Démonstration de force de Péladeau

Pierre Karl Péladeau était entouré de ses enfants et de sa conjointe, l’animatrice Julie Snyder, pour lancer officiellement sa campagne à la direction du Parti québécois, dimanche. Il a été accueilli en quasi- par quelque 500 partisans.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Pierre Karl Péladeau était entouré de ses enfants et de sa conjointe, l’animatrice Julie Snyder, pour lancer officiellement sa campagne à la direction du Parti québécois, dimanche. Il a été accueilli en quasi- par quelque 500 partisans.

Dans certains spectacles de musique, il est courant d’allumer et brandir un briquet pour marquer une émotion. Au lancement officiel de la campagne de Pierre Karl Péladeau à la chefferie du PQ, plusieurs partisans ont plutôt choisi de brandir le poing droit afin de célébrer des passages du discours-fleuve de celui qui s’est présenté comme le « candidat de la souveraineté ».

L’équipe de Pierre Karl Péladeau avait prévenu qu’elle voulait frapper fort dès le début de sa campagne, question de montrer la force de la « machine PKP ». Dont acte en ce dimanche, à Saint-Jérôme.

Devant quelque 500 partisans bruyants, M. Péladeau a annoncé avoir amassé en quatre jours 3250 signatures de membres appuyant sa candidature à la chefferie du Parti québécois. Vendredi, Martine Ouellet avait été la première à déposer au parti les 2000 signatures (provenant de 50 circonscriptions) nécessaires pour officialiser une candidature. Elle a mis près de six semaines pour les amasser.

M. Péladeau s’est présenté au lancement entouré de ses enfants et de sa fiancée, l’animatrice et productrice Julie Snyder. L’ancien premier ministre Bernard Landry, les députés Pascal Bérubé et Nicole Léger, la metteuse en scène Denise Filiatrault et des amis de la famille Péladeau ont pris la parole pour lui signaler leur soutien.

«Péladeau 1»

Dans l’antichambre de la salle de rassemblement, plusieurs faisaient la file pour acheter une carte de membre du PQ ou pour signer le bulletin de candidature de M. Péladeau. Les bénévoles étaient tous vêtus d’un chandail de hockey bleu arborant « Péladeau 1 » côté dos. Thème officiel de la campagne : « Réussir ».

Acclamé dès son arrivée, Pierre Karl Péladeau a pris près d’une heure pour livrer un discours scripté que son équipe avait évalué à une trentaine de minutes. Il y a multiplié les formules-slogans en forme d’appui au pays, ponctuant souvent ses phrases d’une élévation dramatique de la voix.

« Je veux faire du Québec un pays français, prospère et juste, où chacun aurait la chance de réussir », a martelé M. Péladeau à quelques reprises. « Notre identité est notre héritage le plus précieux », a-t-il dit plus tard. Ou encore : « L’État doit être le gardien de notre solidarité. » Il s’en est aussi pris à cette « funeste péréquation [que le fédéral] sert pour mieux nous endormir et nous assujettir ». Autant de cris de ralliement pour ses partisans.

La majorité de son discours a porté sur ce pays qu’il dit vouloir bâtir autour de quelques axes, notamment ceux de la culture et de l’économie. « Il est absolument fondamental qu’un peuple contrôle son économie, a-t-il dit. J’ai passé l’essentiel de mon existence à créer de la richesse, des emplois et aussi à poursuivre l’oeuvre de mon père, qui voulait démontrer que les Québécois pouvaient et devaient réussir aussi dans le monde des affaires. »

Pierre Karl Péladeau a plaidé pour une vision économique qui soit aussi écologiste, en affirmant que « le vrai développement est celui qui est durable et intelligent ».

S’il n’a pas nommé une seule fois un de ses cinq adversaires dans la course du PQ, M. Péladeau a réservé plusieurs salves contre le premier ministre Couillard. « M. Couillard regarde notre peuple de haut, persuadé de tout comprendre. Il pense et agit comme quelqu’un qui veut avoir raison contre tout le monde. »

Afin de combattre ce qui serait un péril libéral, Pierre Karl Péladeau a parlé de « bâtir une coalition pour entreprendre la reconstruction du pays ».

Parler du pays

M. Péladeau estime que « les prophètes de misère » qui voient, dans la défaite du PQ aux élections du 7 avril, la preuve que la souveraineté « est dépassée » se trompent. Certes, la « cause a connu de meilleurs jours », a-t-il reconnu. Mais ce serait parce que les Québécois « ont perdu de vue la souveraineté, comme s’ils ne voyaient pas à quoi elle pouvait servir ». Lui, il a promis qu’il « fera la preuve des avantages du pays ».

Le candidat a aussi parlé de moderniser l’État, de renouer avec un esprit d’entrepreneuriat plus audacieux ou de mieux valoriser l’éducation, tout en revenant souvent sur son attachement à la culture québécoise.

Le prochain chef du Parti québécois sera élu en mai 2015.

Lisée réticent au pétrole

Après la Charte des valeurs, Jean-François Lisée a pris, dimanche, ses distances avec d’autres positions défendues par le Parti québécois dans le passé. S’il devient chef du PQ, celui-ci s’opposera « à tout projet d’exploitation pétrolière québécoise qui serait plus polluant que le pétrole importé actuellement et qui contribuerait davantage au réchauffement planétaire », a indiqué le candidat, dimanche matin. M. Lisée s’oppose à « toute utilisation de la fracturation hydraulique au Québec, pour le gaz ou le pétrole », de même qu’à « l’exploitation du pétrole de schiste à Anticosti » — alors que le PQ souhaitait investir à Anticosti. Il met aussi en doute « l’exploitation du gisement d’Old Harry ». Mais si d’autres gisements pétroliers pouvaient permettre de générer moins de gaz à effet de serre que le pétrole importé, M. Lisée en autoriserait l’exploitation. Le député de Rosemont s’est présenté comme le candidat le plus écologiste du groupe actuel.

Couillard, ce «porteur d’eau»

Dans son discours aux militants, dimanche, Pierre Karl Péladeau a accusé Philippe Couillard de « vouloir consentir à des oléoducs sans rien dire, en guise de remerciement pour la péréquation canadienne. Je m’oppose à cette mentalité de porteur d’eau fier de l’être et incapable de s’affirmer par lui-même », a-t-il lancé. Il a par ailleurs réitéré qu’il aimerait mettre en place un « processus de consultation populaire » permettant de savoir ce que pense la population sur — par exemple — des projets de construction de pipelines.


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