Les contribuables seront épargnés à l’avenir, promet Philippe Couillard

Après avoir haussé leur fardeau fiscal de 500 millions, le premier ministre Philippe Couillard promet désormais aux contribuables qu’ils n’auront plus à sortir leur portefeuille pour assurer le retour à l’équilibre budgétaire en 2015-2016.

« Le chemin qui reste à faire ne sera pas fait par les contribuables, il sera fait, encore une fois, par le gouvernement, dans son périmètre de dépenses », a déclaré mercredi Philippe Couillard. Son gouvernement doit encore soumettre l’État à des coupes de 1,2 milliard, selon les documents du ministère des Finances.

En campagne électorale, le chef libéral s’était engagé à ne procéder à aucune hausse d’impôt ou de taxe, une promesse qu’il a répétée une fois au pouvoir. Or, si le gouvernement Couillard n’a pas décrété d’augmentation générale d’impôt ou de taxe, le ministre des Finances Carlos Leitão a trouvé une foule de moyens d’alourdir le fardeau fiscal des Québécois, que ce soit par la hausse des taxes sur le tabac et l’alcool, contenue dans son budget de juin, la modulation des tarifs des services de garde ou encore les mesures annoncées, mardi, dans la mise à jour économique et financière. Ainsi, Québec réduit de moitié le crédit d’impôt pour les cotisations syndicales et professionnelles, augmente les tarifs d’immatriculation pour les grosses cylindrées et hausse la taxe de vente sur les primes d’assurance automobile.

« Ce que nous faisons est ciblé et raisonnable », a fait valoir le premier ministre. « Tout le monde va être récompensé par l’atteinte de l’équilibre budgétaire, et également par les impôts que nous pourrons baisser pour remettre l’argent dans la poche du monde d’ici la fin du mandat », a fait miroiter Philippe Couillard.

Le premier ministre a déjà pris l’engagement de consacrer la moitié des surplus dégagés après l’atteinte de l’équilibre budgétaire à la réduction, voire à l’élimination, de la taxe santé. Il reste environ 700 millions de cette taxe santé que le gouvernement Marois avait déjà diminuée de 400 millions après avoir promis de l’abolir.

Pour le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, ce n’est pas 500 millions, mais bien 1,4 milliard que le gouvernement Couillard a soutiré aux contribuables. Cette ponction représente 50 % du déficit réel de 3,8 milliards de 2013-2014, un chiffre qu’ont confirmé les comptes publics dévoilés en même temps que la mise à jour. Ce 1,4 milliard comprend les hausses des tarifs d’électricité et des taxes scolaires ainsi que la réduction de 300 millions des transferts aux municipalités. Le chef caquiste a accusé les libéraux de prendre les contribuables pour « un guichet automatique ».

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, Nicolas Marceau, estime que les Québécois « vont payer rubis sur l’ongle » l’atteinte de l’équilibre budgétaire. « Le réflexe libéral, il est intact, il est de retour, il s’agit de piger dans les poches des Québécois », a-t-il affirmé.

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1 commentaire
  • Leclerc Éric - Inscrit 4 décembre 2014 23 h 22

    Paroles, paroles, paroles et encore des paroles

    Philippe a fait bien des promesses en campagne électorale, une fois l'électorat séduit par une équipe de conseillers professionnels (et surtout pendant le débat télévisé), le gouvernement réélu majoritairement après un court séjour de quelques mois dans l'opposition officielle, fait ce qu'il veut dans son propre intérêt.

    Plus facile de saigner à blanc les petits et moyens salariés que les pme. Si le Québec entre en récession à cause des nouvelles ponctions faites dans les poches des salariés, est-ce les gérants de banques et directeurs de caisses populaires qui dépenseront plus pour stimuler l'économie? Ils ont besoin de l'argent des consommateurs pour verser des ristournes et faire des profits, sans parler de leurs actifs dans les paradis fiscaux.