Les négos de l’inéluctable

Les offres de Québec aux fonctionnaires comprennent des demandes multiples et costaudes.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les offres de Québec aux fonctionnaires comprennent des demandes multiples et costaudes.
Chaque fois que le gouvernement du Québec dépose ses offres à ses employés pour le renouvellement de leurs conventions collectives, il est d’usage que les syndicats poussent les hauts cris. Chaque fois, le Conseil du trésor soutient que les coffres sont vides. La différence, cette fois-ci, c’est qu’en plus de proposer d’emblée un gel des salaires, l’État ratisse large en visant le régime de retraite et la charge de travail. Et si la loi spéciale était déjà écrite ?
 

Chez les libéraux, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, est perçu comme une des figures les plus solides du conseil des ministres. On n’a de cesse de vanter ses talents de communicateur, ses idées claires et son ton posé. À son arrivée au gouvernement, on se demandait quelle influence il aurait sur le premier ministre Philippe Couillard. Force est de constater qu’elle est considérable.

Les offres que le gouvernement a présentées à ses employés portent sa marque. Non seulement leur demande-t-il d’accepter un gel des salaires pour les deux prochaines années, mais il entend également revoir l’âge de la retraite des fonctionnaires, qui passerait de 60 à 62 ans, tout en réduisant le montant de la rente. Donnant un autre tour de vis, il majorerait la pénalité pour prendre une retraite anticipée de 4 % à 7,2 % par an.

On a l’impression que toutes les pierres ont été retournées, que tout ce qui peut apparaître comme une particularité des conditions de travail des fonctionnaires est remis en question. C’est le cas par exemple de leurs congés de maladie qui, au nombre de 12, peuvent être accumulés et servir pour partir plus tôt à la retraite. Il propose de les réduire à sept jours et de rembourser à la fin de l’année les congés non utilisés à 70 % de leur valeur pécuniaire. C’est la norme dans le secteur privé. Et les employés des réseaux de l’éducation et de la santé ne bénéficient pas de cet avantage conféré aux fonctionnaires, a souligné Martin Coiteux.

En ce qui a trait au RREGOP (le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics), les syndicats plaident qu’il est bien capitalisé et que les salariés y contribuent à 50 %, soit la même norme que celle que le projet de loi 3, adopté en fin de session, impose aux régimes de retraite des employés municipaux. Mais cette santé financière a eu un coût : les cotisations au RREGOP ont doublé depuis 2002, a fait remarquer Martin Coiteux. C’est pourquoi il parle d’un régime « qui explose ». Il dit qu’il veut en assurer la pérennité, mais du même souffle, il fait miroiter une baisse des cotisations pour les participants. Pour le gouvernement aussi, évidemment. On peut se demander si c’est bien la pérennité du régime qui le motive ou plutôt les possibles économies.

Martin Coiteux a réservé de mauvaises surprises aux enseignants : l’augmentation de leurs heures de présence à l’école, qui passent de 32 à 35 heures, pour le même salaire. Qui plus est, il compte majorer le ratio maître-élèves, que la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, avait abaissé il y a cinq ans. Les études sur le lien entre la réussite scolaire et un ratio maître-élèves plus bas ne sont pas concluantes, soutient-on au gouvernement.

Relever le ratio maître-élèves, c’est une des recommandations qu’avait faites en 2012 l’ex-vice-président de la Banque TD, Don Drummond, à qui le gouvernement de Dalton McGuinty avait commandé un rapport sur la réforme des services publics de l’Ontario. Lui aussi arguait que les études sur le ratio maître-élèves n’étaient pas concluantes. Or Martin Coiteux, alors qu’il était professeur aux HEC, a publié dans La Presse une chronique dithyrambique sur ce rapport. « Les Québécois ont donc tout intérêt à lire attentivement les 362 recommandations que compte le rapport Drummond. Tôt ou tard, nombre d’entre elles s’appliqueront à leur situation », prophétisait-il.

