L’ex-ministre Léonard chargé de dégager un consensus

Les candidats se sont affrontés une fois dans un auditorium de l’Université de Montréal. Pierre Karl Péladeau avait participé par vidéoconférence.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les candidats se sont affrontés une fois dans un auditorium de l’Université de Montréal. Pierre Karl Péladeau avait participé par vidéoconférence.

Un, deux, trois, quatre, cinq ou six. L’ancien ministre Jacques Léonard déterminera avec les cinq candidats à la direction du Parti québécois le nombre de débats officiels organisés d’ici la mi-mai.

Le président d’élection cherchera ardemment jeudi après-midi à dégager un « consensus » au sein des cinq prétendants à la succession de Pauline Marois sur cette question épineuse. Il leur soumettra une proposition afin de jeter les bases d’une discussion. Il prendra note de leurs commentaires. Et il tranchera. « La décision ralliera une majorité de candidats », a assuré un proche de M. Léonard dans un entretien avec Le Devoir.

Jacques Léonard veut clore le « débat sur les débats » à l’avant-veille du conseil national et de la Conférence nationale des présidentes et des présidents (CNPP) du PQ, samedi et dimanche, à Laval.

Le favori des sondages, Pierre Karl Péladeau, est le seul candidat à ne pas appeler publiquement la tenue de cinq joutes oratoires ou plus. « Le parti sait ce qu’il a à faire », a-t-il dit.

La tenue de cinq débats — comme le demandent Pierre Céré, Alexandre Cloutier, Bernard Drainville et Martine Ouellet — pourrait s’avérer trop coûteuse, a fait valoir l’état-major du PQ au cours des derniers mois.

En octobre 2014, les délégués ont alloué un montant de 850 000 $ à la course à la chefferie du PQ. Ils pourraient très bien revoir à la hausse ce montant ce week-end, ce qui enverrait un message on ne peut plus clair à M. Léonard, explique-t-on au Devoir.

Les finances du PQ sont « bonnes », a indiqué le président du conseil exécutif national du PQ, Raymond Archambault, à sa sortie du caucus péquiste mercredi après-midi. Il a toutefois refusé de dire si elles sont suffisamment « bonnes » pour organiser cinq ou six débats. « C’est monsieur Léonard qui va décider ça. […] Monsieur Léonard a une enveloppe. Il peut travailler à l’intérieur de son enveloppe », a-t-il affirmé au Devoir, flanqué du directeur des finances, Pierre Séguin. « J’entends le bruit de fond. Tout ce que je fais avec, ça me regarde », a-t-il ajouté.

« Il y a moyen d’organiser un minimum de cinq débats à un coût très très très raisonnable. […] Ça prend une salle avec des chaises, cinq microphones », a répété le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, mercredi. L’idée de voir le PQ organiser deux ou trois débats lui apparaît « inconcevable », d’autant plus que le Parti libéral du Québec en a tenu cinq dans sa dernière campagne à la chefferie. Même chose pour Pierre Céré, Alexandre Cloutier et Martine Ouellet. « J’espère que le message est clair pour M. Léonard », a dit Mme Ouellet, insistant sur la nécessité de tenir suffisamment de débats afin de « réoxygéner » le PQ.

Ils permettent notamment de « tester » les candidats, leurs « idées » et leur « capacité de les exprimer avec clarté », a soutenu M. Drainville. « Le leadership, c’est d’avoir été testé, d’avoir montré qu’on est capable de passer au travers des tempêtes, de montrer qu’à travers l’adversité, on est capable de rallier une majorité, et je l’ai fait », a poursuivi l’ex-ministre responsable de la charte de la laïcité.

PKP en «contrôle»

Le candidat Pierre Karl Péladeau a par ailleurs affirmé mercredi avoir toujours le « contrôle » sur le géant des médias Québecor, et ce, près de 10 mois après avoir été élu à l’Assemblée nationale. « Oui, j’ai le contrôle », a-t-il laissé tomber à l’entrée du caucus péquiste mercredi avant-midi après avoir expliqué qu’il lui appartient, à titre d’actionnaire de contrôle, de « nommer les administrateurs pour la composition de 75 % du conseil [d’administration] ». Le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a mis en doute la parole de l’élu péquiste. « Entre mars et aujourd’hui, sa version n’est pas la même », a-t-il lancé. M. Péladeau ne « contrôle [pas] le dernier des employés », a-t-il fait valoir.

Hivon appuierait Cloutier

Le candidat à la direction du Parti québécois Alexandre Cloutier obtiendra un appui de taille. Après mûres réflexions, l’ex-ministre Véronique Hivon se ralliera vraisemblablement à sa candidature, selon des informations obtenues par Le Devoir. Elle emboîtera ainsi le pas au député de Gaspé, Gaétan Lelièvre.
1 commentaire
  • Catherine-Andrée Bouchard - Inscrite 6 février 2015 01 h 30

    Je ne sais si PKP a eu mal lorsqu'il a chuté du ciel...

    Je comprends que PKP ne s'est pas particulièrement exprimé en la faveur de cinq débats au sein du parti, il est le seul qui a beaucoup à perdre.
    Les quatre autres candidats ont des idées, de l'expérience et une position précise et déterminée qu'ils défendent.

    Excusez-moi d'encore sembler penser en savoir un poil plus long que le diable, mais je crois que ce qui a poussé PKP en politique est un brin de mégalomanie. Il adore être le québécois de souche le plus Puissant du Québec et, avide, il ne se contente plus de son Empire omniprésent, et, voyant notre TRÈS CHÈRE province comme une grosse compagnie, ERREUR, il s'est fort probablement dit que l'entrepreneur qui est parvenu a conserver une fortune astronomique en gouvernant un quasi monopole de l'info et du divertissement, serait aussi l'homme le plus compétent pour diriger cette grosse entreprise; et ne tolérerant d'aucune manière un autre patron au-dessus de sa tête, le voilà aujourd'hui fou nationaliste.
    Dans sa bulle de magnat intouchable, il croit fermement que le québécois moyen votera pour son Suzerain et qu'il n'a pas à s'inquiéter du contenu de son projet politique, car sans avoir à composer d'arguments édifiants, son statut hégémonique le fera entrer comme une balle.

    À voir ce qu'il a avancé comme idées et comme ébauches de plan d'avenir pour le PQ très affaibli jusqu'à présent, je ne crois pas qu'il soit gagnant dans un débat l'opposant à des émules ayant des ambitions réfléchies. Je crois même qu'il a intérêt à prendre la parole le moins possible, ses études en philosophie n'ayant manifestement pas donné un franc succès. Je doute qu'il soit fameux débatteur, il a la routine de se faire obéir et toujours avoir le dernier mot.

    Il sera tout de même chef, mais ce ne sera certainement pas grâce aux débats qui sont un peu trop superficiels au Québec. Les gens en profitent pour s'imprégner d'impressions, mais ils écoutent très malheureusement trop souvent d'une très paresseuse oreille.