Rémunération: les promesses faites aux médecins dérangent les syndicats

Photo: Michaël Monnier Le Devoir

Les syndiqués de la fonction publique et parapublique craignent de faire les frais des hausses salariales accordées aux médecins, qui se sont fait promettre des augmentations au moins aussi importantes que celles des syndiqués après 2015, en plus du rattrapage par rapport au reste du Canada.

Le gouvernement impute injustement un poids aux employés de l’État, disent les syndicats. « C’est à Québec d’assumer les promesses faites aux médecins, et non pas à nous », plaide Francine Lévesque, vice-présidente et responsable des négociations à la CSN. « Pendant que les médecins se font promettre un plancher, nous, c’est un plafond que le Conseil du trésor nous a proposé en décembre », remarque Daniel Gilbert, vice-président de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

Ce sont les médecins, qui ont obtenu un rattrapage par rapport à leurs collègues du reste du Canada, qui sont responsables de la hausse relative du coût de la rémunération du secteur public, plaident les syndicats.

Les économistes de la CSN, à partir de données du Conseil du trésor, ont estimé que la masse salariale des syndiqués demeure stable, représentant 44 % des dépenses de programmes. Pendant ce temps, la masse salariale des professionnels de la santé comme les médecins, qui représentait 8 % des dépenses de programmes en 2007-2008, en représente maintenant 11 %.

Pas de rattrapage

Daniel Boyer, de la FTQ, rappelle que l’écart entre la rémunération des syndiqués de l’État et celle dans le secteur privé, au Québec, se creuse.

« Nous accusons un retard moyen de 7,6 %, et il atteint même 37 % dans certains secteurs d’emploi ! », s’insurge-t-il.

« On pourrait avoir une amorce de dialogue si Québec comprenait, comme il l’a compris pour les médecins, qu’il y a un rattrapage qui est nécessaire pour les syndiqués de l’État », dit Maryse Rousseau, vice-présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ).

Carole Dubé, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), souligne qu’un point de pourcentage d’augmentation sur un salaire de médecin pèse beaucoup plus lourd sur les finances publiques que l’équivalent pour un syndiqué moyen.

2 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 9 janvier 2015 09 h 47

    Le Canada ?

    Un rattrappage avec le reste du Canada? Quelle foutaise. Allez-y voir ce qu,il en coùte pour vivre dans les autres grandes villes canadiennes. Allez-y voir ce qu'il en coûte pur étudier dans les autres grandes villes canadiennes? Il y en a qui veulent tout avoir et qui de toute façon ne seront jamais repus.
    Robert Beauchamp

  • Robert Boivin - Inscrit 9 janvier 2015 16 h 29

    Le Canada

    tout à fait raison M" Beauchamp...pour atteindre la parité avec leurs confrères canadiens, nos professionnels québécois ont oublié ces petits détails comme la gamme des services fournis par québec...congés parentaux, service de garderies,prêts et bourses,incitatifs a prendre en charge plus de patients pour les omnipraticiens ex.dr Bolduc, coût de l'habitation, aller voir a Vancouver, et j'en passe!
    Cuba, salaire mensuel du dr, 20$/mois...tant qu'a se comparer....qui dit mieux