La fête nationale visée par les coupes

La subvention gouvernementale accordée pour organiser la fête en 2016 sera revue à la baisse, une diminution qui devrait atteindre jusqu’à 20 %.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La subvention gouvernementale accordée pour organiser la fête en 2016 sera revue à la baisse, une diminution qui devrait atteindre jusqu’à 20 %.

Les Québécois qui aiment bien faire la fête le 24 juin vont devoir eux aussi contribuer à éliminer le déficit.

Selon ce qu’a appris La Presse canadienne, de sources gouvernementales sûres, le ministre Yves Bolduc s’apprête à couper les vivres à la Fête nationale des Québécois.

La subvention gouvernementale accordée pour organiser la fête en 2016 sera revue à la baisse, une diminution qui devrait atteindre jusqu’à 20 % par rapport à la somme versée en 2014, soit environ un million de dollars en moins. Celle prévue en 2015 serait toutefois épargnée.

L’organisation de la fête est confiée depuis une trentaine d’années au Mouvement national des Québécois (MNQ) pour l’ensemble du Québec, et au comité de la fête nationale de Montréal, pour la portion montréalaise de l’événement, soit le grand spectacle au parc Maisonneuve et le traditionnel défilé dans les rues de la ville.

Le responsable du dossier, le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Yves Bolduc, a refusé une demande d’entrevue à propos du financement de la traditionnelle Saint-Jean.

Cependant, son cabinet a confirmé qu’il travaille présentement sur une révision à la baisse des fonds publics accordés à la Fête nationale des Québécois. Des discussions ont déjà eu lieu entre le gouvernement et les organisateurs, qui espèrent s’en tirer sans trop de dégâts.

Hausses précédentes

Chose certaine, le gouvernement estime que l’effort fourni par la société québécoise pour assainir les finances publiques et atteindre l’équilibre budgétaire dès l’an prochain doit aussi se refléter dans les célébrations entourant la Fête nationale.

Selon des sources, le ministre Bolduc n’a pas du tout aimé que le gouvernement précédent ait décidé d’augmenter pour les deux prochaines années le budget remis au MNQ et au comité de la fête nationale de Montréal, le jour même du déclenchement des élections générales, le 5 mars dernier.

Surtout, on n’a pas digéré le fait que le gouvernement Marois en a profité pour bonifier de quelque 20 % la subvention annuelle globale versée pour la Fête nationale, qui est passée de 4,4 millions en 2014 à 5,4 millions en 2016. Pour 2015, la contribution financière de Québec atteint 5 millions.

Le ministre Bolduc s’assurera que, malgré les engagements financiers pris par le gouvernement péquiste, la subvention versée respectera la capacité de payer des contribuables, a commenté l’attachée de presse du ministre, Yasmine Abdelfadel. Le montant révisé de la subvention devrait être connu dans les prochaines semaines.

Au Mouvement national des Québécois, on semble prendre les choses avec une certaine résignation. « On va travailler avec l’argent qui nous est alloué », a commenté, en entrevue téléphonique, le directeur général de l’organisme, Gilles Grondin, qui promet d’être « créatif », quoi qu’il arrive. Le MNQ supervise, à l’échelle nationale et partout en régions, l’organisation d’un millier de spectacles, 6000 activités sur 700 sites, les 23 et 24 juin.

M. Grondin est certain d’arriver prochainement à un compromis acceptable, qui ne forcera pas les organisateurs à annuler des activités. « Si on coupe 25 %, on est aussi bien de fermer les livres », a-t-il fait valoir.

Car si la compression à venir est substantielle, comme cela semble être le cas, l’organisation devra faire des choix et « des projets en développement devront être reportés », a indiqué M. Grondin, qui dit avoir hâte d’être fixé sur la suite des choses.

24 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 15 décembre 2014 04 h 37

    Très mince, hélas !

    « Pour 2015, la contribution financière de Québec atteint 5 millions. » (Jocelyne Richer, La Presse canadienne, Le Devoir)

    Mince contribution quand on sait que cette Fête entraîne tout Québec à se souvenir et relancer, de mémoire-histoire, sa culture, sa langue, son identité, sa fierté !

