Des intentions, annoncées ou pas

Des gens contestent le plan de réductions budgétaires du gouvernement Couillard, à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des gens contestent le plan de réductions budgétaires du gouvernement Couillard, à Montréal.
L’ampleur du ménage entrepris par le gouvernement Couillard en étonne plusieurs. Dans certains cas, les libéraux avaient annoncé leurs intentions en campagne électorale. Ailleurs, pas du tout. Regard sur l’historique de quelques mesures phares.​
 

1- Centres de la petite enfance (CPE)

Le gouvernement propose une modulation des tarifs des CPE selon les revenus des parents. Certains paieront le tarif actuel, 7,30 $, d’autres paieront jusqu’à 20 $ par jour dès le 1er janvier 2015.

En campagne électorale, Philippe Couillard avait promis d’indexer les tarifs au coût de la vie à partir du montant actuel de 7,30 $. Il avait dénoncé la hausse proposée par le Parti québécois (jusqu’à 9 $) en la qualifiant de « choc tarifaire ».

2- Commissions scolaires

Le gouvernement propose la fusion de plusieurs commissions scolaires pour ramener leur nombre de 72 à 46. La réorganisation se fera à grande échelle, si bien qu’à peu près toutes les commissions scolaires du Québec seront touchées par le redécoupage territorial.

Lors d’un débat des chefs, Philippe Couillard avait dit, à propos des commissions scolaires : « Je veux les préserver, c’est un endroit de proximité, on me l’a dit partout. » À un hebdomadaire de Québec, il avait affirmé qu’il « ne fera pas de fusions forcées ». Il avait toutefois promis de réduire la bureaucratie au ministère de l’Éducation (en supprimant 500 postes) et d’abolir les directions régionales (ce qui a été fait).

3- Procréation assistée

Les libéraux ont considérablement réduit le programme. La gratuité est limitée aux cas où la fertilité est compromise et pour les services d’insémination artificielle. Les autres services, comme la fécondation in vitro, ne sont plus remboursés, sauf en partie par un crédit d’impôt. Philippe Couillard n’a jamais été favorable au programme — il s’y était opposé en 2008. Mais en août 2013, il affirmait qu’il n’allait pas « rouvrir ce débat pour retirer à la population le programme dont elle bénéficie ». En campagne, les libéraux avaient toutefois été clairs sur le fait qu’ils entendaient revoir les paramètres du programme.

4- Municipalités

Le gouvernement a récemment signé un pacte fiscal transitoire d’un an avec les municipalités, comprenant des compressions de 300 millions. Les conférences régionales des élus sont abolies, et les centres locaux de développement, affaiblis.

Philippe Couillard avait bien parlé du pacte fiscal en campagne électorale, mais pour dire que le gouvernement en profiterait pour introduire un partage des redevances liées aux ressources minières, pétrolières et gazières.

5- Fardeau fiscal des contribuables

Le ministre des Finances a annoncé une série de mesures qui alourdissent le fardeau fiscal des contribuables : hausse des taxes sur l’alcool et le tabac, modulation des tarifs des CPE, crédits d’impôt réduits, tarifs d’immatriculation et taxe de vente sur les primes d’assurance automobile en hausse. Par la mise à jour économique de cette semaine, l’effort demandé aux contribuables atteint 262 millions.

En campagne, le Parti libéral s’était engagé à ne procéder à aucune hausse d’impôt ou de taxe. « Nous estimons que le fardeau fiscal a augmenté suffisamment, que nous sommes actuellement à la limite », disait le futur président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

6- Santé

La hausse prévue de la rémunération des médecins a été étalée et permettra d’économiser 194 millions, affirme le gouvernement. Celui-ci a aussi décidé d’abolir les agences régionales, entre autres changements au sysème de santé.

En campagne, les libéraux avaient entretenu le doute sur leur volonté de revoir les paramètres des hausses salariales des médecins, mais le thème avait été discuté.

Quant aux agences, le programme parlait de réduire la bureaucratie de 10 %. Abolir les agences était plutôt une promesse de la Coalition avenir Québec.

À voir en vidéo