Des votes libres pour les péquistes enfin, propose Alexandre Cloutier

S’il est élu chef du Parti québécois, Alexandre Cloutier permettrait à ses députés de voter librement, confirmant du coup que le vote libre, que Pauline Marois promettait d’instaurer, n’est pas devenu une réalité pour les troupes péquistes.

« Il est grand temps que dans la vie démocratique d’un parti politique, nous mettions en place un vote libre complet », a déclaré vendredi Alexandre Cloutier, en dévoilant ses propositions pour « dépoussiérer » les institutions démocratiques du Québec.

Il faut accepter ce « changement de culture », accepter « qu’il y ait des débats entre parlementaires et que parfois des voix dissidentes s’expriment sans pour autant que ce soit considéré comme étant de la chicane », a plaidé le candidat.

Le vote libre serait permis sur tout sujet sauf, évidemment, s’il s’agit d’un vote de confiance à l’endroit du gouvernement. Malgré des affirmations selon lesquelles les élus péquistes votent librement, ce n’est arrivé qu’une fois, lors de l’adoption du projet de loi sur l’amphithéâtre de Québec en septembre 2011. Alexandre Cloutier avait signifié son abstention, tandis que sept députés péquistes avaient voté contre le projet de loi.

Le candidat à la chefferie péquiste veut aussi mettre fin à « la politique-spectacle » à l’Assemblée nationale. Il donnerait un mandat à la Commission sur la réforme parlementaire qui pourrait s’inspirer du Manifeste pour une nouvelle culture politique que le député de Labelle, Sylvain Pagé, a publié en 2011. La commission pourrait recommander de limiter les applaudissements des députés qui émaillent la période de questions ou que le premier ministre n’ait à répondre aux questions des élus qu’une fois par semaine, comme c’est le cas à Westminster.

Propositions

Le député de Lac-Saint-Jean estime que les élus siègent de trop longues heures à l’Assemblée nationale, surtout en commissions parlementaires, ce qui nuit à la conciliation travail-famille. En Ontario, les élus siègent cinq fois moins d’heures, a-t-il fait observer.

Plus qu’un état des finances publiques rendu public avant les élections et confirmé par le Vérificateur général, comme le veulent les libéraux, Alexandre Cloutier prône la création d’un poste de directeur parlementaire du budget, comme il en existe un à Ottawa. À chaque changement de gouvernement, c’est « la même cassette », s’est-il plaint : le nouveau gouvernement découvre une situation financière pire que prévu. « J’ai l’impression de jouer dans le même film. »

Alexandre Cloutier est un partisan du mode de scrutin proportionnel mixte auquel les élus péquistes se sont toujours opposés. « C’est bon pour la société québécoise et c’est ce que réclament les gens », croit-il. Grâce aux candidats de liste désignés par les partis, c’est aussi le moyen le plus simple d’assurer la présence à l’Assemblée nationale d’un plus grand nombre de femmes et de Néo-Québécois, estime-t-il.

Enfin, le candidat propose l’adoption d’une Constitution du Québec, transitoire, qui regrouperait les lois actuelles de nature constitutionnelle comme la Charte des droits et libertés de la personne, la Charte de la langue française, la Loi sur l’Assemblée nationale et la Loi sur l’exercice des droits fondamentaux du peuple québécois.