L’ancien député Michel Guimond est décédé

Michel Guimond (à gauche) en compagnie de l’ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, en 2005
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Michel Guimond (à gauche) en compagnie de l’ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, en 2005

Michel Guimond était en pleine forme, en rémission d’un cancer qu’il croyait derrière lui. Mais c’est un infarctus massif qui a emporté l’ancien député du Bloc québécois lundi, causant un choc chez ses collègues et amis.

Travaillant, dévoué, Michel Guimond était aussi toujours ponctuel. Son retard, lundi, a tout de suite été remarqué à l’Hôtel de Ville de Québec où il avait été embauché comme chef de cabinet du parti d’opposition, Démocratie Québec. Ses collègues ont tenté de l’appeler, c’est sa conjointe qui a répondu en leur apprenant la nouvelle. M. Guimond, 61 ans, s’était effondré, en pleine séance d’entraînement matinal sur son tapis roulant, dans son sous-sol. Ni sa famille ni les ambulanciers n’ont été en mesure de le réanimer.

La nouvelle a rapidement été relayée au sein de la famille bloquiste.

« Personne ne s’attendait à ça. Il semblait en pleine forme », a réagi l’ancien chef du Bloc, Gilles Duceppe. M. Guimond était revenu samedi de vacances dans le Sud avec sa conjointe, l’ancienne députée bloquiste Johanne Deschamps. « La vie est si fragile », a laissé tomber M. Duceppe, en se rappelant que son député était pourtant en rémission d’un cancer du côlon, combattu en pleine campagne électorale de 2011.

Combatif, irascible aux Communes où il a été député de la région de Montmorency de 1993 à 2011, Michel Guimond avait aussi un côté moqueur, s’est souvenu M. Duceppe en entretien avec Le Devoir. « Il était assis juste derrière moi en Chambre. Il aimait blaguer, et moi aussi, donc on en profitait. […] C’était quelqu’un avec qui il était possible de régler beaucoup de problèmes, mais en même temps de s’amuser. » Et de chanter, a relaté M. Duceppe en qualifiant son ami, la voix rieuse, d’« as du karaoké ».

Ses collègues ont tour à tour noté le travail acharné de M. Guimond, au fil de sa carrière. Avocat de formation, Michel Guimond a terminé sa carrière politique fédérale lorsqu’il a perdu son siège en 2011, emporté par la vague orange. Il a par la suite tenté sa chance, sans succès, à l’élection provinciale l’an dernier en se portant candidat pour le Parti québécois. Il avait depuis rejoint la scène municipale, chez Démocratie Québec.

Pauline Marois avait convaincu M. Guimond de briguer l’élection au sein de son équipe. « Je me disais que si quelqu’un pouvait remporter la circonscription, c’était bien lui », a-t-elle raconté, l’ex-chef péquiste ayant en partie partagé la même circonscription que lui. « Je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse vivre ladéfaite qu’il a vécue. […] C’était un homme entier, vraiment tout d’une pièce. »

Daniel Paillé était comme bien des bloquistes sous le choc lundi. « Ça n’a pas de sens. C’est plus que triste. Il revenait de vacances, il était en forme, et pouf », s’est à son tour désolé M. Paillé, qui avait succédé à M. Duceppe.

L’actuel chef bloquiste, Mario Beaulieu, a salué par voie de communiqué un « homme politique passionné, épris de justice sociale et complètement dévoué aux intérêts des Québécois. […] Un chagrin énorme a envahi le Bloc québécois ».

M. Guimond laisse dans le deuil sa conjointe, Johanne Deschamps — ex-députée du Bloc dans Laurentides-Labelle —, et deux enfants d’une union précédente.

M. Paillé s’est souvenu lundi d’un bon député, mais aussi du grand-père qu’il avait croisé lors d’un événement politique en 2013 accompagné de son petit-fils. « C’est l’image que j’ai de ce gars-là, l’image du papi qui était bien fier de venir à l’assemblée générale du Bloc avec son petit-fils, de lui montrer ça », a raconté l’ancien chef du parti souverainiste.

Le chef de Démocratie Québec, Paul Shoiry, a de son côté salué « un gars que tout le monde aime. Michel, c’est un gars qui est extrêmement sympathique, un gars qui a su développer tout au long de sa carrière et de sa vie professionnelle des liens d’amitié. Un homme extrêmement sociable. Son départ nous attriste. Et on perd un ami », a laissé tomber M. Shoiry, la voix altérée par l’émotion lors d’un point de presse à Québec.