Les libéraux invités à préciser les «valeurs communes»

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) craint que le gouvernement Couillard renforce le malaise de la population à l’égard de l’immigration, voire qu’il lui confère un caractère normal.

Le document diffusé par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) en vue de la consultation sur la nouvelle politique québécoise en matière d’immigration, consultation qui s’est amorcée mercredi en commission parlementaire avec la ministre Kathleen Weil, fait état des « inquiétudes légitimes exprimées par la population à l’égard de l’adhésion aux valeurs communes » de la part des immigrants.

« La Commission craint qu’une prise en compte de ce malaise sous l’angle des “ valeurs communes ” — je mets toujours des guillemets — risque de le renforcer plutôt que de le combattre. En effet, ces « valeurs communes » ne sont pas bien définies », a affirmé le président de la CDPDJ, Jacques Frémont, en livrant une analyse du document.

Mal définir les valeurs communes — s’agit-il des valeurs démocratiques ou encore des valeurs du groupe majoritaire ? — « risque d’instiller une incompréhension dans la population », a-t-il prévenu. « Cela pourrait créer des attentes déraisonnables à l’égard du processus d’intégration des immigrants. Mal définir les valeurs communes pourrait entretenir certaines aspirations envers un modèle assimilationniste refusant et niant les différences. »

La CDPDJ est d’avis que la nouvelle politique devrait plutôt se référer au respect des valeurs démocratiques telles qu’énoncées dans la Charte québécoise des droits et libertés comme l’égalité entre l’homme et la femme, la primauté du droit et la liberté d’expression.

Atténuer le « malaise »

Jacques Frémont estime aussi que le document « semble banaliser ce malaise » quand on souligne qu’il n’est pas propre au Québec et que les débats sur l’immigration « y demeurent généralement plus pacifiques et moins virulents qu’ailleurs ».

Il ne faut pas donner à ce malaise « un caractère normal, voire mineur » mais plutôt comprendre son origine et les mécanismes qui le perpétuent pour ensuite agir concrètement « afin d’atténuer les effets possiblement discriminatoires de ces craintes » par l’éducation et des campagnes de sensibilisation, a-t-il plaidé.

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