Couillard salue un rapport attaqué de toutes parts

Philippe Couillard a salué le travail « pédagogique » de la commission.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Philippe Couillard a salué le travail « pédagogique » de la commission.

Apprécié par le premier ministre Philippe Couillard, le rapport de la Commission de révision permanente des programmes (CRPP), présidée par Lucienne Robillard, a été reçu très négativement par les partis d’opposition, les municipalités et les syndicats.

Après un rassemblement de partisans, dans l’est de la métropole, Philippe Couillard a salué le travail « pédagogique » qu’ont fait les commissaires. « On apprécie la partie de démonstration […]. C’est important, mais les décisions sont prises par le gouvernement », a-t-il dit.

Le premier ministre s’est contenté de livrer ses impressions générales, ajoutant qu’il aura l’occasion de préciser sa pensée sur les propositions qui ont été soumises. Il a cependant promis de « garder le cap » sur les changements de son gouvernement dans plusieurs ministères, notamment avec la modulation des tarifs de garderies.

Le premier ministre considère qu’il est normal que cette nouvelle mesure soit accueillie avec réticence dans la population. M. Couillard croit que le gouvernement n’a pas le choix. « La véritable justice sociale, celle qu’on veut tous, elle commence par un gouvernement qui a les moyens de favoriser l’égalité des chances, plutôt que des paiements d’intérêt sur la dette pour les banquiers de New York », a lancé le premier ministre, pendant son discours devant des militants.

Aux yeux du porte-parole péquiste pour le Conseil du trésor, Alain Therrien, ce rapport procède d’une « manipulation politique » de la part du gouvernement libéral qui cherche à faire paraître « moins dogmatiques » le président du Conseil, Martin Coiteux, et les décisions libérales. Pour le porte-parole de la Coalition avenir Québec, Claude Surprenant, la commission propose « de faire le ménage en pigeant dans les poches des contribuables », comme l’a déjà le gouvernement Couillard.

Municipalités et agriculteurs aux créneaux

Les municipalités et les agriculteurs sont à leur tour montés dans le train de la contestation contre l’austérité, dimanche, en rejetant en bloc les suggestions de compressions budgétaires de la CRPP.

Son rapport préliminaire déplaît au plus haut point aux divers groupes d’intérêts qui sont touchés, dont les municipalités.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) estime que la Commission a choisi la « facilité » en proposant, de « façon simpliste et comptable » de pelleter le déficit de l’État dans la cour des villes, a indiqué sa présidente et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy.

L’Union des producteurs agricoles (UPA) est aussi montée aux barricades à la suite d’une suggestion visant à priver les producteurs de 300 millions de dollars dans le programme d’assurance stabilisation. Ces derniers seraient maintenant seuls à assumer le risque, mais pour l’UPA, on ne peut comparer cette assurance de revenus à une assurance accident.

Démembrement

Les centrales syndicales sont aussi mécontentes, elles qui mènent depuis plusieurs mois une lutte antigouvernementale dans le dossier des caisses de retraite des employés municipaux.

Le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Daniel Boyer, juge que le gouvernement, depuis son arrivée au pouvoir, en avril, fait des gestes visant à « démembrer » tout ce qui a fait du Québec une société distincte, plus juste et égalitaire.

À son avis, les électeurs « n’ont jamais voté pour ça ». À la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, la présidente, Régine Laurent, parle aussi d’une opération servant à appuyer le « démantèlement » de l’État.

16 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 24 novembre 2014 08 h 03

    Les électeurs

    "Les électeurs n'ont jamais voté pour ça"
    La majorité de 40% qui a voté pour le PLQ ont justement voté pour ça: le dementèlement de l'état.
    Quant à la minorité de 60% qui a voté pour Pierre, Jean, Jacques, elle n'a qu'à ronger son frein pendant un petit quatre ans; ça lui apprendra!
    Bienvenue dans le parlementarisme britannique.

    • Sylvain Auclair - Abonné 24 novembre 2014 10 h 14

      Et ce serait mieux ailleurs? Les États-Unis ont un parlement majoritairement républicain alors que tous les sondages montrent un plus grand appui aux démocrates.

