Le ministère offre une solution aux orphelins de la RDC

Après de longues années d’efforts, Eunnick Josué Kakudji (notre photo) a réussi à faire venir au Québec sa petite soeur et son petit frère. Toutefois, son autre frère n’a pu se joindre à eux parce qu’il est désormais trop vieux pour respecter les critères du gouvernement.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Après de longues années d’efforts, Eunnick Josué Kakudji (notre photo) a réussi à faire venir au Québec sa petite soeur et son petit frère. Toutefois, son autre frère n’a pu se joindre à eux parce qu’il est désormais trop vieux pour respecter les critères du gouvernement.

L’histoire des orphelins de la République démocratique du Congo (RDC) révélée par Le Devoir lundi pourrait connaître un dénouement plus heureux que prévu.

À la suite de la publication de l’article, la ministre de l’Immigration du Québec, Kathleen Weil a trouvé une solution pour permettre au frère resté en RDC de venir rejoindre ses frères et sa soeur au Québec. « Quand on a vu l’article, on s’est renseignés pour voir où en était le dossier exactement. On s’est aperçus que la famille n’avait pas encore épuisé tous les recours », a expliqué l’attachée de presse de la ministre, Marie-Hélène Paradis.

Rappelons qu’après de longues années d’efforts, Eunnick Josué Kakudji (surnommé « Kalala ») a réussi à faire venir au Québec sa petite soeur et son petit frère. Toutefois, son autre frère, Jean-Patrice, n’a pu se joindre à eux parce qu’il est désormais trop vieux pour respecter les critères du gouvernement.

Or le ministère pense maintenant pouvoir rapatrier Jean-Patrice en invoquant des motifs humanitaires. Lundi, son personnel a conseillé à la famille de faire une nouvelle demande en se prévalant de l’alinéa c de l’article 18 du Règlement sur la sélection des ressortissants étrangers.

Cet alinéa vise les personnes qui se trouvent à l’étranger avec un proche détenteur d’un certificat de sélection et dont le « bien-être physique, mental ou moral de même que celui de ce membre de sa parenté se trouveraient fortement perturbés s’il ne pouvait l’accompagner ou le suivre au Québec ».

Le ministère pense pouvoir traiter cette demande en quelques jours. Toutefois, l’immigration étant un domaine de compétence partagée, le frère de Kalala devra ensuite déposer une demande de résidence permanente auprès de Citoyenneté et Immigration Canada.

Vols retardés

Joint lundi, M. Kakudji cherchait les mots pour décrire son bonheur. « Je [ne] sais pas quoi dire, je manque de mots ! »

Quant à son jeune frère et à sa plus jeune soeur (Ézéckiel et Tanisha), ils étaient en route vers le Québec au moment d’écrire ces lignes. Les difficultés les auront toutefois pourchassés jusqu’à la dernière minute.

Mercredi dernier le gouvernement de la RDC avait refusé de leur fournir des visas de sortie parce qu’ils n’étaient pas approuvés par… les parents. Il s’est finalement ravisé samedi après que le Service d’accueil des réfugiés du Québec (SARQ) lui eut transmis la preuve écrite qu’il s’agissait d’orphelins.

Lundi, le SARQ et Kalala ont de nouveau eu des sueurs froides en apprenant que les deux jeunes n’avaient pas pu prendre leur avion en raison de problèmes techniques. Finalement, au moment d’écrire ces lignes lundi soir, ils étaient en attente d’une correspondance, vraisemblablement dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba. À moins d’un nouveau souci, leur frère pourra les accueillir à Québec jeudi.