Une stratégie maritime d’ici juin

Même si plusieurs aspects de la Stratégie maritime demeurent encore nébuleux, les détails entourant cet engagement électoral seront connus d’ici le mois de juin, a annoncé dimanche le premier ministre Philippe Couillard.

Le dossier a été au coeur de la première journée de M. Couillard en Belgique, où il a visité le port d’Anvers, le premier en Europe au chapitre du trafic commercial maritime avec l’Amérique du Nord en plus d’être le principal partenaire du port de Montréal.

« [Ce partenariat] va être appelé à se développer à cause [de l’accord] de libre-échange avec l’Europe et de l’élargissement du canal de Panama », a-t-il dit, entouré du président de l’autorité portuaire d’Anvers, Marc Van Peel et le vice-président des opérations du Port de Montréal, Daniel Dagenais.

Chaque année, plus d’un conteneur sur cinq manutentionnés au port de Montréal a pour origine ou destination le port d’Anvers, une proportion qui pourrait être appelée à doubler, ont-ils laissé entendre, même s’il n’a pas été possible d’avoir de précisions quant à l’atteinte de cet objectif. « C’est certain qu’on peut […] doubler, a affirmé M. Van Peel. Mais le laps de temps, je ne sais vraiment pas. »

Selon lui, le Port de Montréal a un avantage unique, soit celui d’être situé « à l’intérieur » du continent nord-américain, ce qui permet aux transporteurs de conteneurs de se rendre facilement près des Grands Lacs en empruntant le fleuve.

D’après ce qu’a laissé entendre M. Dagenais, les 1800 emplois directs et 18 500 autres postes indirects générés par le port de Montréal pourraient doubler si les échanges avec les installations d’Anvers — qui générerait 65 000 emplois directs — devaient prendre de la vigueur.

« Une analyse est en train d’être effectuée [par Montréal et Anvers] pour identifier les marchandises [qui seront dédouanées] l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange », a souligné M. Couillard. En 2014, quelque trois millions de tonnes de marchandises devraient avoir transité par le corridor entre la métropole et Anvers, selon le vice-président des opérations du port de Montréal.

En dépit des importantes installations pétrolières visibles dans le port d’Anvers, M. Couillard a affirmé qu’une augmentation des échanges avec Montréal ne se traduirait pas nécessairement pas une hausse du transport pétrolier sur le Saint-Laurent. « Il y aura toujours du pétrole qui sera acheminé au Québec par voie maritime, a-t-il observé. [Le transport pétrolier] va augmenter si l’exportation de pétrole augmente chez nous. Il n’y a pas que le pétrole, ce n’est qu’un élément [des exportations]. »

 

Pas d’entente

En dépit du fait que la Stratégie maritime n’en soit qu’à ses balbutiements, M. Couillard s’est défendu d’en faire la promotion prématurément, puisque aucune entente officielle relativement à cet engagement n’a été signée depuis le début de sa mission européenne. Questionné, le premier ministre a affirmé que cette stratégie avait été mise en avant depuis « plusieurs mois » et qu’il faisait la même chose avec sa nouvelle version du Plan Nord. Au cours de la campagne électorale, M. Couillard avait fait miroiter des investissements de plus de 7 milliards ainsi que 30 000 emplois sur 15 ans en dévoilant sa Stratégie maritime.

Par ailleurs, l’important déploiement policier et militaire en Belgique survenu dans la foulée des attentats terroristes déjoués aurait pu modifier le segment belge de la mission du premier ministre, qui doit notamment rencontrer lundi le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Belgique, Didier Reynders.

« On se demandait si la rencontre […] pourrait se tenir, a confié M. Couillard. Ce sont les Belges qui nous ont dit qu’elle devait avoir lieu, pour montrer à la population que la vie continue et qu’on ne change pas notre façon de vivre en raison des événements des derniers jours. »

M. Couillard a également confirmé qu’il n’avait pas sollicité de rencontre avec le premier ministre de la Belgique — le deuxième partenaire du Québec, derrière la France, dans la francophonie.