    • Gérard Pitre - Inscrit 24 novembre 2014 11 h 40

      Sylvain Auclair. Le système politique américain n'est pas un exemple à copier et nous le savons tous. En ce qui concerne le régime présidentiel, il y a autant de catégories de régimes présidentiels qu'il y a de catégories dans les couleurs de base. Si nous avions même à l'intérieur de ce Canada bancal un régime présidentiel qui serait un régime reflétant nos valeurs et notre culture, la démocratie se porterait beaucoup mieux. Dans un tel régime, il serait écrit noir sur blanc, que les partis qui siègent à l'A.N. serait obligés de voter selon leurs convictions et leurs consicences et non pas obligatoirement comme c'est le cas actuellement en respectant la ligne de parti. Lorsque un projet de loi ou une résolution serait battu(e)s par une majorité de députés, peu importe la couleur du parti, ça obligerait le gouvernement à refaire ses devoirs et ça empêcherait le gouvernement de tomber et de se retrouver en élection à tout bout de champ. Il serait clairement défini dans une constitution québécoise encore provinciale, que seul le discours inaugural serait approuvé par une majorité gouvernementale. Dans le cas d'un gouvernement minoritaire, il serait obligé de par la constitution d'écrire le discours inaugural et le budget en collaboration avec tous les partis représentés, de sorte que tous et toutes puissent les appuyer, parce que l'on serait sûr que tous les députés au delà des partis travaillent dans l'intérêt de la population et non le contraire comme ça toujours été le cas. Si ce régime avait existé même dans le cadre provincial, il n 'y aurait pas eu de schisme et de rupture au P.Q. lorsque il fut question de l'amphithéâtre de Québec. On ne me convainquera jamais que tous les députés peu importe le parti endossent à cent pour cent leur programme respectif, ce n'est pas vrai. Je peux très bien partager à 90% le programme de mon parti, et à certain moment être en total déssaccord avec certaines politiques qu'il voudrait faire adopter. Le système britannique, est dé

  • Micheline Harvey - Abonnée 24 novembre 2014 09 h 54

    Justice sociale????

    Comment parler de justice sociale, quand on donne 4 millions pour une étude bidon qui ne peut même pas chiffrer le nombre exact de subventions qouvernementales, alors qu'on connait chaque participants aux paradis fiscaux.

    Comment peut-on parler de justice sociale quand on s'attaque aux plus démunies en laissant courir les profiteurs de système?

    Ils y a des milliers de milliards par années, mondialement, qui échappe au fisc, mais fermons les yeux et frappons sur celui qui est déjà à genoux, c'est moins forcant, quelle lâcheté..... justice mon oeil.
    Ghislain Marcil

  • Hélène Paulette - Abonnée 24 novembre 2014 10 h 42

    Monsieur Couillard, votre gouvernement est illégitime.

    Çà n'est pas parce que ça s'est déjà fait qu'on doit l'accepter encore. Y en a marre des gens qui se font élire sous de fausses représentations. Après dix-huit mois d'un gouvernement péquiste, il est faux de prétendre que vous n'étiez pas au courant de la situation, si vous avez fait des promesses, vous n'avez qu'à les tenir. En brandissant l'épouvantail du Référendum, vous avez caché à la population la vacuité de votre programme et l'inexpérience de votre équipe. C'est très grave et ça frôle la fausse représentation. Au nom de mon fils et de mes petits-enfants, je réclame la démission de ce gouvernement et la formation d'un gouvernement de coalition représentatif du vote du peuple québécois... Un peu d'imagination de grâce!

    • François Dugal - Inscrit 24 novembre 2014 11 h 47

      Désolé de vous contredire, madame Paulette, mais le gouvernement Couillard est on ne peut plus légitime; ainsi va le parlementarisme britannique.
      Comme le disait Winston Churchill, c'est le moins pire système de gouvernement au monde.

