Poëti songe à un train aérien pour prolonger la ligne bleue

Après avoir évoqué le prolongement de la ligne bleue avec un métro de surface plutôt qu’en souterrain, le ministre québécois des Transports, Robert Poëti, songe maintenant à un train aérien jusqu’à Anjou.

Lors d’un point de presse mercredi matin, le ministre Poëti a indiqué avoir donné un mandat à l’Agence métropolitaine de transport (AMT) afin qu’elle examine des options moins coûteuses qu’un métro souterrain pour le prolongement de la ligne bleue. « Si on est capables d’économiser avec un transport de qualité qui serait en surface parce qu’il ne sera pas souterrain, je ne pense pas que c’est la fin du monde », a-t-il dit.

Pour la première fois, le ministre a évoqué la possibilité d’un train aérien. « En surface, ça ne veut pas dire collé à terre. Est-ce qu’en surface, on peut être à 12 pieds dans les airs ? À 18 pieds ? À 20 pieds ? On est toujours en surface et on saute des intersections », a-t-il expliqué.Selon lui, un autre tracé que celui de la rue Jean-Talon pourrait être examiné.

Si les coûts s’avéraient moins élevés, le ministre croit que Québec pourrait envisager de développer un réseau de surface sur plusieurs artères comme le boulevard Pie-IX, où pour l’instant, un service rapide par bus (SRB) est prévu, et la rue Notre-Dame.

Le maire d’Anjou fulmine

L’idée d’un train de surface évoqué par le maire Denis Coderre il y a deux semaines avait déjà fait bondir le maire d’Anjou, Luis Miranda. La nouvelle suggestion du ministre d’un train aérien lui fait dire que Québec relègue le dossier aux calendes grecques. « Je ne sais pas d’où sort cette idée. Je pense qu’ils sont tout simplement en train d’acheter du temps », a-t-il indiqué lors d’un entretien téléphonique. M. Miranda a rappelé qu’en juillet 2014, il avait participé à une rencontre avec des représentants de l’AMT et de l’administration Coderre pour faire le point sur le dossier de la ligne bleue et sur les études réalisées. Il était alors question de lancer les appels d’offres en 2017 pour un métro souterrain qui serait mis en service en 2020.

Le maire d’Anjou craint que le prolongement de la ligne bleue soit sacrifié au profit du projet de SLR sur le pont Champlain et du Train de l’Ouest : « Le maire Coderre a abandonné les gens de l’Est. Il a beau dire, on parle d’un report d’au-delà de 10 ans. »

Selon lui, un train de surface ou aérien est « totalement irréaliste » et nécessiterait des expropriations fort coûteuses. Cette option imposerait également aux passagers un transfert supplémentaire d’un mode de transport à l’autre. « Il a été démontré qu’avec plus de deux transferts, on perd des utilisateurs », a rappelé M. Miranda.

L’AMT confirme avoir reçu du ministre Poëti une demande pour qu’une étude préliminaire d’achalandage comparant les deux modes de desserte, en souterrain et en surface, soit envisagée. « Le ministre nous demande cependant avant toute chose d’évaluer l’impact de cette étude sur le budget du Bureau de projet ainsi que sur l’échéancier de réalisation du dossier d’opportunité », a précisé Fanie St-Pierre, porte-parole de l’AMT. L’agence de transport entend transmettre ces informations au ministre « dans quelques semaines ».

Si on est capables d’économiser avec un transport de qualité qui serait en surface parce qu’il ne sera pas souterrain, je ne pense pas que c’est la fin du monde

1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 5 février 2015 10 h 37

    Comme par hasard

    Un train aérien ? Comme le Skytrain de Vancouver, signé Bombardier ?

    Il y a quelques jours à Radio-Canada, on mettait à jour quelques irrégularités dans les nombreuses études consacrées aux transports en commun. Les chiffres auraient été manipulés pour faire en sorte qu'une technologie s'impose sur les autres et comme par hasard, la technologie du train aérien de Bombardier devenait LA solution.

    Il ne faut pas avaler sans mastiquer tout ce qu'on nous sert à Radio-Canada. N'empêche qu'encore une fois, on se retrouve, comme par hasard, avec un ministre qui nous annonce une nouvelle série d'étude – ou de modification d'études déjà en marche – avec un taux de probabilité élevé que le train aérien de Bombardier soit, encore une fois, LA solution.

    Ou sinon, c'est peut-être le maire d'Anjou qui a raison : ces tergiversations sur la prolongement de la ligne bleue sont probablement une façon d'acheter du temps.