De nombreux départs volontaires préoccupent le Vérificateur général

Michel Samson n’a pas « cerné de tendance générale » expliquant les 40démissions d’employés recensées en 2013-2014.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Michel Samson n’a pas « cerné de tendance générale » expliquant les 40démissions d’employés recensées en 2013-2014.

Le nombre de départs volontaires a bondi au Bureau du Vérificateur général du Québec. Près de deux fois plus de personnes ont quitté volontairement leur emploi en 2013-2014 comparativement à 2012-2013 (40 contre 22).

« L’année a été marquée par de nombreux départs. Il va sans dire que je suis préoccupé par ce résultat », souligne le vérificateur général par intérim, Michel Samson, dans le Rapport annuel de gestion 2013-2014.

Il partagera ses préoccupations au sujet du recrutement et de la rétention de professionnels au bureau du VG mercredi après-midi à la Commission de l’administration publique (CAP) de l’Assemblée nationale.

Face à un taux de maintien en poste en baisse (DE 92 % en 2012-2013 à 85 % en 2013-2014), le VG a amorcé une « réflexion » afin de trouver des moyens pour « maintenir l’expertise » dans l’organisme indépendant de vérification financière et de vérification de l’optimisation des ressources. « La crédibilité du vérificateur général repose en majeure partie sur l’expertise et le savoir-faire de ses employés : leur engagement est essentiel à la réalisation de sa mission », écrit-il.

M. Samson n’a pas « cerné de tendancegénérale » expliquant les 40démissions d’employés recensées en 2013-2014. À peine 12,5 % des démissionnaires ont pris leur retraite, précise-t-il.

Le VG connaît à n’en point douter des difficultés de recrutement et de rétention, faisant concurrence à la fois au secteur privé et au secteur public. La plupart des employés du VG sont « constamment en contact » avec des représentants de ministères et d’organismes publics, fait-il remarquer dans son rapport rendu public à l’automne 2014. « Le niveau salarial demeure un point délicat », y note M. Samson, qui assume l’intérim à la tête du Bureau du Vérificateur général depuis le 1er décembre 2011.

Malgré le resserrement de ses effectifs (256 employés au 31 mars 2014 contre 272 au 31 mars 2013), le VG a vu sa liste de tâches s’allonger. Depuis juin 2013, il a notamment les coudées franches afin d’effectuer des vérifications dans les sociétés d’État. D’ailleurs, il a déjà fait une patrouille de reconnaissance chez Loto-Québec, la Société des alcools du Québec (SAQ) et Hydro-Québec — où il a reçu un accueil glacial. « Imaginez l’ampleur du mandat de quelqu’un qui débarque chez Hydro-Québec puis qui décide : “ Moi, je vais faire une vérification d’optimisation des ressources  », a affirmé le député péquiste Nicolas Marceau. À l’heure actuelle, le VG est « étiré », « stretché », a dit l’ex-ministre des Finances. « Il ne peut pas tout faire. »

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, « espère » que le VG, mais également la Commission de l’administration publique disposent des ressources nécessaires afin de remplir adéquatement leur mission. « S’ils ne les ont pas, c’est leur devoir de nous le dire, à nous les élus », a-t-il déclaré.

Leitão tue dans l’oeuf l’idée de DPB à Québec

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, balaie du revers de la main la proposition du PQ et de la CAQ de créer un poste de directeur parlementaire du budget. « Je ne vois pas la nécessité », a-t-il affirmé mardi à la sortie du caucus des élus libéraux. M. Leitão s’obligera néanmoins à déposer un état des finances publiques, analysé par le Vérificateur général, avant les élections générales.


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