Pierre Karl Péladeau, l’indomptable

Plusieurs lui reprochent son manque de contenu. Qu’à cela ne tienne, PKP veut d’abord parler d’indépendance, sans s’enfermer dans un calendrier référendaire.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Plusieurs lui reprochent son manque de contenu. Qu’à cela ne tienne, PKP veut d’abord parler d’indépendance, sans s’enfermer dans un calendrier référendaire.

Pierre Karl Péladeau se définit comme le candidat de l’indépendance, sans ambiguïté, tout simplement, pas besoin d’en rajouter, ou si peu.

« J’ai tendance à penser que les gens souhaitent que ce soit simple », livre Pierre Karl Péladeau en entrevue au Devoir. « Je suis le partisan, sans ambiguïté, de l’indépendance. »

Son père, Pierre Péladeau, avait une devise : KISS pour « Keep it simple stupid » ! Son fils s’en inspire : il présentera aux militants quelque chose de simple. « Pourquoi pas ?, dit-il. Je pense qu’il ne faut pas chercher de midi à 14 h. »

Quel est le candidat le plus apte à réaliser l’indépendance ? « C’est ça, la question » à laquelle les militants péquistes doivent répondre en choisissant leur prochain chef, avance le meneur dans cette course.

« Je me suis engagé en politique au Parti québécois pour faire du Québec un pays. Il y en a qui n’aiment pas ça [qui pensent] qu’il faut qu’il y ait autre chose autour de ça, j’en conviens », souligne-t-il.

Dans la tournée qu’il a amorcée de diverses régions du Québec, Pierre Karl Péladeau a ressenti « une effervescence, une espèce de renaissance, la volonté et la nécessité de parler de l’indépendance ».

Le prochain chef doit consacrer les trois années et demie qui le séparent de l’élection à « démontrer les avantages et les bénéfices de l’indépendance », soumet-il. Il promet de faire « un exercice détaillé, un peu à l’image de ce que les Catalans ont fait ».Démontrer que le Québec s’enrichira, que les Québécois personnellement s’enrichiront.

Pierre Karl Péladeau ne veut pas s’enferrer dans un calendrier référendaire. Proposer de tenir un référendum coûte que coûte dans un premier mandat, comme le propose Martine Ouellet, n’est pas sa tasse de thé. « Ça m’apparaît irréaliste de donner une réponse péremptoire à ce qui va produire dans trois ans et demi », dit-il, affirmant que sa position à ce sujet ressemble à celle de Jean-François Lisée. « C’est prématuré de prendre une décision aujourd’hui. » Les débats sur le référendum, « ça ridiculise l’importance de l’indépendance », à son avis.

Livre blanc sur la souveraineté, comme le proposait Pauline Marois, ou assemblée constituante, ce n’est pas non plus sa tasse de thé. « Ce n’est pas quelque chose qui va retenir l’attention de la grande majorité des Québécois », estime-t-il.

Pierre Karl Péladeau n’est pas un candidat qui multipliera les prises de position précises sur divers enjeux de société. « Je n’ai pas réponse à tout, se défend-il. Ce n’est pas moi le spécialiste. » Ce qu’il propose, c’est une vision, et on y revient : « Moi, ma vision, c’est l’indépendance. »

« Probablement qu’on va continuer de dire que je n’ai pas de contenu, que je réponds des généralités », se résigne-t-il. Mais les critiques n’y changeront pas grand-chose. « Des critiques, j’en ai eu dans ma vie [pendant] de nombreuses années. Alors ça ne m’atteint pas énormément. » Pierre Karl Péladeau en fera à sa tête, comme toujours.