Régimes de retraite: les déficits reculent, mais pas Moreau

Les déficits des régimes de retraite municipaux pourraient avoir fondu du quart, passant de 3,9 milliards à 3 milliards de dollars selon des estimations partielles de la Régie des rentes du Québec (RRQ).

En mêlée de presse mercredi, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, y a lui-même fait allusion. Alors que l’adoption du projet de loi 3 sur les déficits est imminente, les nouvelles données sur les déficits se font toujours attendre.

Au cabinet du ministre, on signale que le projet de loi est primordial même si les déficits sont moins importants que prévu. « Même si c’était 2 milliards, 1 milliard, ça ne changerait rien du tout à notre détermination à faire passer ce projet de loi-là », a fait valoir son attachée de presse Catherine Poulin. « Il faut remettre ça à l’endroit et tout le monde doit avoir l’obligation de les maintenir [les régimes] en santé. »

Mme Poulin ajoute que si les déficits sont moins importants, c’est « tant mieux » puisque « l’effort à faire sera moindre ».

Les syndicats qui s’opposent au projet de loi 3 martèlent depuis des mois que les déficits sont moins importants que le prétend le gouvernement grâce aux bons rendements boursiers des derniers mois.

« La fausse urgence invoquée, c’est pour précéder la sortie des évaluations actuarielles de 2013, qui vont démontrer une nette embellie », a plaidé mercredi Marc Ranger, le porte-parole de la coalition qui regroupe les syndicats municipaux.

En septembre, le Parti québécois avait déposé une motion pour exiger du gouvernement qu’il exige d’avoir les évaluations actuarielles à jour avant de compléter l’étude du projet de loi 3. Le PQ a depuis conclu un accord avec le ministre qui fera en sorte que le projet de loi n’aura pas à être imposé sous le bâillon.

Beaucoup de villes en retard

Le montant de 3 milliards est une projection de la Régie des rentes qui recueille les bilans des municipalités en ces matières.

Les villes devaient normalement rendre les documents avant la fin octobre, mais plus de la moitié ne l’ont pas encore fait, soit 41 sur 80.

La Ville de Québec, par exemple, fait partie des retardataires. Selon ce qu’a signalé le maire Régis Labeaume jeudi, les documents devraient être déposés à son retour de Belgique le vendredi 5 décembre. Le maire affirme en outre qu’à Québec, les déficits cumulés n’ont pas baissé et se maintiennent autour de 600 millions.

Rappelons que le projet de loi 3 force les syndicats à payer une plus grande part des déficits de leurs régimes de retraite. Il impose en outre de nouvelles règles pour faire en sorte que de nouveaux déficits ne soient pas créés à l’avenir.

Les syndicats s’y opposent parce qu’ils disent que leurs régimes ont été négociés avec un ensemble d’autres conditions de travail dans leurs conventions collectives. Ils ont demandé en vain au gouvernement de ne pas légiférer et de laisser le problème des déficits se régler à travers la négociation.

Les pompiers en camion noir

Si les pompiers montréalais ne nettoient pas eux-mêmes les quelque 150 camions qu’ils ont repeints en noir mercredi pour protester contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite, le Service de sécurité incendie de Montréal (SSIM) aura recours à une firme privée et enverra la facture au syndicat, a indiqué Denis Doucet, assistant-directeur aux opérations du SSIM. Le SSIM considère qu’en plus de réduire la visibilité des véhicules, la gouache noire mine la crédibilité du service. Les pompiers nuisent à leur propre cause en s’en prenant aux équipements de la Ville, croit pour sa part Denis Coderre. « Il y a des gens qui ne se rendent pas compte qu’ils perdent le respect de la population par leurs gestes. Manifester, c’est une chose. Beurrer des trucks, c’est une autre affaire. Je m’excuse, mais ça n’a pas de bon sens », a dit le maire.
12 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 28 novembre 2014 07 h 40

    Quand il y aura des surplus...

    seront-ils partagés 50/50 eux aussi, ou suivra-t-on la loi actuelle, qui donne tout à l'employeur?

  • François Dugal - Inscrit 28 novembre 2014 07 h 59

    Le disciple

    Le disciple de Thémis défend la cause pour laquelle on le paie.

  • François Séguin - Abonné 28 novembre 2014 08 h 03

    Vivement un recours en justice

    Entre autres, pour vérifier si dans un État de droit le gouvernement du Québec peut, de façon unilatérale, légiférer pour annuler rétroactivement un contrat de travail dûment négocié. Bref, pour vérifier si au Québec des ententes négociées ont encore une valeur quelconque.

    • Nicole Moreau - Inscrite 28 novembre 2014 15 h 06

      le projet de loi 3 tel que les médias l'ont explicité laisse croire qu'un contrat, surtout signé avec l'État, peut être modifié unilatéralement et rétroactivement.

      le secteur public qui négociera bientôt avec le gouvernement va sans doute retenir ça.

  • Carole Dionne - Inscrite 28 novembre 2014 08 h 46

    Une façon de régler

    Rajuster les pensions et salaire basé sur les employés provinciaux. Ceux qui sont plus bas, ils continuent des augmentations ordinaires. Ceux plus hauts: la moitié des augmentation en prime et l'autre en augementation jusqu'à ce que les niveaux s'égalisent.

    • Sylvain Auclair - Abonné 28 novembre 2014 09 h 28

      De quelles augmentations parlez-vous?

    • Sylvain Auclair - Abonné 28 novembre 2014 09 h 28

      De quelles augmentations parlez-vous?

  • Hélène Paulette - Abonnée 28 novembre 2014 08 h 52

    C'est bien ce qu'on disait...

    On profite d'un déficit ponctuel pour faire reculer les droits des travailleurs... Et tout le Québec applaudit sans s'apercevoir qu'il se tire dans le pied...

    • François Séguin - Abonné 28 novembre 2014 11 h 16

      Très juste.