Drainville veut bonifier l’aide sociale de 130 millions de dollars

Le candidat à la chefferie du Parti québécois Bernard Drainville propose que les conjoints habitant ensemble qui sont bénéficiaires de l’aide sociale ne voient plus leurs prestations amputées.

« L’État n’a pas à pénaliser deux personnes qui sont en amour », a déclaré Bernard Drainville en présentant quatre propositions pour bonifier la solidarité sociale alors qu’il était accompagné d’un cinquième élu péquiste à l’appuyer, la députée d’Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier.

À l’heure actuelle, un adulte sans contrainte à l’emploi touche 616 $ par mois. Deux conjoints habitant ensemble ne reçoivent que 955 $, soit 277 $ de moins que les 1232 $ qu’ils encaisseraient s’ils habitaient séparément. Des colocataires qui partagent leur logement depuis un an ou moins conservent la totalité de leurs prestations.

Le candidat propose aussi que les pensions alimentaires ne soient plus déduites, en majeure partie, du calcul de l’aide sociale. Il s’agit d’engagements du gouvernement Marois qu’il n’a pu remplir en raison de la brièveté de son mandat, a soutenu Carole Poirier. Alors qu’il était dans l’opposition, le Parti québécois avait présenté un projet de loi en ce sens, tout comme Québec solidaire, et la mesure avait fait l’objet d’une motion unanime à l’Assemblée nationale.

Ces deux mesures coûteraient 130 millions, soit 90 millions pour la première et quelque 40 millions pour la deuxième, a indiqué Bernard Drainville. Mais elles seraient amplement financées par la réduction du nombre de prestataires d’aide sociale, qui a diminué de 9000 par an en moyenne au cours des dix dernières années, ce qui correspond à une économie de 234 millions, a-t-il mentionné.

Bernard Drainville et Carole Poirier se sont félicités du fait que le nombre d’assistés sociaux ait grandement diminué au Québec, passant de 787 000 à 442 000 en 20 ans. Mais il faut faire davantage pour lutter contre la pauvreté. « Ce que nous souhaitons, c’est que le Québec devienne la société la plus juste, le pays le plus équitable des Amériques », a plaidé le candidat qui prône « une social-démocratie modernisée, renouvelée ». Ce souhait est sans doute déjà exaucé puisque, comme il l’a rappelé, c’est au Québec que l’écart de richesse est le moins grand en Amérique du Nord.

Autre proposition : augmenter de 200 $ à 300 $ le revenu de travail que peut gagner un prestataire sans qu’il soit retranché de l’aide reçue. Cela correspond à l’évolution du salaire minimum, ont souligné les députés. Enfin, Bernard Drainville estime que le prestataire, qui fait l’objet d’une procédure pour qu’il rembourse des sommes trop perçues, devrait conserver, pendant la durée des procédures, son carnet de réclamation pour des médicaments ou des soins dentaires.

À Montréal, des groupes communautaires qui représentent les assistés sociaux ont tenu une conférence de presse pour dénoncer lesréformes que veut implanter le ministre de l’Emploi et de la Sécurité sociale, François Blais.

11 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 28 janvier 2015 03 h 09

    Yahou !

    « L'État n'a pas à pénaliser » (Bernard Drainville, député, PQ)

    En effet, l’État du Québec a intérêt à maintenir en vie toutes ces personnes qui, sans emploi ou sans papier, méritent autre chose que des miettes de poubelle pour se loger, s’habiller, se nourrir et demeurer DEBOUT !

    En est-il, cependant, conscient ?

    Bravo pour cette idée de bonifier l’aide sociale aux personnes qui, prestataires, vivent en couple !

    Yahou ! - 28 jan 2015 -

  • Christian Montmarquette - Abonné 28 janvier 2015 03 h 28

    Avant de nous parler d'amour..

    «L’État n’a pas à pénaliser deux personnes qui sont en amour..» a déclaré Bernard Drainville..

    Si, pour une fois, un péquiste nous propose enfin, certaines améliorations à l'aide sociale... Avant de nous parler «d'amour», je lui demanderais de nous expliquer poste de dépense, par poste dépense, soit : Loyer; alimentation; électricité; téléphone; transport; vêtements etc.. Comment il ferait pour survivre avec «616$» par mois, quand on sait que le loyer moyen correspond à peu près au même montant au Québec?

    La première mesure d'urgence à prendre M. Drainville, même si elle est louable, n'est pas de permettre aux gens d'être en amour et de vivre ensemble sans se faire charcuter leur chèque. Mais bien, de procurer à «tous» les prestataires, un revenu qui n'est pas carrément l'équivalant de la misère, en commençant par l'élimination du «double-statut» à l'aide sociale et en favorisant leur retour au travail en comptabilisant leurs revenus sur l'année comme tout le monde, plutôt qu'avec cette règle comptable mensuelle aberrante et scélérate qui les empêche d'améliorer leur sort quand ils le peuvent.

