Les contribuables passent à la caisse

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, aux côtés du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, au moment de la présentation de la mise à jour économique et financière, mardi à Québec.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre des Finances, Carlos Leitão, aux côtés du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, au moment de la présentation de la mise à jour économique et financière, mardi à Québec.

La mise à jour économique et financière présentée par le ministre des Finances Carlos Leitão n’épargne pas les contribuables. Dans le but d’atteindre l’équilibre budgétaire, les Québécois paieront plus d’impôt et de taxes l’an prochain, le gouvernement Couillard réduisant de 600 millions ses dépenses fiscales, dont près de 300 millions touchent les particuliers.

S’ajoute une hausse du prix de l’essence d’environ 2 cents en raison de l’inclusion, dès janvier 2015, des distributeurs de carburants au marché du carbone Québec-Californie, après l’enrôlement de la grande industrie, un débours de 200 millions dont plus de la moitié viendra des goussets des simples automobilistes. Une partie de l’augmentation de taxe sur l’assurance sur le capital des assureurs de personnes et d’une surtaxe temporaire pour les institutions financières, une nouvelle ponction d’un peu moins de 300 millions, pourrait également être refilée à leurs clients.

Les résultats obtenus « nous permettent d’être optimistes et confiants. Le Québec va mieux, la situation économique et financière s’améliore », a déclaré Carlos Leitão, qui a donné l’assurance que l’objectif d’un déficit limité à 2,35 milliards cette année et de renouer avec l’équilibre financier l’an prochain sera atteint.

Les prévisions quant à l’emploi ont toutefois déraillé depuis juin : Carlos Leitão s’attend à une perte de 1600 emplois en 2014 alors qu’il avait prévu un gain de 31 300 emplois. En campagne, les libéraux ont fait miroiter la promesse de 250 000 nouveaux emplois sur les cinq prochaines années.

Dans le dernier budget en juin, le gouvernement Couillard avait concocté diverses mesures évaluées à 50 % d’une somme de 7 milliards à retrancher. « Avec la mise à jour, c’est maintenant 84 % des mesures à réaliser qui sont identifiées pour retourner à l’équilibre budgétaire en 2015-2016. Ce qui reste, c’est à peu près un milliard, a signalé Carlos Leitão. C’est tout à fait faisable, ce n’est pas problématique d’identifier le milliard qui reste. »

Plusieurs des mesures ont été couchées sur papier — une somme de 3,6 milliards à laquelle la mise à jour ajoute près de 2,5 milliards —, mais elles ne se feront sentir que l’an prochain, comme la modulation de 193 millions des tarifs des services de garde, la coupe de 300 millions dans le pacte fiscal ou la réduction des effectifs de l’État.

Les contribuables n’ont assumé que 11 % de l’effort global pour l’atteinte du déficit zéro, a évalué Carlos Leitão. « Je trouve ça très peu », a affirmé le ministre, qui a rappelé que ni les taux d’imposition ni la taxe de vente n’ont été majorés. C’est du côté des dépenses, surtout, que la réduction a eu lieu, a-t-on soutenu. « Les efforts qui touchent les contribuables en particulier sont extrêmement limités », a fait valoir le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, qui accompagnait le ministre des Finances, tout comme leur collègue de l’Environnement, David Heurtel.

Même avec le dernier tour de vis donné aux dépenses fiscales, le contribuable est gagnant avec l’indexation statutaire des tables d’impôt — 200 millions — et la baisse récente des prix de l’essence d’une valeur de 800 millions, estime le ministre des Finances. « Nous sommes rendus à un milliard dans les poches des contribuables pour soutenir la croissance économique en 2015 », s’est-il réjoui.

Crédits d’impôt réduits

Pour soutirer un peu plus de revenus des contribuables, Québec diminue de moitié les crédits d’impôt pour les cotisations syndicales et professionnelles, soit de 20 % à 10 % de leur valeur, augmente le tarif d’immatriculation des grosses cylindrées et augmente la taxe sur les primes d’assurance automobile.

Au regard des entreprises, Carlos Leitão, après la coupe générale de 20 % des crédits d’impôt qui se traduit par une économie de 270 millions, introduit des restrictions visant les crédits d’impôt en recherche-développement afin de récupérer à terme 130 millions de plus. En 2016-2017, c’est 31 % de l’aide fiscale aux entreprises qui sera éliminée, aide fiscale qui passera de 2,5 milliards à 1,7 milliard. En revanche, le ministre réduit la taxe sur le capital des PME du secteur primaire et manufacturier et bonifie la déduction pour les coûts de transport des PME manufacturières. En outre, le Fonds vert sera mis à contribution pour soutenir leur efficacité énergétique.

Le gouvernement s’engage à ne plus réduire globalement les crédits d’impôt aux entreprises et seuls des ajustements pourront être apportés, a indiqué Carlos Leitão. La Commission d’examen sur la fiscalité québécoise, présidée par Luc Godbout, rendra public son rapport d’ici la fin de l’année, mais son travail ne consistera plus qu’à analyser finement l’efficacité de chacun des crédits d’impôt.

