 h 54

      Cher Monsieur,

      C'est effectivement parce que je fus péquiste lors de sa fondation en 1968 et pendant des décennies que je suis en mesure de constater comme beaucoup d'autres que plus ça change, plus c'est pareil...

      Mon < foutu problème > comme vous dites est plutôt le leur, lorsqu'on touche au bobo là où ça fait mal, n'est-ce pas ?

      Salutations !