Rien n’est gagné pour PKP

Les députés péquistes Jean-François Lisée et Pierre Karl Péladeau, lors de la soirée électorale du Parti québécois en avril dernier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les députés péquistes Jean-François Lisée et Pierre Karl Péladeau, lors de la soirée électorale du Parti québécois en avril dernier.

Les autres candidats à la direction du PQ en sont convaincus : ce n’est pas gagné d’avance pour Pierre Karl Péladeau, qui a finalement annoncé jeudi qu’il se lançait dans la course. Ils se sont dits prêts à en découdre, sur le terrain des idées, avec le favori des sondages.

La députée de Vachon, Martine Ouellet, a invité le 6e candidat à la succession de Pauline Marois à préciser « sa vision du ‘‘pays du Québec’’ », mais également « sa vision pour rassembler » l’ensemble du mouvement indépendantiste. « Il y a une semaine et demie, il faisait un peu de « avant-arrière » en disant que le Bloc [québécois] était inutile, mais finalement en se rajustant », a-t-elle rappelé.

Les députés Jean-François Lisée et Bernard Drainville ont tous deux appelé PKP à préciser sa vision de la sociale démocratie québécoise. Ils se sont dits curieux d’en apprendre davantage sur la « position » du magnat de la presse sur un « certain nombre de sujets », comme la place du privé dans le réseau de la santé québécois. « Est-ce qu’il souhaite que le Parti québécois conserve un programme social-démocrate ou il pense qu’il faut aller vers la droite ? » s’est interrogé à haute voix M. Drainville (Marie-Victorin). « Pour moi, il n’y a aucune ambiguïté sur mes positions », a insisté M. Lisée (Rosemont), se décrivant comme un « indépendantiste » « progressiste » et « écologiste ».

Sondages d’opinion

Les adversaires de M. Péladeau font peu de cas des sondages d’opinion, donnant une nette avance au député de Saint-Jérôme dans la course à la direction du PQ. « Moi, le pouls que j’ai du terrain, c’est n’est pas tout à fait celui-là », a dit Mme Ouellet, incitant les militants du PQ et les médias à la « prudence » à la lecture des derniers résultats de sondage. « Si l’élection avait lieu cette semaine, je suppose que Pierre Karl gagnerait. Mais, l’élection a lieu en mai. Donc, on aura le temps de chacun revenir sur terre, de débattre, de démontrer sa capacité, son caractère, son personnage, ses idées », a dit de son côté M. Lisée.

La course à la direction du PQ n’est « pas juste un marathon, [mais] un véritable triathlon », a souligné le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier. D’ici à la désignation du nouveau chef, à la mi-mai, « beaucoup de choses vont arriver », a-t-il prédit. M. Cloutier espère que tous les candidats mèneront, comme lui, une « campagne positive ». « Ce n’est pas nos petites personnes qui comptent. Ce qui compte, c’est qu’on a un Parti québécois renouvelé, différent, qui sort un peu des sentiers battus. C’est plus que jamais nécessaire. […] Les gens sont tannés de nous voir nous chicaner, particulièrement au Parti québécois, a-t-il affirmé, réitérant son souhait de faire de la politique « autrement ».

PKP, «un patron qui veut prendre le contrôle d’un parti»

Le discours aux accents progressistes de M. Péladeau sonne terriblement faux aux oreilles de Québec solidaire. « Il ne faut pas insulter l’intelligence de la population. C’est un patron qui veut prendre le contrôle d’un parti, qui s’appelle le Parti québécois », a soutenu le député de Mercier, Amir Khadir, lors d’un point de presse jeudi après-midi. En élisant PKP à la tête du PQ, les péquistes scelleraient la rupture de leur parti politique avec son passé « social-démocrate ». « On ne s’invente pas social-démocrate et progressiste en quelques semaines. Le vrai véritable bilan qui parle pour M. Pierre Karl Péladeau, c’est son oeuvre : 14 lockouts en 14 ans », a poursuivi M. Khadir.

Pierre Karl Péladeau a fait tout un pied de nez aux autres élus péquistes en annonçant sa candidature à la direction du PQ au même moment où ses collègues demandaient solennellement à l’Assemblée nationale de retirer sa confiance à l’égard du gouvernement libéral, a fait valoir le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier. « Il ne prend même pas la peine d’être ici, avec ses collègues [pour voter sur la de motion de censure déposée par sa formation politique]. Ça en dit long sur ses qualités de rassembleur », a-t-il lancé lors d’un impromptu de presse. M. Fournier s’est aussi affairé à jeter le doute sur les aptitudes du magnat de la presse à éventuellement diriger les destinées du PQ — et du Québec. « Ça prend plusieurs qualités […]. La première des qualités, c’est celle d’être capable de rassembler », a-t-il fait valoir, précisant du même souffle que le PLQ n’a « pas peur » de PKP.

De son côté, le ministre Gaétan Barrette a dit « souhait [et] beaucoup de patience et de conversations avec les journalistes » à PKP.


 

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