    • Gérard Pitre - Inscrit 24 novembre 2014 11 h 57

      Hélène Paulette. J'appuis à cent pour cent votre demande. Le plq nous a menti comme il nous a toujours menti et continuera de nous mentir tant et aussi longtemps que nous lui ferons confiance. Ne sommes nous pas saturés, écoeurés de se faire dire telles et telles choses et une fois qu'ils sont en poste faire le contraire, violer leurs promesses et agir comme des vautours? Quant allons-nous en prendre conscience, quand j'écoute et j'entends tous ceux et celles qui appuient ce gouvernement je leur demande dans quelle bulle et planète ils vivent? Est-ce que ils seraient de connivence avec le plq? La question se pose. Tous ceux et toutes celles qui appuient ce gouvernement qui nous a menti, le font par intérêt, mais n'ayez crainte, ils refuseront de l'admettre. Moi aussi je réclamme la démission de ce gouvernement et ce n'est que par une cohésion et une coalition majoritaire de l'ensemble des citoyens au delà des partis que nous le forcerons à nous écouter ou à prendre la porte. Le pouvoir c'est nous le peuple qui le détenons lorsque tous ensemble nous sommes unis. Ce qui fait leur force, c'est notre désunion, nos chicanes entre groupes, ça toujours été. La force de l'oppresseur repose sur la faiblesse de ses subalternes. C'est un principe vieux comme le monde. C'est du machiavélisme à l'état pure: diviser pour règner. Oubligeons ce gouvernement non représentatif de la population à se faire hara quiri comme nous avons réussi à le faire avec l'ex-gouvernement corrompu de charest et sa gagne. Comme on disait par chez nous: «Deward les chiens pas de médailles». Vive le Québec libre des corrupteurs et des corrompus, vive l'indépendance libre de ce Canada bancal. Lorsque nous serons un pays nous trouvons des solutions à tous nos problèmes, et ce sera nos choix et non ceux des autres. Gérard Pitre

    • Hélène Paulette - Abonnée 24 novembre 2014 22 h 05

      Winston Churchill, monsieur Dugal,l'inventeur des bombardements de civils...

  • André Michaud - Inscrit 24 novembre 2014 10 h 43

    La fin des pères Noel ? Revenir sur terre !

    Trop de nos premiers ministres ont agis comme des pères Noel depuis les années 70.

    La méthode facile pour tenter de se faire ré-élire...envoyer la dette à la génération suivante.

    Il faut du courage pour faire ce que fait M.Couillard qui sait bien que promettre la lune et aucune coupure le rendrait plus populaire..

    Il risque de ne pas être réélu pour vouloir travailler à des finances publiques plus adaptées à nos moyens.

    Et les autres partis se feront du capital politique en prétendant que tout va bien et qu'on devrait continuer de faire grossir notre dette de 800 milliards!

    Il serait grand temps de penser à la prochaine génération qui devra assumer des coûts colossales pour nous les boomers vieilissant, tout en continuant à payer la dette astronomique.

    Par solidarité avec les jeunes il faut absolument baisser la dette maintenant et comme retraité je suis prêt à abondonner mon indexation pendant deux ou trois ans..si ça va pour payer la dette !

    L'avenir de mon petit fils est plus important que ma poche. De toute façon j'ai la chance d'avoir un toit, de la nourriture, des vêtements et tout le principal, ce qui est une chance immense quand on regarde plus loin qu'ici et voit la situation des humains à travers le monde.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 24 novembre 2014 12 h 33

      Et surtout ne pas taxer les banques et les riches au crochets de l etat et dans les paradis fiscaux.10 de regime Charest:voila le resultat.Ce gorvernement continue le meme manege:enrechir les amis et faire payer les pauvres sur toua les plans.........Geniaux ces liberaux...... J-P.Grise

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 24 novembre 2014 13 h 53

      Tout à fait exact! M. Michaud..Nous entendons des cris du coeur existentialistes, linguistiques et émotionnels sur ces pages mais personne ne veut s'attarder, une minute, sur les considérations pratiques économiques, fiscales, service de la dette, budgétaires...ETC..sauf d'énoncer des mythes qui ne font aucun sens..."Rapatrier nos dollars et ce sera le paradis"..

