Cloutier et Hivon veulent assurer la victoire du camp du Oui

Le candidat à la direction du Parti québécois Alexandre Cloutier veut assurer la victoire du camp du « Oui » au cours des quatre années suivant l’élection d’un gouvernement majoritaire péquiste — et non seulement la tenue d’un référendum. Le mouvement indépendantiste n’a donc « pas de temps à perdre » avant d’organiser la mobilisation citoyenne nécessaire pour faire le pays du Québec, soutient la députée de Joliette, Véronique Hivon.

La démarche « archiclaire » mise de l’avant par M. Cloutier est « celle qui offre le plus de garanties » de succès, insiste-t-elle dans une entrevue avec Le Devoir. Le député de Lac-Saint-Jean propose notamment de démarrer le processus référendaire seulement lorsque le projet de pays du Québec bénéficiera de l’appui écrit d’au moins un million de personnes. « Le but, c’est de gagner », martèle de son côté Alexandre Cloutier. « Si je n’y croyais pas, je ferais autre chose de ma vie », ajoute-t-il du tac au tac. Le pays du Québec passe par l’union des forces indépendantistes, sont-ils persuadés. Pas dans cinq ans. Maintenant.

Ainsi, moins de 10 jours après avoir rallié le camp d’Alexandre Cloutier, Véronique Hivon tente déjà une première approche des forces indépendantistes situées hors de l’orbite du PQ. La responsable de l’« équipe de préparation de l’indépendance » du camp d’Alexandre Cloutier saisit au bond l’invitation du chef d’Option nationale, Sol Zanetti, à aller boire un café et, qui sait, amorcer avec lui la « refondation du mouvement indépendantiste ». « Il ne sera jamais trop tôt pour entreprendre la discussion », affirme-t-elle à l’autre bout du fil.

Selon elle, le PQ doit casser cette fâcheuse manie de ne se préoccuper des indépendantistes non péquistes qu’à l’aube de nouvelles élections générales. Fini le temps où le PQ faisait un « appel du pied » souhaitant le retour des « brebis égarées » militant à Québec solidaire, Option nationale ou ailleurs, fait valoir Mme Hivon. « On ne dit pas aux autres de venir vers nous. On veut aller vers eux. »

M. Zanetti s’était réjoui de l’entrée en scène de Véronique Hivon derrière M. Cloutier dans la campagne à la chefferie du PQ et de sa promesse de créer un « espace neutre de dialogue et de travail » réunissant les figures dominantes du mouvement indépendantiste. Il reprochait toutefois à l’équipe Cloutier de « s’enfarger » dans un registre d’un million de signatures plutôt que de foncer à toute vapeur vers un référendum sur l’indépendance du Québec dans un premier mandat. « Laissons derrière les parachutes et les sorties de secours : inscrivons notre audace et notre confiance dans le squelette même de notre démarche », écrivait-il dans une lettre ouverte il y a une semaine.

Véronique Hivon entend l’assurer que « l’objectif de l’approche mobilisatrice [privilégiée par M. Cloutier] n’est pas d’attendre les “ conditions gagnantes ”, mais au contraire, de mettre en place une garantie de mobilisation qui nous assurera de “ gagner ” un référendum dans un premier mandat ».

Comptant sur des « milliers de membres engagés et proactifs », Option nationale doit avoir voix au chapitre dans l’équipe de préparation de l’indépendance. « C’est primordial ! » dit Mme Hivon.

PKP et Drainville fustigent Couillard dans une lettre commune

Dans un geste inusité, les candidats à la direction du Parti québécois Pierre Karl Péladeau et Bernard Drainville signent une lettre commune dans laquelle ils rappellent à l’ordre le premier ministre Philippe Couillard.

Les deux hommes dénoncent d’une même voix une sortie médiatique du chef du gouvernement durant laquelle il a dépeint la course à la chefferie du PQ comme un « concours » consistant à trouver « le plus radical pour la séparation du Québec ». « Radicalisme. Le mot semble sortir plus aisément de sa bouche lorsque c’est pour attaquer ses adversaires que lorsqu’il s’agit de définir des problèmes sociaux auxquels toutes les démocraties occidentales sont confrontées », écrivent-ils.

Rejetant l’étiquette de « radicaux », M. Péladeau et M. Drainville soupçonnent en revanche le chef libéral d’être un « provincialiste radical », notamment puisqu’il semble « plus prompt à vouloir signer sans condition une Constitution qui nous a été imposée que de condamner le fait qu’elle nous ait été imposée ». « Ça a de quoi surprendre. […] N’est-ce pas lui qui a déclaré en campagne électorale nous détester ? N’est-ce pas lui qui a déclaré que le Québec devait cesser de vouloir être différent des autres provinces ? », s’interrogent-ils.

Les deux députés ont convenu jeudi après-midi de rapidement faire l’ébauche d’une lettre ouverte. Les autres prétendants à la succession de Pauline Marois — Martine Ouellet, Alexandre Cloutier et Pierre Céré — n’ont pas été mis dans le coup.