602$ de moins par année pour les retraités de l’État

La FTQ a déjà appelé à la mobilisation de ses membres en novembre pour dénoncer les mesures d'austérité du gouvernement libéral.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La FTQ a déjà appelé à la mobilisation de ses membres en novembre pour dénoncer les mesures d'austérité du gouvernement libéral.

Les 540 000 employés de l’État perdraient en moyenne 602 $ par année en revenus de retraite avec une des mesures proposées par le gouvernement Couillard, selon les calculs du front commun syndical.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, compte désormais calculer les revenus de retraite des employés de l’État en fonction de leurs revenus gagnés sur huit ans plutôt que sur cinq ans, comme c’est le cas actuellement. Conséquence : au moment de sa retraite, un syndiqué qui gagne 48 000 $ par année (salaire moyen des fonctionnaires en excluant les cadres, les médecins et les policiers, notamment) toucherait 602 $ de moins annuellement qu’avec le régime actuel, indiquent des données compilées par des actuaires syndicaux.

Un employé qui gagne 40 000 $ perdrait 502 $, tandis qu’un salaire annuel de 70 000 $ entraînerait une perte de 879 $ au moment de la retraite, selon les chiffres syndicaux.

Le front commun syndical promet un printemps de perturbations si le gouvernement Couillard reste sur ses positions dans les négociations qui s’amorcent avec les 540 000 employés des secteurs public et parapublic. Une quarantaine d’organisations membres du collectif Refusons l’austérité doivent se rencontrer à Québec la semaine prochaine pour peaufiner un plan d’action visant à dénoncer l’ensemble des réformes du gouvernement libéral.

Grogne dans les rangs syndicaux

Après tout juste trois séances de négociations entre les représentants du gouvernement et des syndicats, les employés de l’État sont déjà impatients de parvenir à une entente, ont indiqué les chefs du front commun syndical en entrevue éditoriale au Devoir, vendredi.

« Je sens plus de grogne de mes membres, plus rapidement que dans les autres négociations. Ça ne sera pas facile. S’il faut qu’il y ait un printemps perturbant, il y en aura un », a dit Lucie Martineau, présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ).

« La négociation ne se passera pas paisiblement » sans concessions importantes du gouvernement, a affirmé de son côté Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ). Francine Lévesque, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), a dit constater la même impatience chez ses membres.

Les grandes centrales syndicales, les associations étudiantes et les groupes sociaux comptent faire sentir leur opposition aux réformes du gouvernement Couillard tout au long du printemps. Ils entendent tout mettre en oeuvre pour faire revivre un « printemps érable » au Québec, comme il y a trois ans. Les négociations en vue de renouveler le contrat de travail des 540 000 employés de l’État seront au coeur du mouvement de contestation, promettent les syndicats.

Un gouffre sépare les deux parties : le gouvernement offre deux années de gel salarial suivies de trois hausses de 1 %, tandis que les syndicats réclament 13,5 % sur trois ans. Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, propose aussi de resserrer les conditions de retraite : l’âge de la retraite passerait de 60 à 62 ans, et le calcul des rentes se ferait à partir de huit années de service et non cinq, comme c’est le cas actuellement, ce qui réduirait les prestations.

Contrairement à la perception populaire, les employés de l’État ne sont pas des « gras dur », insistent les chefs syndicaux. La prestation de retraite moyenne des syndiqués — dont 52 % sont à temps partiel ou n’ont pas la sécurité d’emploi — est de 18 000 $ par année, selon le front commun.

Quant à la hausse salariale réclamée, elle vise principalement à combler l’écart de 7,6 % avec les employés du secteur privé et à maintenir le pouvoir d’achat des syndiqués, font valoir les chefs syndicaux.