      Personne n'a jamais osé élaborer le budget de l'AN UN d'un nouvel état indépendant sans transferts et peréquation; personne ne veut prévoir les réactions du ROC qui pourrait boycotter les exportations venant d'un QC indépendant (La destruction du Canada ne se ferait pas sans réaction négative); personne ne veut penser aux générations qui héritent des dépenses de leurs ainés...

      ...sauf les pères et mères de famille qui doivent apporter un repas sur la table et le vote dans le secret montre juste que cela est leur préocupation primordiale!

    • André Michaud - Inscrit 24 novembre 2014 15 h 37

      @M. Wandelmaier

      On ne semble pas comprendre que même en allant chercher dans les évasions fiscales , si on est très très chanceux, 25 milliards, il resterait 775 milliards de dette à payer !! Et que de plus en plus de nos impôts et taxes doivent servir à payer l'intérêt sur la dette , donc ne peuvent servir pour les services publiques.

      Et comme les banques gèrent l'argent des autres, dans quels comptes devraient-ils piger ? Ou alors piger dans le fond qui sert à prêter pour les autos, maisons etc..avec les conséquences sur les citoyens ?

      Tout cela tient de la pensée magique, rien de réaliste et concret. On dirait que toute raison est bonne pour tenter de faire payer "les autres" et ne pas faire sa part pour sortir du pétrin financier?

      Comme le disait Kennedy; Ne demande pas toujours ce que ton pays doit faire pour toi, mais pense à ce que tu peux faire pour ton pays.

  • Colette Pagé - Inscrite 24 novembre 2014 11 h 45

    Un rapport non motivé voir improvisé d'un organisme partisan qui a perdu toute crédibilité !

    Il ne faut pas se surprendre, le contraire aurait été étonnant, que le PM défende la commission dont la création lui incombe et dont ses membres de droite n'hésiteront pas à défaire le modèle québécois afin que le Québec noyau dans le ROC devienne une province comme les autres.

    Dimanche, nous avons constaté avec surprise que les recommandations de cette commission sont peu motivées voire improvisées. Ce qui réduit d'autant sa crédibilité ! À preuve, le Gouvernement n'a pas attendu ses recommandations avant de s'entendre avec les municipalités et de fixer le tarif des garderies. Un signal clair de la considération que lui porte le Gouvernement pris à son propre piège.

    Ajoutons que si le Gouvernement ne souhaitait pas faire de cette commission un organisme partisan, ce rôle d'analyse des programmes aurait pu, comme par le passé, relevé du Conseil du Trésor. Une économie de 4 millions privant dès lors sa trés libérale et fédéraliste présidente qui cumule sans aucune gêne les pensions fédérales et provinciales de ses honoraires de 1 000 $ par jour. Un bel exemple de la grande générosité gouvernementale ! Car comme disait l'autre : il n'y a pas de petites économies !

    Pour la suite des choses souhaitons que les partis d'Opposition fasse front commun et qu'ils réclament l'aboltion de la commission en rappelant que c'est au Gouvernement de gouvernement et au président du conseil du Trésor de remplir adéquatement sa fonction.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 24 novembre 2014 14 h 02

      260 milliards de dette-11 milliards de service de la dette avec des taux d'intêret au plus bas dans la plupart des pays industrialisés...

      J'ai déjà payé une hypothèque à 16% d'intêret dans les années 80...Je ne dis pa que les taux d'intêret remonteraient à ce niveau car les gouvernements surveillent étroitement l'inflation...

      Mais imaginez juste une minute que les banques centrales U.S. et canadienne fassent passer les taux de 1 à 2% ??? Votre service de la dette passerait de 11 à 22 milliards de dollars...

      Estpce que cela ne vous donne pas à réfléchir?

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 24 novembre 2014 15 h 03

      «Est-ce que cela ne vous donne pas à réfléchir?» Oui, surtout que personne ne parle de la payer cette dette, je dis bien personne !

      PL