    Et en ce qui concerne l'abolition du «double-statut» à l'aide sociale, qui ferait passer les prestations de «600$» par mois à «900$» par mois.. Cette mesure pourrait aisément être financée par le retour de la taxe de «0,8%» sur le profit des banques et des institutions financières, retirée par les libéraux dans leur mandat précédent.

    Mais entre vous et moi M. Drainville ..

    Au lieu de «gosser après des poils de grenouilles» comme le disait mon camarade Gorden Levebre.. Pourquoi ne pas appuyer le revenu minimum garanti de Québec Solidaire, qui permettrait au prestataires de retrouver un minimum de dignité et de vivre décemment, tout en permettant à ceux qui en sont encore capable, de retourner travailler?

    Merci de considérer.

    Christian Montmarquette


    .

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 janvier 2015 09 h 18

      Indexation de l'aide sociale : Note historique

      Le chèque d'aide sociale pour une personne seule est actuellement de «616$» par mois aux dires mêmes de Bernard Drainville dans le Devoir d'aujourd'hui.

      « Or, en 1969, le montant de la prestation pour les personnes âgées de plus de 30 ans était de «217$» par mois.

      Si l’on avait indexé ce montant chaque année au même taux que les différents régimes de pension: RRQ, CSST, Pension du Canada etc. Le montant de base de d’aide sociale serait aujourd’hui, non pas de «616$» par mois, mais de «1299,87$» par mois.

      Pour résumer et contrairement à ce que l'on pourrait croire. Une des mesures à prendre à l'aide sociale, n'est pas tant «l'augmentation» des prestations, qu'un simple «rattrapage» par leurs indexations au coût le la vie.

      - Cm

  • Leclerc Éric - Inscrit 28 janvier 2015 09 h 06

    Vous devriez appuyer votre collègue François Blais!

    Sa proposition d'un revenu minimum garanti, qui se situe légèrement en-dessous de ce que procure le salaire minimum à temps plein, accompagné d'un versement du crédit d'impôt à la solidarité selon le revenu déclaré, pour favoriser un retour au marché du travail est une solution idéale.

    Dans votre cas, vous proposez de ne pas pénaliser les couples qui vivent ensemble mais vous ne les incitez pas à travailler : incensé!

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 janvier 2015 13 h 43


      «Vous devriez appuyer votre collègue François Blais! » - Leclerc Éric

      Si vous croyez deux minutes que François Blais va augmenter d'une quelconque façon le revenu des plus pauvres, vous êtes d'une grande naïveté.

      Aux dernières nouvelles «L'Allocation universelle» de notre charmant «Ministre de la pauvreté» se situait autour de 300$ par mois!

      - Cm

    • Leclerc Éric - Inscrit 28 janvier 2015 17 h 44

      Monsieur Montmarquette, le ministre François Blais avait donné une entrevue au journal La Presse (mi-janvier), en précisant qu'il favorisait l'entrée sur le marché du travail du plus grand nombre de prestataires de l'aide sociale, et grâce au revenu touché, il se disait ouvert à leur faire profiter d'une bonification au crédit d'impôt pour solidarité.

      Je n'ai jamais affirmé que François Blais voulait hausser les barêmes minimaux à l'aide sociale!

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 janvier 2015 09 h 15

      M. Leclerc,

      Vous dites plus haut : «Sa proposition d'un revenu minimum garanti, qui se situe légèrement en-dessous de ce que procure le salaire minimum à temps plein..»

      Et vous dites plus bas : «Je n'ai jamais affirmé que François Blais voulait hausser les barêmes minimaux à l'aide sociale!»

      Or, le salaire minimum se situe autour de 1600$ par mois, soit 1000$ de plus que la prestation de base d'aide sociale.

      Voilà pourquoi je vous ai répondu tel que le l'ai fait.

  • Marc Rainville - Inscrit 28 janvier 2015 13 h 40

    La ripaille

    En ce moment, le chèque d"aide sociale est indexé annuellement à 50% de l'augmentation du coût de la vie... Pendant vingt ans, tous partis confondus, l'indexation a été gelée, pas d'indexation, un moratoire sur l'indexation ! Le pouvoir d'achat des personnes assistées sociales est pratiquement nul. L'assisté social sert de courroie de transmission de fonds entre le gouvernement et les propriétaires et Hydro-Québec. L'assisté social sert également de matière première pour les systèmes hospitaliers, sociaux et carcéraux. Cette semaine, le gouvernement va à nouveau tenter de se servir de l'assisté social comme bouc émissaire afin de faire passer ses mesures d'austérité.
    PRINTEMPS 2015...

  • Jean-Yves Marcil - Inscrit 28 janvier 2015 15 h 05

    Du burlesque !

    Ça n'a pas marché l'utilisation de la peur des musulmans pour gagner des électeurs... alors le voilà que M. Drainville tends une mains pleine de bonbons...