« Si l’Ontario n’ajuste aucun paramètre de sa fiscalité et de ses programmes actuels, le poids de sa dette rejoindra bientôt celui de la province la plus endettée du pays, le Québec. Pour éviter ce sort, la province doit s’imposer une longue et inédite période d’austérité. Au cours de cette longue période, les dépenses de programme ne devront croître qu’à un rythme annuel de 0,8 % », signalait Martin Coiteux.

Sa prophétie est en voie de se réaliser, du moins en partie : le gouvernement du Québec vise une croissance de ses dépenses de programmes de 0,7 % l’an prochain et de 1,8 % en 2016-2017. Parmi les recommandations du rapport Drummond, on retrouve aussi des mesures un tant soit peu familières, notamment une restructuration du système de santé, la réduction draconienne de l’aide aux entreprises, la compression des dépenses en éducation. Une prophétie a bien des chances de se réaliser quand celui qui l’a faite pèse sur le cours des événements.

 

De longues négociations

 

Pour le gouvernement, le fait d’ouvrir plusieurs fronts en même temps en formulant des demandes multiples et costaudes fait peut-être partie de sa stratégie de négociations. « À mon avis, de mettre le plus d’éléments possible sur la table permet d’avoir une marge de négociation maximale », a fait valoir au Devoir Jean-Marc Fournier, un des trois membres du Comité des priorités du gouvernement, avec Philippe Couillard et la vice-première ministre Lise Thériault.

Le gouvernement libéral a sans doute intérêt à faire traîner en longueur les négociations. Il pourrait s’inspirer de la stratégie qui a marqué le renouvellement des conventions collectives en décembre 2005, conventions qui étaient échues en 2004. Comme les salariés de l’État furent privés de rétro, ils avaient subi de facto un gel de salaire de deux ans ; par la suite les attendait une augmentation annuelle de 2 % pendant quatre ans. L’imposition d’une loi spéciale fut toutefois nécessaire.

Fervent partisan d’une réduction des dépenses de l’État, François Legault s’étonne que le gouvernement ait choisi d’attiser la colère d’une masse aussi importante de personnes que sont les quelque 550 000 syndiqués de l’État. Il aurait pu décider de réduire de 10 % le personnel administratif, une coupe de 22 000 postes, estime le chef de la Coalition avenir Québec. Ça ferait beaucoup moins de mécontents. « C’est un manque d’expérience », juge-t-il.

Les négociations se dérouleront tout au long de l’année qui commence. Le véritable affrontement avec les syndiqués de l’État n’aura donc pas lieu en 2015, mais l’année suivante, quand les négociations, selon toute vraisemblance, achopperont. Entre-temps, les syndiqués en rogne tenteront de fédérer l’opposition à l’austérité.

Tel le conducteur d’une locomotive lancée en ligne droite, Martin Coiteux garde le cap, non seulement sur l’atteinte de l’équilibre budgétaire, mais aussi sur la transformation du modèle québécois et l’émergence d’un « État du XXIe siècle », selon son expression. Armé du soutien indéfectible du premier ministre, ce novice en politique, qui a des airs de vétéran, entend rendre ce qu’il conçoit comme nécessaire non seulement possible, mais inéluctable.

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38 commentaires
  • simon villeneuve - Inscrit 3 janvier 2015 01 h 22

    Si seulement...

    M.Coiteux pouvait demontrer a quel endroit le remede, qu'il preconise, a reussit !
    Partout ou l'austerite a ete appliquer en Europe, l'echec fut retentissant.
    Meme le FMI a avoue s'etre tromper.
    Des gagnants du prix Nobel en economie ( ou est le prix Nobel de M.Coiteux, tant expert soit-il...) pourfendent le concept d'austerite.

    Cette forme d'obstination me fait penser un peu a une religion !
    Rien de scientifique prouve les biens fondes de la dite theorie hormis son contraire, ironiquement.
    Mais le grand pretre Coiteux garde le cap comme un saint croyant.

    La pilule serait tellement plus facile a avaler si des preuves empiriques de succes soutenaient ses politiques.
    J'invite les lecteurs a m'eclairer en m'indiquant des etudes ou endroits ou ces politiques ont reussient.
    Meme les Etats-Unis ont totalement fait le contraire de l'austerite et de l'Europe, avec succes.

    ps: j'adore le principe de 2 poids 2 mesures qui habite toujours nos gouvernements.
    Les medecins , deputes, juges, ne sont pas affectes par l'austerite...
    A quand une vrai justice sociale ?

