Aide sociale: 40 centres de désintoxication menacés de fermeture

Une quarantaine de centres de désintoxication pourraient devoir fermer leurs portes en raison des nouvelles coupes à l’aide sociale, plaide leur regroupement.

« Tout est fait pour que le budget soit le plus réduit possible, mais on ne sera pas capables d’arriver », plaide le directeur de l’Association québécoise des centres d’intervention en dépendance (AQCID), Vincent Marcoux.

Actuellement, les prestataires de l’aide sociale qui souhaitent suivre une cure reçoivent environ 50 $ par jour du gouvernement. Ils ont aussi droit à une allocation pour contrainte temporaire à l’emploi (130 $) et ceux qui ont un domicile et souhaitent le garder, ont droit à leur prestation d’aide sociale de base (616 $ en moyenne).

Or la semaine dernière, le ministre du Travail, François Blais, a dévoilé de nouvelles règles qui font en sorte que ces personnes perdent l’équivalent de la contrainte temporaire de 130 $.

« L’ajustement qu’on propose touche au revenu pendant la cure, a rappelé lundi l’attachée de presse du ministre, Julie White. Il faut savoir que, pendant une cure de désintoxication, les gens sont logés, nourris. Leurs besoins de base sont couverts. » Ces personnes, ajoute-t-elle, recevaient une aide supérieure à celle des autres prestataires, ce que le ministère cherche à corriger.

Or selon l’AQCID, cela déstabilise tout le système parce que les 130 $ permettaient de compenser les lacunes du programme. M. Marcoux explique que les 50 $ par jour payés par le gouvernement pour la cure ne couvraient pas tous les frais de la thérapie. Dès lors, la moitié des centres facturaient des frais supplémentaires aux prestataires de l’aide sociale.

Au cabinet du ministre, on semblait étonné par ces révélations lundi. « Il y en a qui pouvaient charger jusqu’à 500 $ par mois en plus, a précisé Mme White. On est en train de documenter la situation. »

La porte-parole ajoute que le cabinet mène justement des consultations ces jours-ci pour voir s’il y a lieu de réviser certains des « ajustements » annoncés la semaine dernière.

Une quarantaine de centres de désintoxication sont dans cette situation, comme Le Rucher de Saint-Augustin-de-Desmaures ou encore le Pavillon Assuétude de Shawinigan.

Si les autres s’en sortent, dit M. Marcoux, c’est parce qu’ils ont réussi à obtenir des subventions en provenance d’autres ministères. Le directeur de l’Association ajoute qu’il est pour le moins étonnant que ce genre de service soit financé par le ministère du Travail, et non par le ministère de la Santé.

Il précise que les centres ne peuvent pas couper dans la masse salariale pour combler leurs déficits en raison des ratios maximaux d’un intervenant pour 15 patients que leur imposent les normes gouvernementales.

Environ 6400 prestataires de l’aide sociale avec des problèmes de toxicomanie seraient touchés par ces coupes. Le gouvernement croit ainsi pour voir libérer 6,1 millions de dollars.

3 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 3 février 2015 09 h 33

    Merci M Couillard

    Tout pour le budget. Mais où est votre volonté de faire une loi concernant les paradis fiscaux? cela se concotte avec Ottawa. Des petits montants à l'aide sociale versus des Milliards dans les grandes compagnies. Mias il y en a qui on peur de la séparation. !!!

  • Sylvain Auclair - Abonné 3 février 2015 10 h 54

    Ils iront dans les hôpitaux

    Ça coutera plus cher, mais ces couts seront noyés dans l'ensemble des couts en soin de santé...

  • Leclerc Éric - Inscrit 3 février 2015 11 h 00

    40 centres? C'est trop!

    Il est temps que les intervenants de ces centres et les agents d'aide socioéconomiques se concertent, pour que sur les 6400 prestataires, SEULS les individus ayant une intention réelle de cesser de consommer soient supportés.

    Pour les autres, il faut les expulser de ces centres de désintoxication si aucune volonté ne se manifeste. Un alcoolique et/ou toxicomane doit se prendre en mains tôt ou tard, vrai ou faux?

    Par ailleurs, si des directeurs de centres de désintoxication profitent des subventions du MESSQ pour prolonger indument les séjours des prestataires «en mode» de réhabilitation, la décision revient au ministre François Blais.

    Si comme à Québec par exemple, des individus de la Maison L'Auberivière s'en sont sortis, c'est que pour ces personnes la volonté de mener une nouvelle vie sans «stimulants» existe!