Garderies: un supplément déductible au fédéral

Le gouvernement fédéral a dissipé les doutes : le supplément que les parents québécois devront débourser en fin d’année, par l’entremise de leur déclaration de revenus, pour les places en garderies subventionnées sera déductible d’impôt au fédéral. La ministre du Revenu, Kerry-Lyne Findlay, en a fait l’annonce mardi : « Je peux confirmer devant la Chambre que les dépenses supplémentaires liées à la garde d’enfants seront déductibles au fédéral. » L’Agence du revenu du Canada exige la présentation de reçus pour que les frais de garde soient déductibles d’impôt. Or, le supplément que le gouvernement de Philippe Couillard envisage de faire payer aux parents prendra la forme d’une ponction fiscale en fin d’année, qui ne débouche pas sur un reçu de la garderie. Au fédéral, les frais de garde sont déduits du revenu imposable du contribuable, jusqu’à concurrence de 8000 $. Hélène Buzzetti

Projet de loi 10: pas de relâche

Le gouvernement libéral appuie sur l’accélérateur afin de hâter la mise au vote du projet de loi 10. Les élus ont été appelés à poursuivre l’étude de la réforme du réseau de la santé en pleine relâche parlementaire. Pour l’instant, le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a convenu de les convoquer « seulement la semaine du 15 décembre », a indiqué son attaché de presse, Félix Rhéaume. Après deux jours, les élus ont passé en revue seulement trois articles — sur 165 — du projet de législation controversé visant à modifier l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé, notamment par le biais de l’abolition des agences régionales. Au cabinet de M. Fournier, on n’écarte pas l’idée de continuer l’examen d’autres projets de loi durant la relâche parlementaire, mais pas celui du projet de loi 15. Le gouvernement a bon espoir de soumettre au vote le projet de loi sur le contrôle des effectifs de l’État d’ici à l’ajournement des travaux, vendredi. Les élus ont bouclé l’étude détaillée du document mardi.
50 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 3 décembre 2014 00 h 42

    Banques et Assurances

    Il est bien de voir les banques et les compagnies d'assurances devoir faire aussi leur part..on doit tous faire notre petite contribution .

    • Olivier Mauder - Inscrit 3 décembre 2014 08 h 43

      Vous plaisantez, j'espère. Quelle contribution ? La majorité des hausses est assumée par les particuliers.

      Vous ne semblez pas avoir grand chose à dire à propos de cette mise à jour.

    • François Ricard - Inscrit 3 décembre 2014 09 h 06

      Ce sont des taxes qu'elles auront tôt fait de refiler aux consommateurs.
      C'est par l'impôt, qui est basé sur le profit net et qui affecte les actionnaires, qu'il faut procéder.
      Toute taxe est ultim,ent payée par la personne au bout de la chaîne: le consommateur.

    • Danielle Houle - Inscrite 3 décembre 2014 09 h 09

      Et les banques et compagnies d'assurances nous refileront le coût de leurs petites contributions. Tiens, je saigne en double...

    • Yves Corbeil - Inscrit 3 décembre 2014 10 h 04

      Vous comprennez vraiment rien, on paie encore pour les bandits qui nous volent des milliards partout. Tout ce que touchent les gouvernements nous coutent le double sinon plus depuis une grosse décennie, le métro, les trains de banlieue, les hopitaux, les infrastructures routières chaque projet nous a couté une fortune en dépassement pour toute sortes de raisons mentionné a cette commission qui a aussi couté des millions et servi a pratiquement rien sauf nous confirmé ce que l'on voyait et savait. AUCUN dirigeants gouvernemental imputable, incroyable non. Parlez moi pas de Laval, Mascouche ou Boisbriand une goutte dans ce grand cirque.

      Les paradis fiscaux ce n'est pas compliqué tous le monde en parle, des milliards qui transitent là, ce n'est certainement pas l'argent de monsieur tout le monde qui se cache dans ces endroits a l'abris desw impots.

      Même l'oracle de Omaha Warren Buffet le dénonce que ce n'est pas normal que sa secrétaire et même sa femme de ménage ont un taux d'imposition plus élever que le sien.

      Les taxes pour épongé tous ces vols, vous pensez quand même pas quelles vont disparaitre au retour a l'équilibre, avez vous déjà vu des taxes disparaitres.

      Envoyez les morrons payez et fermez vous, on s'occupe des, non de vos affaires. Et il y a encore des aveugles qui supportent ces bandits.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 3 décembre 2014 05 h 08

    Milliards

    Dans un après-midi, nous avons économisé 4 milliards. Du 7 milliard de trou fiscal brandi par les Libs aux élections, nous sommes descendu à 2,8 milliards et ce même avant la mise à jour économique et encore après qu'ils ont découvert quel marasmes ils ont découvert une fois qu'ils ont pu ouvrir les livres. Nous devrions tous être heureux qu’ils y soient même si nous devons leur refiler quelques 5 milles dollars par année de plus par habitant. Nous on en a de l’argent même si eux n’en ont pas. C'aurait été bien qu'ils fassent leur annonce avant le vendredi noir tout de même

    Bonne et joyeuses fêtes

    PL

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 3 décembre 2014 12 h 10

      Faites le calcul vous-même; mais n'oubliez pas d'ajouter le prix du lait, du pain et des tomates qui va augmenter. Tous serons frappés et vous refileront la facture.

