Couillard est ravi du retour de la question référendaire

Le premier ministre Philippe Couillard a accueilli jeudi comme un cadeau du ciel la plateforme électorale du candidat à la direction du Parti québécois Pierre Karl Péladeau.

Le député de Saint-Jérôme y écrit « souhait[er] obtenir le mandat de réaliser concrètement l’indépendance du Québec » lors des prochaines élections générales, en 2018. « Je ne pouvais pas le croire quand j’ai vu cela », a confié M. Couillard à l’entrée du caucus libéral jeudi.

Le chef du gouvernement s’est dit ravi de voir les candidats à la succession de Pauline Marois imposer l’enjeu clé du prochain scrutin : la « séparation » du Québec. « La question, c’est “ référendum, souveraineté, séparation ”. Ça va être ça. […] Alors, formidable ! » s’est-il exclamé avant d’esquisser un large sourire. « Écoutez, je n’en espérais pas tant », a-t-il ajouté.

Dans une forme dangereuse, M. Couillard s’est avéré incapable de dissimuler son enthousiasme à la période de questions. Pris à partie sur son programme d’« austérité », il a accusé les péquistes d’être « à l’origine de la plus grande menace pour le développement économique du Québec [avec] leur enjeu référendaire complètement invivable ».

« Vous les aimez vos Rocheuses ! », a rétorqué le député de Rousseau, Nicolas Marceau, la voix étouffée par les applaudissements des libéraux. De son côté, Pierre Karl Péladeau n’a pas précisé le fond de sa pensée sur la nature du scrutin de 2018. S’agira-t-il d’une élection référendaire comme le prétend M. Couillard ? « Nous allons être prêts en 2018 », s’est-il contenté de dire. Il avait pourtant qualifié, il y a quelques jours, d’incontournable la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec.

Des candidats répliquent

La course à la chefferie du PQ a pris les allures d’un « concours » consistant à trouver « le plus radical pour la séparation du Québec », a fait valoir M. Couillard.

Les candidats à la chefferie du PQ Bernard Drainville et Alexandre Cloutier ont tour à tour rejeté cette étiquette. « Je le trouve culotté, notre premier ministre », a affirmé M. Drainville, disant avoir l’impression d’entendre « un chasseur de sorcières ». « La souveraineté du Canada, c’est correct, mais la souveraineté du Québec, ce serait du radicalisme ? » Le choc des idées, parfois floues, parfois contradictoires, dans la course à la succession de Pauline Marois profite à M. Couillard, observe-t-il. « Évidemment, ça sert ses intérêts politiques. Il ne souhaite pas parler d’austérité. »

« Le seul lien [à faire] avec le radicalisme, ce sont les mesures d’austérité du gouvernement libéral », a dit M. Cloutier, précisant du même souffle que « la course à la chefferie du Parti québécois appartient aux membres, aux militants et à tous ceux qui veulent se joindre [au parti] ». Pas à M. Couillard.


 
39 commentaires
  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 13 février 2015 01 h 20

    Un petit air de "Déjà-vu"...

    Comme il est irrévérentieux notre premier ministre, le coquin, il se fiche ouvertement de la gueule des péquistes! Mais je ne vendrais pas la peau de l'Ours avant de l'avoir tué si j'étais Couillard, je ne suis certainement pas la seule à être vigoureusement déçue de ceux que j'ai aidé à porter au pinacle. Les électeurs de Couillard en 2014 n'étaient en général pas des clients "fidèles", mais des indécis qui ont comme moi trouvé la cassette que serinait au débat Pauline Marois pitoyable.

    Je le trouve un peu baveux notre "austère" Rhétoricien, j'ai pour ma part l'impression que ça va donner du vent dans les voiles au PQ d'assumer fièrement son ambition imminente de former pays, c'est la finalité du parti après tout, en repoussant toujours à plus tard leur raison d'être, le PQ se discrédibilise aux yeux des plus hésitants.

    Rira bien qui rira le dernier, la plèbe frustrée du traitement Élitiste des libéraux pourrait aussi bien se saisir d'une furie et se décider pour un réel Changement. Si PKP rassemble tout le peuple québécois, tout est encore possible...

    Mais ne trouvez vous pas qu'il y a comme un air de "Déjà-vu", dans tout cela? Nous savons déjà de quoi aura l'air la prochaine campagne:" Non, non, nous vous protégerons", "Oui, oui, nous vous libérerons" et les deux vieux même partis un élitiste et l'autre indépendantiste s'étant tous deux allègrement graissé dans le suif de nos entrepreneurs, s'affrontent publiquement en s'accusant mutuellement d'être des Calamités pour la Nation dans cette danse qui piétine, sans jamais évoluer.