    • simon villeneuve - Inscrit 3 janvier 2015 13 h 09

      J'oubliais.
      C'est pour ca le livre de M.Piketty ( le capital au XXIe siecle) fait fureur et donne des armes contre le neo-liberalisme.
      Au lieu d'etre seulement une theorie, ce livre rassemble des donnees empiriques economiques sur pres de 100 ans ,du jamais vu, discreditant les fausses promesse de la droite, autre que celles de crees une plus grande inegalite...

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 3 janvier 2015 18 h 43

      Les accents, M. villeneuve (sic) ?

    • simon villeneuve - Inscrit 4 janvier 2015 00 h 29

      Je n'ai pas de clavier francais...

    • Jean-Yves Arès - Abonné 4 janvier 2015 11 h 01

      Pourtant simple, le buget du Québec qui était en 2003-04 de 45.8G$ est passé pour 2014 a 72,9G$. C'est une augmentation de 59.3%.

      En paralle le PIB du Québec de 20003-04 lui était 253.9G$ en 20003-04 et a grimper a 362G$ en 2014. Une augmentation elle de 42.5%.

      C'est donc dire que les dépenses du gv gonflent plus que l'économie dans son ensemble.

      C'est cette situation qu'il faut corriger.


      Et je ne crois pas que Pikkety suggère de se rabattre sur plus d'endettement sur le marché du capital pour soutenir le douillet confort de notre gauche néo-castriste qui argumente les hauts rendements historiques de certains indices boursiers américain pour justifier la générosité débridée de leurs régimes de retraite...

    • simon villeneuve - Inscrit 4 janvier 2015 12 h 19

      Non.
      Il faut juste redistribuer la richesse de maniere plus equitable.
      Aujourd'hui un des problemes majeur est le capital a un meilleur rendement dans l'economie que celui de l'economie du travail.
      Donc la richesse des personnes plus aisees ( patrimoines familliaux, placements, etc.) s'accelere plus vite que les gens qui n'ont que le travail comme richesse.
      D'ou l'ecart des inegalites qui s'accentue grace a par exemple tous les avantages fiscaux aux entreprises que les travaieurs ordinaires non pas.

      Saviez-vous M.Ares qu'au Canada, depuis 1975, 67% la richesse total a ete partagee par seulement 10% de la population ?
      Cela represente une somme astronomique, du en parti par plusieurs facteurs comme l'evasion fiscal legal ( alain deneault a ecrit des livres tres interressant a ce sujet ) qui a aider a enrichir encore plus les riches de nos societe sur le dos des us demunis et de la classe moyenne.

      M. Piketty demontre bien qu'e richir les riches ne redistribue pas la richesse vers le bas automatiquement comme le neo-liberalisme essaye de faire croire.

      Ceci n'est pas une theorie mais tout simplement de donnees empiriques scientifiques.

      Ps: cela me fait bien rire ensuite quand on essaye de faire un parallele avec les problemes financier du Quebec causes par les fonds de retraite de quelques millairds ou le salaire des fonctionnaires quand l'evasion fiscale represente des dizaines de millairds par annee.

      Je vous conseille de regarder quelques videos sur youtube, il est tres interressant.

    • simon villeneuve - Inscrit 4 janvier 2015 12 h 54

      Ne vous inquietez pas M.Ares.
      Avec le plan Nord et l'investissement de dizaines de milliards de plus pour les entreprises va augmenter encore plus le budget du Quebec.
      Une avenue qui surement va vous rassurez ...

      Mieux vaut depenser des dizaines de milliards pour vendre a rabais nos ressources naturelles ( sans transformation au Quebec) pour des emplois subventionnes a plein nez ( grace au probable rabais electricite et a un autre programme special ou le gouvernement paye la formation de travailleur ou bien donne un conge sur la masse salariale de l'entreprise en question, etc.) que d'investir dans le capital humain que sont les travailleurs de l'etat qui en passant, eux payent de l'impot sans avantages fiscaux, donc le plein prix !

