Moreau juge que les opposants ne comprennent pas

Le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, Pierre Moreau, juge que la coalition Touche pas à mes régions !, qui s’oppose à l’abolition des Conférences des élus (CRE), comprend mal les visées décentralisatrices du gouvernement Couillard.

« Il y a peut-être une incompréhension liée à la gymnastique postérieure à l’abolition des CRE, mais essentiellement il faut retenir que c’est un exercice de décentralisation fantastique », a déclaré Pierre Moreau à l’entrée du Conseil des ministres mercredi.

Lundi, Touche pas à mes régions !, une coalition qui réunit sept régions, soit l’Abitibi-Témiscamingue, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, le Nord-du-Québec, l’Outaouais et Chaudière-Appalaches, faisait parvenir une lettre au premier ministre Philippe Couillard pour qu’il sursoie aux décisions prises en matière de développement régional, dont l’abolition des CRE et les coupes dans les centres locaux de développement (CLD).

Les MRC pourront signer entre elles des ententes intermunicipales, si elles le souhaitent, afin d’assumer certaines fonctions dévolues aux CRE pour l’ensemble de la région administrative, a fait valoir Pierre Moreau. Il existait une CRE, instance contrôlée par des maires et des préfets, pour chacune des 19 régions administratives du Québec.

Le ministre s’est défendu de vouloir imposer une solution « mur à mur » pour toutes les régions du Québec. Ainsi, ce sont les MRC qui décideront si elles intègrent les CLD ou si encore elles conservent cet organisme autonome, bien qu’elles doivent se résigner à une réduction de 55 %, ou 40 millions, du budget de fonctionnement des CLD.

La coalition Touche pas à mes régions ! estime au contraire que l’absence de CRE, qui se chargeait souvent du déploiement ordonné de mesures gouvernementales sur le territoire des régions administratives, va contribuer à une plus grande centralisation par Québec. Le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte, un des porte-parole de la coalition, estime que, même s’il faut sans doute alléger la structure des CRE, le gouvernement doit reconnaître cette instance régionale. « Il y a des choses qui ne peuvent pas se décentraliser vers les MRC », a-t-il soutenu.

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