L’UPAC surveillera le chantier Turcot

Le MTQ devra dépenser environ 400 millions pour l’entretien de la structure existante. Ci-dessus, une voie de l’échangeur, avec en arrière-plan le chantier du Centre universitaire de santé McGill.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le MTQ devra dépenser environ 400 millions pour l’entretien de la structure existante. Ci-dessus, une voie de l’échangeur, avec en arrière-plan le chantier du Centre universitaire de santé McGill.

C’est au consortium KPH Turcot, formé de Construction Kiewit et de Parsons du Canada, que sera octroyé le contrat de reconstruction du complexe Turcot, a annoncé jeudi le ministre des Transports, Robert Poëti. Cet immense chantier, dont les travaux débuteront au printemps prochain, sera surveillé de près par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

La ministre n’a pas voulu préciser le coût du chantier tant que le contrat ne sera pas signé — ce qui sera fait en février 2015 —, mais il a promis que le projet respecterait l’enveloppe budgétaire prévue de 3,7 milliards de dollars, de même que l’échéancier de 2020.

Feu vert de l’AMF

KPH Turcot a été choisi au terme d’un processus d’appel de propositions lancé en avril 2013. Les entreprises des trois consortiums participants ont dû démontrer leurs capacités financières et techniques et obtenir l’autorisation de l’Autorité des marchés financiers (AMF) avant de se soumettre à l’étape déterminante, celle du prix. Le consortium KPH Turcot ayant présenté l’offre la moins élevée, c’est lui qui a été retenu.

Construction Kiewit et Parsons du Canada avaient participé au projet du pont de l’autoroute 25. Basée aux États-Unis, Construction Kiewit s’est installée au Québec il y a plus de 40 ans. De son côté, la société d’ingénierie californienne Parsons du Canada compte des bureaux dans plusieurs villes canadiennes, dont Montréal.

KPH Turcot a remporté la mise contre le Groupe Futur Turcot (SNC-Lavalin, Astaldi Canada et Zachry Corporation) et contre Groupement Nouvel Échangeur Turcot (Dragados Canada, Aecon, Pomerleau et Verreault).

Débusquer la fraude

Présent à la conférence de presse, le commissaire à la lutte contre la corruption, Robert Lafrenière, a promis que l’UPAC serait présente à chacune des étapes du projet pour prévenir toute tentative de corruption, de collusion, de fraude, de fausse facturation et de travail au noir. « Vous allez voir beaucoup de jackets identifiés à l’UPAC sur les lieux, lors des travaux et dans les réunions de chantier », a-t-il affirmé.

En septembre dernier, en lien avec le projet Turcot, l’UPAC avait d’ailleurs arrêté Éric Carbonneau, un chargé de projet de Pomerleau. Celui-ci aurait tenté de soutirer une somme importante à un concurrent, SNC-Lavalin, en échange des plans et devis techniques du consortium auquel appartenait son employeur, la firme Pomerleau.

Directeur des opérations pour le Québec chez Construction Kiewit, Sébastien Marcoux s’est limité à quelques commentaires prudents : « On va s’assurer de livrer un projet sécuritaire et de haute qualité ». Le consortium, qui travaillera en partenariat avec WSP Canada et Holcim, devra assumer les risques de dépassement de coûts et devra fournir une garantie de cinq ans en cas de défectuosité.

Si le ministère des Transports du Québec (MTQ) assure que le vieil échangeur Turcot est toujours sécuritaire, il devra quand même dépenser 400 millions pour son entretien en attendant l’entrée en service des nouvelles infrastructures.

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Projet Turcot

Construction 3,7 milliards

Échéancier 2020

Travaux préparatoires 500 millions d’ici 2017

Entretien de l’échangeur actuel 400 millions d’ici 2020

20 km de voies réservées

4 km de murs antibruit

31,5 ha d’espaces verts
2 commentaires
  • Leclerc Éric - Inscrit 19 décembre 2014 09 h 53

    Les «extras» sont-ils inclus dans le contrat?

    La somme accordée n'est pas rendue publique, ni la date prévue pour l'ouverture. Et si l'ont se fie à l'état actuel de l'échangeur, construit à toute vitesse à quelques jours de l'ouverture d'Expo 67, faut-il parier que ce n'est pas en 2020 qu'il sera inauguré et qu'il aura coûté BEAUCOUP plus cher que prévu?

  • Donald Bordeleau - Abonné 19 décembre 2014 20 h 10

    L'UPAC est sur le frein depuis 8 mois.

    Comme à Gomery avec Gougoux et compagnie et l'UPAC avec Marc Bibeau qui avec ses contacts savait pour les futurs travaux pour les firmes.

    Devant tous les faits avérés, l'UPAC stagne comme par hasard. Pourquoi?