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 4 janvier 2015 14 h 16

      M. villeneuve (sic), vous n'avez pas le clavier français, dites-vous, mais vous pouvez le modifier facilement pour qu'il vous donne les accents.

    • simon villeneuve - Inscrit 4 janvier 2015 18 h 08

      Pas pour tous les claviers et OS ( systeme d'operation ) sans compter les telephones.
      Je travail plus en anglais que francais.
      Vous me demandez de changer a chaque fois ma configuration d'ordinateur et telephone pour un commmentaire ici?
      Juste a plus me lire ...

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 4 janvier 2015 19 h 20

      M. Villeneuve...Que proposez-vous pour répartir la richesse plus équitablement?..Un retour au régime communiste type soviètque ou cubain ou chinois? Ces trois pôles du communisme ont fait marche arrière après un échec magistral...

      Un règime socialisant à la scandinave demande un concensus social et une solidarité à toute épreuve avec l'acceptation que plusieurs paient 60% de leur revenu en taxes...

      Nous vivons dans un monde non parfait oû les capitalistes ont...leur capital et ont le privilège du profit de ce capital..Idem pour les investisseurs de toute sorte..

      Les abris fiscaux sont une vraie honte mais ni le Canada ni le QC seuls peuvent rémédier au problème si tous les pays ne s'unissent pas pour lutter contre ce fléau simultanément...

      Dans ces pages, il est habituel de faire un bashing systématique des capitalistes et investisseurs; mais ce sont eux qui créent des emplois...

      Personne ici ne se pose la question de savoir pourquoi l'État québécois n'a pas assez de revenus et traine en arrière de la plupart des provinces canadiennes...Cela constituerait une analyse positive qui permettrait de faire face aux différents problèmes et de commencer à les régler...

      La première question serait de savoir pourquoi il y a moins d'investissements au QC...Pourquoi l'immobilier est moins valorisé qu'en Ontario, par exemple..Pourquoi il n'y a pas plus d'industrialisation pour compenser un secteur saisonnier trop large qui rapporte peu à l'état...

      De façon réaliste, peut-on croire qu'on peut mener à bien un état socialisant au milieu de l'océan capitaliste qu'est l'Amérique du nord...

      Peut-on me répondre?

    • simon villeneuve - Inscrit 5 janvier 2015 01 h 40

      M.Wandelmaier:"M. Villeneuve...Que proposez-vous pour répartir la richesse plus équitablement?..Un retour au régime communiste type soviètque ou cubain ou chinois? Ces trois pôles du communisme ont fait marche arrière après un échec magistral.."

      Toujours la meme tactique de la droite, essayer d'aneantir un propos par une comparaison ridicule ...

      Pour repondre a votre question,
      - juste reinstaurer la taxe sur le capital aiderait grandement
      (les banques ont faient plus de 30 milliards de profits l'annee derniere, ont-elles vraiment besoin de cette aide en abolissant cette taxe de 1% qui existait depuis Duplessis ?).
      - Augmenter les palliers d'imposition.
      - Augmenter les impots sur les entreprises ( les entreprises payent 15%de moins en impot de ce que les entreprises americaines payent au fisc americain !), le canada est plus a droite que les Etats-Unis !
      Nous sommes pratiquement un paradis fiscal pour les entrerpises americaines maintenant.
      - Diminuer l'aide aux entrerprises, c'est les entreprises prives qui sont sur le bien-etre social de l'etat et non plus les citoyens.
      Preuves empiriques ? Il y en a plein !
      Le canada se classe parmis les meilleurs au monde pour les avantages accordes aux entreprises depuis plus de 5 ans .
      L'apport des profits des entreprises est meme plus bas que 10% des revenus de l'etat tandis que les citoyens en payent pres de 30%!
      Toutes sortes d'echapatoires fiscaux existants pour les plus nantis qui devraient etre abolient.
      - Est-ce que le Quebec allait si mal en 1999-2000 ?
      Bien sur que non et je vous garantie l'assiette fiscal au Quebec a beaucoup changer avec l'avenue du conservateur Charest ( faussement liberal) qui a ainsi appauvrit notre belle social-democratie en diminuant les revenus pour ainsi etre capable de dire aujourd'ui qu'il manque de l'argent donc il faut tout couper.
      Un principe que M.Harper applique a la perfection !

