Taxes municipales: Pierre Moreau lance un ultimatum à Longueuil et Laval

Le ministre s’est dit prêt à retenir les paiements de transfert dus à ces municipalités.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre s’est dit prêt à retenir les paiements de transfert dus à ces municipalités.

Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, lance un ultimatum à deux des plus importantes municipalités de Québec: Longueuil et Laval.

Québec leur coupera les vivres, si elles persistent à dire que les hausses de taxes municipales annoncées lundi sont attribuables aux compressions apparaissant dans le dernier pacte fiscal défini par le gouvernement Couillard.

Au cours de deux points de presse, mercredi, le ministre Moreau n’entendait pas à rire, estimant que les deux maires, Caroline Saint-Hilaire, à Longueuil, et Marc Demers, à Laval, prenaient «les gens pour des crétins».

M. Moreau s’est dit prêt à retenir les paiements de transfert dus à ces municipalités, si elles ne s’amendaient pas.

«Il est tout à fait irrationnel et injustifiable, sur le plan des chiffres, d’invoquer le pacte fiscal pour [imposer] une augmentation des taxes municipales», a insisté M. Moreau, sur tous les tons.

Il note que les deux villes étiquetées délinquantes affichent toutes les deux des surplus accumulés (de 17,5 millions dans le cas de Longueuil, et de 117 millions dans le cas de Laval), dans lesquels elles devraient piger avant d’alourdir le fardeau des contribuables.

Les deux maires ont le tort de faire de la politique sur le dos de leurs citoyens, selon M. Moreau, qui leur demande d’assumer les coupes de transferts annoncées par Québec dans le pacte fiscal à même des compressions de leurs dépenses, ou alors en utilisant leurs surplus.

Sinon, si Longueuil et Laval ne corrigent pas le tir, Québec réduira d’autant les transferts prévus pour elles, menace le ministre, qui pourrait aller jusqu’à rembourser directement les contribuables de l’effort additionnel demandé par leur maire.

Dans leur budget de lundi, les maires de Longueuil et de Laval ont annoncé respectivement des hausses de taxes de 3,9 % et de 3,2 %, en moyenne, et ont jugé qu’une partie de cette hausse était attribuable aux compressions annoncées dans le dernier pacte fiscal. C’est ce qui a mis le ministre en colère.

«C’est indécent de justifier une augmentation de taxes» en procédant ainsi, selon lui.

Le dernier pacte fiscal prévoit une baisse de 300 millions des transferts versés aux municipalités de tout le Québec, soit 10,7 millions de moins pour Laval et 5,5 millions de moins pour Longueuil.

Les maires de ces deux villes ont une chose en commun: ils sont souverainistes. La mairesse de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, est une ancienne députée bloquiste et est la conjointe du député péquiste Maka Kotto. Le maire de Laval, Marc Demers, est un ancien candidat péquiste.

«Ils doivent se comporter comme des administrateurs raisonnables», a tranché M. Moreau, qui qualifie le message envoyé par M. Demers et Mme Saint-Hilaire de «purement politique».

Il note en passant que la mairesse de Longueuil, en présentant son budget lundi, a fait croître le nombre de cadres dans sa ville et qu’elle a consenti une hausse de 3,4 % des dépenses municipales, des décisions que le ministre juge fort discutables dans un contexte de compressions budgétaires.

Et si jamais d’autres villes songeaient à emboîter le pas à Longueuil et Laval, «elles seront soumises aux mêmes mesures», a-t-il prévenu.