    Très mince, hélas ! - 15 déc 2014 -

  • Yves Côté - Abonné 15 décembre 2014 05 h 16

    Idée fixe

    Maintenant que depuis sa tribune internationale, Madame Jean veille au grain pour contrer encore plus efficacement tout propos "agaçant" (comme ceux que je tiens en France depuis que j'y suis arrivé, en 1996, dans un insuccès d'audience presque complet), l'idée fixe canadienne de la disparition normale de notre peuple pourra encore mieux s'expatrier du Canada. En particulier vers la France, pays qui devrait être celui qui comprend le mieux ce qui se passe au Québec, alors qu'une certaine élite régnante et conservatrice, par facilité, intérêt ou autres, participe activement à son saccage culturel et linguistique...
    Les seuls peuples historiques convenables au Canada sont ceux qui ne représentent plus, malheureusement, de risque sur le plan politique, leur représentation numérique étant trop réduite. Ainsi, comme ce fut pour nos soeurs et frères Acadiens, Métis et Amérindiens, l'idée fixe de notre déclassement inévitable doit continuer de progresser dans les faits et les souhaits, sous des apparences persistantes qui trompent et confortent des observateurs internationaux patentés; eux qui ont portes ouvertes à la diffusion publique de leurs "analyses" (à l'exemple malheureux des certitudes de Christophe Barbier et de plusieurs autres).
    Pour atteindre l'objectif, rien n'est donc négligé, ni trop cher, ni trop gros, pour désarmer électoralement et politiquement les Québécois au Canada.
    Mais il m'est quand même avis que pour nous achever comme collectivité significative, d'avoir compté sur l'endormissement débonnaire des Québécois aura été une grossière erreur.
    Notre histoire elle-même, si mal connue il est vrai, ne donne-t-elle pas des exemples probants de notre manque d'élégance et de collaboration à vouloir disparaître ?
    Depuis le 16è siècle, les faits démontrent que jamais ces demi-civilisés que nous ne sommes aux yeux de nos adversaires, ne nous montrons meilleurs, que devant l'impossible.
    Merci de votre lecture.
    Et Vive le Québec Libre !

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 15 décembre 2014 05 h 34

    Fêtes

    Je sais qu'il n'y a pas de petites économies quand on est serré. Que le ministre me promette qu'il fera la même analyse pour la fête du Canada et la pilule passera mieux. Est-ce que je m’y attends ? Étrangement, pas vraiment.

    Bonne journée.

    PL

    • Alain Michaud - Inscrit 15 décembre 2014 09 h 18

      Juste comme, le fédéral investi moins d'argent pour la fête du Canada, et ce, pour l'ensemble du pays que le Québec le fait. Même après les présentes coupures, il restera plus élevé. Les subventions ne seront pas éliminées, simplement réduites. Elles ne se trouveront qu'au même niveau qu'avant le gouvernement de Marois. À moins que je me trompe, la St-Jean a tout de même eu lieu à chaque année avant cette époque. Il ne faudrait pas chercher des complots où il n'y en a pas.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 15 décembre 2014 12 h 24

      Convenez avec moi Monsieur Michaud que le PLQ fait tout pour alimenter les théories du complot contre le peuple québécois...Les coupures annonçées ont un fond idéologique qui m'apparait très malsain...Cette facon de faire mettra de plus en plus ce peuple sur la défensive...Couillard et sa gang ont pour l'instant les mains libres, mais ne sous-estimez pas les réactions populaires à venir...On ne peut continuer à attaquer impunément la vie de ce peuple sans qu'il y ait une réaction qui, si ces attaques continuent dans le même sens, sera très violente. Ne réveillez pas trop l'animal qui dort...Certains pourraient avoir des surprises...Quand on cherche à créer le chaos, on l'obtient...Ça pourrait faire mal...

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 15 décembre 2014 15 h 46

      Lorsque le gouvernement provincial annoncera qu'il diminue aussi le financement de la fête du Canada pour la même raison, je deviendrai d'accord avec vous M. Michaud. S'il ne veut économiser que sur la première, accepterez-vous qu'il y a anguille sous roche ?

      Je trouve que certains ont le pardon plus facile pour certains que d’autres. Mais où ais-je bien pu prendre cette idée ?