    • simon villeneuve - Inscrit 5 janvier 2015 01 h 51

      "Personne ici ne se pose la question de savoir pourquoi l'État québécois n'a pas assez de revenus et traine en arrière de la plupart des provinces canadiennes...Cela constituerait une analyse positive qui permettrait de faire face aux différents problèmes et de commencer à les régler..."

      Vous avez 100% raison a mon avis ici.

      "Les abris fiscaux sont une vraie honte mais ni le Canada ni le QC seuls peuvent rémédier au problème si tous les pays ne s'unissent pas pour lutter contre ce fléau simultanément..."

      C'est faux.
      Le Canada a etablit une excellente filiere depuis tres longtemps pour les plus riches de notre societe.
      Mais quand nous savons d'ou vient l'argent pour les campagnes electorales...

      http://www.ledevoir.com/economie/actualites-econom

      "Il cite notamment l’exemple de la Barbade, avec laquelle le gouvernement canadien a signé un accord de non double imposition en 1980. M. Deneault nous ramène alors à un commentaire de la vérificatrice générale Sheila Fraser dans son rapport de 2002.
      Sans nommer l’entreprise, Mme Fraser mentionne dans ce rapport « une transaction dans laquelle une société étrangère affiliée d’une société canadienne sous contrôle étranger a servi à déplacer du Canada à la Barbade, en franchise d’impôt, des gains en capital de 500 millions de dollars ». Pour l’an 2000 seulement, les sociétés canadiennes ont reçu de leurs filières de la Barbade des dividendes non imposés de 1,5 milliard. "

      Vous devriez lire l'article.

      En europe une grande mobilisation pour contrer l'evasion fiscal est entrain de naitre.
      Il n'est vraiment pas difficile ( en c emloment oui avec des conservagteurs au pouvoir...) de ramener un peu de justice slociale au pays en abolissant des ententes avec des paradis fiscaux pour nos entreprises et les plus nantis pour notre societe.

    • Bernard Dupuis - Abonné 5 janvier 2015 09 h 52

      @ Sol Wandelmaier

      Vous affirmez « Personne ici ne se pose la question de savoir pourquoi l'État québécois n'a pas assez de revenus et traine en arrière de la plupart des provinces canadiennes... ». Vous êtes une des rares personnes qui peut encore affirmer une telle chose et qui, en plus, ignore la réponse. C’est que le gouvernement canadien vient chercher la moitié des impôts québécois et cela depuis 1840. Cette somme totalise maintenant plus de 45 milliards de dollars.

      Si le Québec était une province si pauvre que cela, pourquoi le gouvernement canadien peut-il se permettre une ponction aussi faramineuse d’argent au Québec? Et si le Québec pouvait faire ses propres choix économiques en fonction des priorités de ses propres citoyens, il pourrait mieux affronter ses problèmes budgétaires et sortir de son infériorité économique entretenue par le système canadien depuis des lustres. Il faut vraiment ignorer l'histoire et la sociologie canadienne pour ne pas comprendre les causes de l'infériorité économique du Québec.

      Bernard Dupuis, 05/01/2015

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 5 janvier 2015 15 h 07

      M. Dupuis...Votre pirouette intellectuelle est absolument incroyable....

      Selon la façon dont vous présentez les choses, le fédéral vient "voler" 45 milliards et ne donne rien en retour!!!! C'est du vrai délire..

      Je ne peux que vous dire quelquechose..Le jour oû vous serez indépendant, vous verrez ce que ces 45 milliards peuvent vous acheter quand vous êtes seul à payer la facture d'une longue longue liste de services que vous devrez reproduire..Ces dépenses sont actuellement partagées par dix provinces et territoires....

      Vous pensez faire mieux? Alors bonne chance!

