Nicolas Marceau appuie PKP

<p>Avec M. Péladeau à sa tête, le PQ réussira à <em>«vaincre les peurs»</em> sur la viabilité économique d’une République québécoise, selon Nicolas Marceau.</p>
Photo: Annik MH De Carufel, Archives Le Devoir

Avec M. Péladeau à sa tête, le PQ réussira à «vaincre les peurs» sur la viabilité économique d’une République québécoise, selon Nicolas Marceau.

Québec — L’ex-ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, a choisi son camp. Il a donné mercredi avant-midi un «appui enthousiaste» à Pierre Karl Péladeau.

À ses yeux, l’ex-p.d.-g. de Québecor constitue le «porteur [le] plus crédible, [le] plus vrai, [le] plus clair» du projet de pays du Québec parmi les cinq candidats à la direction du Parti québécois. «Pierre Karl incarne la prise en charge réussie de leur économie par les Québécois, probablement mieux que quiconque avant lui», a insisté M. Marceau à l’occasion lors d’un point de presse sur la colline parlementaire. «Je suis convaincu que le chemin que nous emprunterons avec lui nous mènera au pays du Québec», a-t-il ajouté.

Selon lui, la «réflexion» et l’«action» du PQ doivent dorénavant reposer sur «deux socles»: la souveraineté et l’économie, et ce, quitte à mettre au second plan le «discours identitaire». «Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas suffisamment fiers de leur langue, de leur culture ou de leur histoire que les Québécois ne se sont pas encore donné un pays. […] C’est plutôt la peur économique qui en a freiné et qui continue à en freiner plusieurs. Cette peur économique, construite par les fédéralistes sur des bases fallacieuses, est d’ailleurs leur arme de choix», a fait valoir le professeur de sciences économiques.

Avec M. Péladeau à sa tête, le PQ réussira à «vaincre les peurs» sur la viabilité économique d’une République québécoise, est-il persuadé.

D’ailleurs, M. Péladeau a confié à Nicolas Marceau la tâche de mener le «chantier économique» devant culminer avec l’indépendance du Québec, en jouant un «rôle majeur» dans l’Institut québécois de recherche appliquée sur l’indépendance, qu’il a promis. Ce groupe de réflexion se verra confier le mandat de passer au crible les «multiples dimensions» du projet de pays telle la souveraineté alimentaire, culturelle, fiscale, internationale et territoriale. «Il faut documenter, analyser, démontrer, informer et discuter, sans arrêt et sans relâche», a martelé M. Marceau.

Pierre Karl Péladeau, grand favori dans la course, a réussi à ce jour à rallier sept députés à sa candidature, c’est-à-dire Pascal Bérubé, Nicole Léger, Harold Lebel, Maka Kotto, Dave Turcotte, Claude Cousineau et Nicolas Marceau. «[Il y a] quatre ex-ministres», a fait remarquer M. Péladeau.

Le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, compte sur l’appui de cinq élus (Guy Leclerc, Alain Therrien, Sylvain Roy, Mathieu Traversy et Carole Poirier), tandis que le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, bénéficie de l’appui de trois élus (Gaétan Lelièvre, Véronique Hivon et François Gendron).

La députée de Vachon, Martine Ouellet, et le militant au Mouvement Action-Chômage  Pierre Céré ont tous deux échoué à attirer un député péquiste dans leur camp.

 

Référendum ou élection référendaire?

Pierre Karl Péladeau a refusé mercredi de balayer du revers de la main la possibilité de décréter l'indépendance du Québec sans avoir préalablement tenu un référendum. À la question «Écartez-vous l'idée de tenir une élection référendaire en 2018?», PKP a rétorqué: «Pas nécessairement». Ainsi, le pays du Québec naîtra après une victoire électorale du Parti québécois, mais «pas nécessairement» après un référendum? «Ce que je répète, c'est qu'en 2018, nous saurons à quoi nous allons en tenir», a-t-il répété aux journalistes. M. Péladeau avait indiqué il y a une dizaine de jours qu’«un geste aussi important [la création d’un pays], qui doit aussi requérir la légitimité de la communauté internationale, se fait par référendum». «Moi, mon sentiment, c’est que ça passe par un référendum», avait-il déclaré en marge du conseil national du PQ, au début du mois. «Habituellement, M. Péladeau ne change pas d’idée», a indiqué son attaché de presse, Marc-André De Blois.