    C'est grisant le regain d'optimisme au PQ, mais je serais davantage mûre pour qu'on arrive ici avec des "Idées Nouvelles", issues d'un nouveau parti sorti de je ne sais où, Solide, et davantage concentré à lutter contre les injustices sociales et le rayonnement de notre culture ainsi que de notre économie au Québec, sans perdre toutes ses énergies dans un éreintant et monopolisant Divorce avec notre Mère-Patrie.

    • Denis Marseille - Inscrit 13 février 2015 16 h 30

      «C'est grisant le regain d'optimisme au PQ, mais je serais davantage mûre pour qu'on arrive ici avec des "Idées Nouvelles", issues d'un nouveau parti sorti de je ne sais où, Solide, et davantage concentré à lutter contre les injustices sociales et le rayonnement de notre culture ainsi que de notre économie au Québec, sans perdre toutes ses énergies dans un éreintant et monopolisant Divorce avec notre Mère-Patrie.»

      J'approuve entièrement vos propos. Et ma foi, vous me donnez le goût de m'impliquer. Peut-être qu'à deux nous pourrions en convaincre quatre et ainsi de suite. Mais cela demande beaucoup de travail et de temps. Le travail m'a jamais fait peur et du temps, nous en avons.

      Qu'en dites-vous?

  • Nephtali Hakizimana - Inscrit 13 février 2015 02 h 23

    Tant mieux pour les fédéralistes!

    Qu'ils se réjouissent, mais aussi qu'ils cessent de dire du mal des autres. Les indépendantistes ont également droit à leur opinion, n'est-ce pas?
    A quoi sert cette arrogance mal placée? Qui ne sait pas que le Parti québécois est indépendantiste? Ferait-il de la projection, notre Premier ministre? Serait-il plus radical lui-même qu'il ne le croit? A lui d'y voir!

  • Michel Sénécal - Inscrit 13 février 2015 02 h 56

    PKP: un gagnant!

    Couillard a bien raison de se réjouir.

    On l'a vu lors de la derniere élection; la simple mention d'un réféfendum
    a fait basculer l'électorat... du bon bord: du côté des Libéraux.

    Merci PKP pour bien faire avancer la cause.
    On voit tout de suite que c'est un gagnant.

    • Luc Archambault - Abonné 13 février 2015 16 h 54

      Seulement ± 29% des électeur,trices inscrit,es a voté pour le PLQ le 7 avril 2014... on est loin du 50% + 1 pour le OUI au Canada...

      Le gouvernement est minoritaire en voix, il n'est majoritaire en siège qu'en vertu d'un système électoral radicalement anti-démocratique... qui fait paraître une minorité pour une majorité, un leurre, une caricature, partie d'Actes constituants de l'État du Royaume de la Couronne canado-britannique radicalement illégitime puisque jamais soumis à référendum, jamais soumis à la rigeur de la loi dite de la Clarté et n'ayant donc jamais obtenu le clair OUI référendaire des Québécois,es.

    • Mike Mike - Inscrit 13 février 2015 20 h 24

      Parfaitement d'accord :)

  • Marcel Bernier - Inscrit 13 février 2015 03 h 18

    On y est!

    D'abord et avant tout, l'indépendance est un tout: on ne peut la vouloir à moitié. Ainsi donc, la réthorique libérale tombe à plat! Il ne peut être question de radicalisme en ce sens. Qui plus est, l'indépendance constitue un voie pour exprimer la volonté générale d'assumer l'ensemble des responsabilités dévolues à un peuple prêt à assumer son destin.
    Nous avons, d'une part, le discours du colonisé à la solde d'une oligarchie de gens d'affaires, de financiers menée par la famille Desmarais, qui se prennent pour les Médicis de l'ère moderne et, d'autre part, un homme indépendant de fortune et d'esprit, qui possède un trait de caractère indispensable pour mener les forces vives du Québec à bon port, soit l'aptitude à diriger, qualité première d'un vrai chef.

  • Cyr Guillaume - Inscrit 13 février 2015 03 h 52

    Encore la peur de la référendaire aigue

    Toujours et encore la peur, pour véhiculer le vide argumentaire des fédéralistes.

    • Michel Sénécal - Inscrit 13 février 2015 20 h 11

      On ne change pas une recette gagnante.