      Ps: pour avoir rédigé dans pages maintes fois la liste des services, ministères, ambassades, banque centrale , armée, poste , pensions, Ass-Emploi..etc..etc...Je ne vais pas recommencer.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 5 janvier 2015 15 h 25

      M. Villeneuve..SVP, réajustez vos lorgnons et regardez ma photo...C'est madame Wandelmaier..Merci!

      Si vous voulez faire fuir les banques et les investisseurs, appliquez votre cocktail de mesures...Il y a une compétition féroce pour attirer et garder ces investisseurs...Les grandes compagnies ont fait la preuve d'une incroyable mobilité...Bombardier, ce fleuron québécois nous en a donné la preuve récemment en transferrant certains de ses montages en Amérique du sud...
      La raison pourquoi les gouvernements accordent de tels avantages fiscaux, en se privant de revenus, c'est exactement pout lutter contre cette competition!

      Quant à augmenter les taxes en augmentant les paliers d'imposition? Vous voulez rire certainement! Le QC est l'état oû ses citoyens sont déjà les plus taxés de toute l'Amérique du nord...Et n'oubliez qu'il y a aussi une grande mobilité des citoyens...

      Vous pouvez tourner le cube de Rubick dans tous les sens pour soutenir la thèse que l'économie québécoise irait mieux dans un QC indépendant..Mais vous êtes loin d'en faire la preuve auprès d'une large majorité de québécois!

    • Bernard Dupuis - Abonné 5 janvier 2015 17 h 51

      @ Sol Wandelmaier

      Il faut vraiment avoir le plus grand mépris des Québécois et du Québec pour avoir le culot d'affirmer que ceux-ci ne pourraient faire mieux. Qu'est-ce qui nous empêcherait de faire mieux? Notre appartenance à la nation et à la culture québécoises?

      Vous passez votre temps à dire que le Québec est pauvre et au bord de la banqueroute. Vous avez raison d'un certain point de vue dans le contexte actuel. Et la situation ne date pas d'hier. Nos parents, nos grands-parents et nos arrières grands parents ont connu la pauvreté et la misère depuis que le Québec a remboursé les dettes de l'Ontario. Jamais le Québec n'a pu remonter la côte dans le Canada parce que les grandes décisions furent prises par d'autres que nous-mêmes. C'est ce que de plus en plus de Québécois comprendront avec le temps.

      Bernard Dupuis.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 5 janvier 2015 19 h 11

      M.Dupuis..Vous me faites dire ce que je ne dis pas...Je suis dans ce forum seulement pour détruire les mythes qui, comme des balles de ping-pong sont renvoyées d'un commentateur à l'autre et finissent par devenir des vérités...mais seulement dans ces pages....

      Il y a plus de 60% de québécois qui ne sont pas d'accord avec vous mais on n'entend pas leurs arguments dans ce forum...

      Personne ne dit que les québécois ne pourraient pas faire mieux mais il y a de sérieux problémes structurels dans l'économie québécoise qu'il faut adresser...Ce qui me dérange profondément, c'est qu'aucun souverainiste n'ose dire aux québécois qu'il faudrait passer dans un premier temps par une phase difficle avant de remonter le courant..

      À la place, on dépeint un paysage tout rose!

    • simon villeneuve - Inscrit 5 janvier 2015 23 h 57

      "Si vous voulez faire fuir les banques et les investisseurs, appliquez votre cocktail de mesures...Il y a une compétition féroce pour attirer et garder ces investisseurs..."

      Franchement, vous croyez que retablir une taxe de 1% ( taxe sur le capital) qui existait depuis plus de 60 ans et qui a ete abolit en 2007, ferait fuir les investisseurs...

      Je suis desoler mais je crois pas que le Canada est besoin d'imposer jusqu'a 15% de moins les entreprises canadiennes ( qui souvent comme les banques et telecommunications sont consideres comme des monopoles) que les americains le font avec les leurs pour etre competitif.
      Contrairement a ce que vous pensez, les canadiens ( et quebecois) sont des travailleurs tres qualifies et productifs.

      De plus le Canada est dans le top 10 au monde pour les avantages fiscaux pour les entreprises et a meme ete dans le top 6 il y a queleques annees.
      Le Canada d'apres vous doit-etre terriblement mauvais pour croire une telle fabulation que c'est necessaire.

