Les Français paieront trois fois plus cher pour étudier au Québec

Les étudiants québécois en France ne perdent rien au change avec le nouvel accord.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir Les étudiants québécois en France ne perdent rien au change avec le nouvel accord.

Les étudiants français inscrits au premier cycle universitaire au Québec paieront trois plus qu’auparavant en droits de scolarité, soit 6650 $ par an, tandis que les étudiants à la maîtrise et au doctorat continueront de payer les mêmes droits que les Québécois, soit 2300 $.

La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, et le ministre des Affaires étrangères et du Développement international de la France, Laurent Fabius, ont fait l’annonce qu’ils en étaient venus à un accord sur cette modification de l’entente de réciprocité intervenue en 1978.

Les étudiants québécois en France ne perdent rien au change puisqu’ils continueront à avoir accès gratuitement ou presque à l’université publique. Pour les grandes écoles privées dont les droits de scolarité sont souvent très élevés — jusqu’à 36 000 euros pour HEC Paris, a souligné Christine St-Pierre —, la France s’est engagée à déployer « une action incitative » afin que les étudiants québécois aient des conditions d’accès aussi favorables que les étudiants français.

L’État québécois retranche 30 millions des 120 millions que lui coûte l’accueil des étudiants français, a mentionné la ministre.

Calmer le jeu

Cette entente survient après que Philippe Couillard et le président François Hollande, lors de son passage en décembre, en eurent arrêté les grandes lignes et à trois semaines de la visite alternée du premier ministre québécois en France. Elle vient calmer le jeu puisque la volonté unilatérale du gouvernement du Québec de dénoncer cet accord international n’avait pas manqué de froisser la France.

Les étudiants français au Québec au premier cycle paient les mêmes droits que les étudiants canadiens au Québec, une moyenne des frais de scolarité en vigueur dans le reste du Canada. Ceux qui poursuivent déjà leurs études continueront de payer les droits de 2300 $ par an. Douze mille étudiants français fréquentent les universités québécoises, dont 4000 aux deuxième et troisième cycles.

« L’attractivité du Québec pour les étudiants français demeure élevée », a soutenu Christine St-Pierre, qui croit que leur nombre ne fléchira pas. L’Université McGill, qui compte plus de 1500 étudiants québécois, a indiqué au Devoir que 30 % des droits de scolarité seront versés aux étudiants sous forme de bourses.

L’accueil de ces étudiants encourage de façon sensible l’immigration française au Québec. Ainsi, en 2013, 856 d’entre eux ont demandé leur certificat de sélection pour émigrer, soit deux fois plus qu’il y a deux ans.

9 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 13 février 2015 05 h 15

    Et dire...

    Et dire qu'un nombre notable de Français croient que s'ils vivent avec nous au Québec, ils le doivent aux Canadiens et au partisant du Canada tel que Monsieur Couillard !
    S'il n'y avait pas eu une lutte constante de plus de trente ans des indépendantistes québécois contre Ottawa et ses politiques pro-anglicisantes, jamais le Québec et les ressortissants de France qui y vivent ne pourraient s'enrichir mutuellement comme ils le font aujourd'hui.
    Il me semble qu'il faudrait peut-être le dire ouvertement aujourd'hui ?
    Et plus que jamqis, là-dessus, Vive le Québec libre !

  • mariette Pauzé - Inscrite 13 février 2015 09 h 36

    Prix pour les étudiants québécois

    Si les propositions de m. Charest à l'époque sur l'écolage des étudiants québécois aurait été accepter avec les allègements qu'ils proposait pour les familles moins fortunées, il devraient moins couper dans les budgets de l'Université.
    Tout le monde paie des services rien n'est gratuit et plus il y a de services plus on paie...
    Ces étudiants qui veulent remettre ça contre l'autérité mais qui arriverait à leur donner le sens des réalités...

  • Marc Bouchard-Marquis - Inscrit 13 février 2015 10 h 11

    Effet liberal...

    L'art de se tirer dans le pied.

  • Dominique Duhamel - Inscrite 13 février 2015 10 h 35

    Économies ou anglicisation déguisée?

    D'un côté, nous avons Julie Snyder qui est récompensée par la France pour avoir contribué à maintenir un pont entre Français et Québécois. De l'autre, nous retrouvons Philippe Couillard qui dynamite ce pont en faisant en sorte qu'il y ait moins d'étudiants Français au Québec.

    Rappelons que Philippe Couillard n'avait as jugé bon se rendre à Paris à la suite des attentats qui ont coûté la vie à 17 personnes.

  • Jacques Gagnon - Inscrit 13 février 2015 11 h 25

    Elle a la foi

    « L’attractivité du Québec pour les étudiants français demeure élevée », a soutenu Christine St-Pierre, qui croit que leur nombre ne fléchira pas.

    Prions le Sacré-Coeur pour qu'elle ait raison, mais pour un budget personnel, la prière ne suffira pas.

    Un autre soupçon de pingrerie pour mettre en péril ce qui rapporte beaucoup plus. Il y a semble-t-il environ 800 étudiants français juste à l'université du Québec à Chicoutimi, d'autres au cegep. Ces gens laissent de l'argent, rapportent en France de l'intérêt pour le Québec, apportent du sang neuf, rien que du positif.