La fin du gaz de schiste... pour l’instant, selon Pierre Arcand

Dans son rapport déposé en début de semaine, le BAPE conclut que l’exploration en vue de trouver du gaz de schiste dans les basses terres du Saint-Laurent ne comportent pas assez d’avantages pour le Québec.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Dans son rapport déposé en début de semaine, le BAPE conclut que l’exploration en vue de trouver du gaz de schiste dans les basses terres du Saint-Laurent ne comportent pas assez d’avantages pour le Québec.

Le gouvernement Couillard tire un trait sur l’aventure du gaz de schiste... pour l’instant, car «on ne sait jamais ce qui peut arriver».

C’est ainsi que le ministre des Ressource naturelles, Pierre Arcand, prend acte du rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), tout en gardant une porte ouverte.

Dans son rapport déposé en début de semaine, l’organisme conclut que l’exploration en vue de trouver du gaz de schiste dans les basses terres du Saint-Laurent, par le biais de la fracturation hydraulique ainsi que son exploitation, ne comportent pas assez d’avantages pour le Québec. L’exploitation ne serait pas rentable pour l’industrie pour les 25 prochaines années, selon le BAPE. Mais qui plus est, il y a un problème d’acceptabilité sociale, souligne le rapport.

Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne mercredi, le ministre a évoqué précisément cet aspect. Selon lui, il est clair que pour l’instant, il ne semble pas y avoir d’acceptabilité sociale autour du gaz de schiste.

Par contre, du même souffle, il a pris la peine d’ajouter que, peut-être dans l’avenir, si les technologies s’améliorent, si un projet recueille la faveur de l’opinion publique, cela pourrait changer.

Le patronat mécontent

Plus tôt dans la journée, cinq associations patronales demandent au gouvernement Couillard de reconsidérer sa décision en plus de garder la porte ouverte à l’exploitation du gaz de schiste.

Ce regroupement d’affaires a estimé mercredi que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) ne possède pas l’expertise requise pour se prononcer sur les retombées économiques de l’exploitation de cette ressource.

Lundi, un rapport de l’organisme avait conclu que l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste dans les basses terres du Saint-Laurent, par le biais de la fracturation hydraulique, ne comportaient pas assez d’avantages pour le Québec.

La Fédération des Chambres de commerce du Québec, le Conseil du patronat du Québec, l’Association pétrolière et gazière du Québec, les Manufacturiers et exportateurs du Québec et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, demandent ainsi à Québec de compléter l’analyse stratégique du dossier.

Le regroupement croit qu’une analyse économique complète est nécessaire afin de connaître le plein potentiel du développement industriel qui serait engendré par la production gazière locale.

Selon les cinq associations, l’énergie n’est pas une industrie «comme les autres», puisque son intérêt se mesure en termes de «stabilité économique tout autant qu’en sécurité de l’approvisionnement».

En reconnaissant que le débat entourant le dossier du gaz de schiste a connu un «mauvais départ», le regroupement demande au gouvernement Couillard d’inclure dans sa future politique énergétique les principes visant à guider les entreprises en matière d’acceptabilité sociale.