      PL

    • Alain Michaud - Inscrit 15 décembre 2014 17 h 45

      Monsieur Lefebvre, je me ferai un plaisir de vous répondre lorsque vous me sortirez les chiffres des subventions venant du gouvernement québécois pour la fête du Canada. Pas l'argent de la part de Patrimoine Canada, mais bien les subventions provinciales pour cette fête. Après, nous comparerons les chiffres c'est promis.

      Pour ce qui est du pardon, ne vous inquiétez pas pour moi, jamais ne m'abaisserait à voter libéral. Mais de la à voir u complot dans chaque mauvaise décisions, faut pas en rajouter non plus.

    • François Ricard - Inscrit 15 décembre 2014 19 h 32

      M. Michaud,
      Le fédéral a investi 9,3 millions dans la commémoration de la guerre de 1812.

    • Alain Michaud - Inscrit 15 décembre 2014 22 h 14

      Oui, je sais. Et c'est complètement stupide. Mais le lien avec l'annulation de l'augmentation du budget de la fête nationale maintenant? Parce que des exemples de subventions ridicules, il y en à la tonne et ce, de la part de tous les partis

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 16 décembre 2014 07 h 10

      Sans voir des complots partout, nous pouvons toujours bien observer des tendances, n'est-ce pas, M. Michaud. «Et si la tendance se maintient» comme disait l'autre...

      Malheureusement tout ne se traduit pas avec des chiffres. Et tout réduire qu'aux chiffres est tout diminuer au plus petit dénominateur commun. Certaines «valeurs» sont plus grandes que les chiffres. Ne calculer que le nombre de voyelles et de consonnes utilisées dans Diderot ou Molière (pour ne nommer que ceux-là) diminue le message un tant soit peu, vous en conviendrez.

      Bonne journée.

      PL

    • Alain Michaud - Inscrit 16 décembre 2014 07 h 42

      Monsieur Lefebvre, j'appui entièrement ce que vous dites. Toutefois, c'est vous qui m'avez parlez du financement de la fête du Canada par le gouvernement québécois. Donc, je vous demande simlement quel est ce montant qui vous trouble. Parce que sincèrement, si vous demandez au gouvernement de réduire des dépenses qu'il ne fait pas, il ne peut s'agir soit d'ignorance, soit de malhonnêteté. Personellement, je préférerais l'ignorance, car nous ignorons tous un tas de trucs.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 décembre 2014 11 h 26

      Je pourrais vous demander la même chose M. Michaud, soit de me démontrer que le provincial n'investit pas dans la fête du Canada même si c'est moi qui a soulevé la question. Il semble que nous n'avons ni l'un ni l'autre la réponse, ce qui nous place tous deux dans l'ignorance où nous resterons car personne que nous deux ont brassé ces cartes. Quelqu'un qui est au courant peut-il nous aider ?

      En attendant, j’apprécie l’honnêteté de notre échange. Et ce qui me trouble, tout comme vous, en fin, est beaucoup plus profond que ce détail de quelques centaines de dollars.

      Bonne journée.

      PL

  • François Ricard - Inscrit 15 décembre 2014 05 h 51

    Une culture à abattre

    La culture est l’outillage mental dont disposent les individus d’une société donnée : la langue, les traditions, l’histoire, les valeurs.
    C’est par sa culture qu’un peuple a une identité. Et c’est par les moyens qu’il se donne pour protéger cette identité qu’un peuple devient nation.
    Les personnes qui manquent de culture voient les artistes comme des parasites alors qu'ils sont, en fait, le levain essentiel de toute culture.

  • François Ricard - Inscrit 15 décembre 2014 05 h 52

    Dirigés par des barbares

    Lorsque pressé de couper dans la culture en période difficile durant la seconde guerre mondiale, Winston Churchil répondit;
    -"Mais alors!! pourquoi nous battons -nous?"
    Et pendant toute la guerre, en Angleterre, les artistes étaient sur scène. Churchill, et son gouvernement, croyaient leur apport essentiel et ont fourni l'argent nécessaire.
    Churchill, extrêmement cultivé, connaissait la valeur de la culture.
    D'autres, hélas, ne connaissent que la rengaine du déficit.