      Un vrai relent des annees sombres 1940-50 sous Duplessis...


      "Quant à augmenter les taxes en augmentant les paliers d'imposition?"

      Le nombre de paliers d'imposition.
      Pour les plus taxes en amerique du Nord, la classe moyenne oui mais pas les riches de nos societes avec pleins d'echappatoires fiscaux...

      "La raison pourquoi les gouvernements accordent de tels avantages fiscaux, en se privant de revenus, c'est exactement pout lutter contre cette competition!"


      Meme des compagnies americaines commencent a demenager des sieges sociaux au Canada car ils considerent le Canada, non plus comme un pays socialiste ( que les sieges sociaux tendre a fuirent) mais comme un paradis fiscal.

    • simon villeneuve - Inscrit 5 janvier 2015 23 h 57

      Vous emettez de belles opinions et theories mais c'est du vent car aucune donnees pour soutenir vos dires, ce n'est que du peut-etre et tres peu probable.

      Mais les miens sont des etudes et donnees qui prouvent l'absurdite d'ou le Canada est rendu.

      Comme je disais plus haut, si vous croyez que le Canada a besoin de sacrifier 90% de la population en donnant plus de 70% de la richesse creer au Canada depuis 1975 a seulement 10% de la population.
      Vous avez une incroyable mauvaise opinion de la capacite des citoyens canadiens.

  • Pierre Germain - Inscrit 3 janvier 2015 06 h 18

    Rien sur la défiscalisation des entreprises ni sur les abus de fiducies familiales ni sur la lutte au paradis fiscaux. Un gouvernement Couillard inique, sans vision ni réelle stratégie, digne de Duplessis.

  • Pierre Germain - Inscrit 3 janvier 2015 06 h 19

    Il est temps pour les Québécois mécontents d'entamer la grève de la consommation, SAQ en tête de liste.

  • Dominique Duhamel - Inscrite 3 janvier 2015 07 h 57

    Dédoublement

    Peut-être n'avons-nous pas les moyens d'entretenir deux gouvernements à la fois en plus de payer pour notre anglicisation?

  • Jean-François Trottier - Inscrit 3 janvier 2015 08 h 01

    A priori

    Les offres signées Coiteux reposent sur cet État du XXIe siècle qu'il vise et en fait considère inéluctable. Est-ce que cet État est souhaitable ? À voir.
    Selon cette vision, les barrières tarifaires et préférentielles tomberont les unes après les autres. Nimporte quel produit pourra l'être n'importe où dans le monde et les profits générés deviendront impossible à quantifier pour en retirer des impôts, ou même seulement être amassés en un lieu précis de la planète et ainsi assurer à l'État une base économique à peu près stable qui lui permettra de budgeter selon lui.

    Donc, une partie des revenus de l'État devra se baser sur la gestion des transactions via les taxes de vente ou une ponction sur les transaction financières.... peut-être un jour.
    Une autre partie viendra des impôts des particuliers. Pas des corporations. Seuls les employés seront sujets à l'imposition sur le revenu puisque les corporations, et même probablement les travailleurs autonomes pourront trop facilement passer leurs revenus hors-frontière et faire des profits dits "générateurs d'emploi".
    Si l'on veut, et Coiteux le veut, que l'État balance son budget, la troisième partie devra donc venir des dépenses elles-même! Pas le choix. C'est donc l'avènement à moyen terme de l'utilisateur-payeur dont il sera question.
    C'est en gros ce que Coiteux vise : éviter au Québec d'en arriver là où se retrouve depuis des lustres le gouvernement Américain, toujours sur la brèche par impossibilité d'augmenter ses revenus et de réduire ses dépenses.
    Ce qui est en jeu, ce n'est donc pas uniquement une négociation ou quelques budgets, mais une refonte de l'État basée sur... un manque d'imagination et de vision encore plus que déplorable. Appelons-le l'obsession bancaire (ou bancale?).
    Ultimement le vrai capital devient, comme au Sud, totalement hors du contrôle de l'État, ce qui enlève à l'individu son mot à dire sur l'économie, par démission de l'État.
    C'est démocratique, ça ?