      PL

  • Marcel Bernier - Inscrit 3 décembre 2014 05 h 43

    Après le saccage...

    Tout sera à refaire. Nous avons, collectivement, mis en place des programmes et des services nous permettant de répartir la richesse collective dans un souci d'équité et de justice sociale. Au lieu de bien jauger les tenants et aboutissants des actions gouvernementales, nos apprentis sorciers ne jurent que par une simple équation comptable, équation qui ne tient pas compte de la volonté des hommes et des femmes qui contribuent, par leur labeur, à faire en sorte que notre société en soit une de solidarité.
    Il n'est pas dit que nous devons accepter qu'on mène les destinées de tout un peuple selon les modalités d'une entreprise privée; nous n'accepterons pas que le modèle de gouvernance du gouvernement soit calqué sur celui de Power Corporation, ni même qu'un Barette fasse un <Power trip>.

    • Raymond Turgeon - Inscrit 3 décembre 2014 10 h 48

      Le PLQ semble calquer le modèle américain. Désolant! Quel recul!

    • François Ricard - Inscrit 3 décembre 2014 11 h 17

      Mme Poirier,
      Vous voulez rire.
      Dans notre pseudo-démocratie, c'est le monde des affaires qui contrôlent nos partis politiques et les élections.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 3 décembre 2014 12 h 11

      Le PLQ calque Ottawa.

      PL

    • Danielle Houle - Inscrite 3 décembre 2014 12 h 12

      Et quand on vous aura appauvri et rendu totalement insécure, aurez-vous le goût de vous séparer du Canada ? La majorité dira non. Et si c'était ça le grand plan de Couillard/Harper et Desmarais ?

  • Francois Parent - Inscrit 3 décembre 2014 05 h 57

    Scandaleux

    Après que les libéraux est mis le Québec en déficite avec leur projet construction le Plan Nord, hydro, hôpital anglophone et etc, ilsn nous font payer leur ingérence et leurs décisions. Nous les destituer et svp ne plus voter pour des incompétants j'espère que vous avez eux votre leçon.

    • jacques lecuyer - Inscrit 3 décembre 2014 11 h 06

      Madame poirier, vous êtes (pardonnez-moi de le dire) un peu mêlée; Les employés de Paccar ne sont pas en grêve mais en lock out.

  • Sylvain Rivest - Abonné 3 décembre 2014 06 h 17

    C'est un hold-up!

    Ça plus d'une décennie que les libéraux se vautrent dans nos impôt et c'est à nous à rembourser!

    • Danielle Houle - Inscrite 3 décembre 2014 09 h 10

      Et ils sont rentrés majoritaires...rien à comprendre!

    • François Ricard - Inscrit 3 décembre 2014 10 h 35

      M. Louis Hone,
      C'est le résultat d'un pseudo-système "démocratique" où, dans les faits, c'est toujours une minorité qui décide.
      Le peuple est souverainement mené par un dictateur.
      Le député n,est là que pour endosser les décisions dum premier ministre. Il doit respecter la ligne de parti ou il est ostracisé.
      Les ministres sont nommés, et dégommés, par le premier ministre.
      Personne n'a le droit de rouspéter alors que le débat est un aspect essentiel de toute démocratie.
      "toé, tais-toé."

    • Pierrette L. Ste Marie - Inscrit 3 décembre 2014 10 h 51

      Serions-nous niaiseux collectivement?

    • Sylvain Rivest - Abonné 3 décembre 2014 11 h 30

      Madame L. Ste-Marie

      Lors des dernières élections une majorité de la population était endormie devant le téléviseur. À leur réveil, les manipulateurs d'images leur ont fait peur avec les mots: référendum, charte, économie, récession. Alors qu'une partie de cette population commence à se réveiller ils s'appercoivent que la peur qu'on leur avait insérée dans leur sommeil est devenu réalité car l'hypnose collective dont a été victime la population était un coup de jarnaque du trio dr Folamour, dr Jeckel, mr Hyde et la horde sauvage de Alibaba et les 40 voleurs.

      Oui, collectivement nous sommes niaiseux.

      Surtout d'avoir sortie Pauline Marois, une grande dame de la politique québécoise. Plusieurs se moquaient parce qu'elle, selon leurs dires, reculait. Je croie plutôt qu'elle était à l'écoute de la population et elle réajustait ses politiques dans le respect des québécois.

      Aujourd'hui, je me souviens, de tous ceux qui, autour de moi, criaient de panique et ont voter contre le PQ et on laissé le loup entrer dans la bergerie.